Souvent, lorsqu’il est question de la Russie, entend-on arguer que ce ne serait pas elle qu’on n’aime pas mais la politique de son président. Nombre de personnes, en effet, expliquent en quoi elles font la part des choses entre le pays et son gouvernement.
Cette manière d’envisager la Russie qui compte plus de 146 millions d’habitants, 170 ethnies et qui s’étale sur, autrefois 11 fuseaux horaires ramenés désormais à 9, relève d’une perception assez courante en Occident.
Et tenter de la discuter -sinon de la contester- a de fortes chances de se heurter à des raisonnements bien ancrés dans autant d’esprits formatés aux normes dominantes.
S’en prendre au président d’un pays qui recueille plus de 80% de suffrages en sa faveur, c’est s’en prendre au peuple qui lui accorde sa confiance.
C’est pourquoi, qualifier de poutinolâtre, de poutinophile ou d’autre astucieuses appellations, toute personne qui refuse de parler de la Russie selon les termes de plus en plus convenus dans la majorité de nos médias, révèle une indigence caractérisée de la pensée.
La preuve en a été donnée après que le célèbre écrivain russe d’origine et Français néanmoins, a tenu son discours de réception à l’Académie.
Je veux parler, ici, d’Andreï Makine dont j’invite chacune et chacun à relire les propos qu’il a tenus, la réponse qui leur a été apportée par un de ses pairs et la réaction médiatique qui a suivi.
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société
Dans le précédent sujet de ce blog, j’ai indiqué le lien à un article important. En effet, l’analyse qui y est présentée renvoie à un temps que les moins de vingt ans et bien au-delà, n’ont pu connaître.
Il s’agit, entre autre, de l’époque soviétique et de l’un de ses chefs emblématiques, Joseph Vissarionovitch Djougachvili dit Joseph Staline.
La référence à l’Histoire comporte toujours le risque de lecture orientée, on le sait. Mais certains éléments demeurent incontournables pour expliquer des situations qui se présentent soudain et que d’aucuns jugent sans en connaître vraiment les dimensions.
Aussi, dans son article intitulé: Les Etats autoproclamés post-soviétiques, angles morts du voisinage de l’Union européenne, Thomas Merle propose-t-il une approche qui offre une vision globale de tensions bien réelles et toujours prêtes à dégénérer en conflits sinon en guerres.
Que les pays de l’Union Européenne se soucient de leurs frontières est légitime. Mais qu’ils fassent de la Russie une menace sinon, au rythme où va la déconsidération à son encontre, une ennemie, est bien plus dommageable pour tout le monde.
Car si, à l’heure du multi-culturalisme prôné urbi et orbi, la culture russe avec ce qu’elle implique de dimension historique et politique, demeure à ce point contestée, c’est vers un véritable gâchis que l’on fonce les yeux grand fermés.
Inutile d’être membre du parti Les Républicains ou fillioniste pour résister à la curée organisée autour de François Fillon et des siens.
S’attaquer de la sorte à un homme au nom d’une éthique de circonstance, révèle surtout ce dont la nature humaine est capable.
On l’avait découverte à l’oeuvre, cette même nature humaine, lors de la chute de DSK.
Sans avoir jamais apprécié l’ancien directeur du FMI, j’avais réagi à la surexposition médiatique qui avait suivi son arrestation à New-York. Ce n’est pas moins d’une vingtaine de sujets de ce blog que j’avais consacrés à cette affaire.
Car, aussi différente soit-elle de celle qui vise François Fillon, elle avait montré la même vindicte, la même haine, le même acharnement à lyncher.
Si chaque campagne d’élection présidentielle doit présenter son lot de morale pour plomber une candidature, la politique a de quoi se réjouir! Elle a placé à l’Elysée François Hollande en lutte contre celui qu’il désignait comme son adversaire:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/15/l-adversaire-du-bourget-a-l-elysee.html
Elle oeuvre, en ce moment, pour y installer celui qui se brise la voix au nom de la France, de la République et de l’Europe.
capture d’écran
Observer qui décrète, ici ou là, sur un réseaux social ou l’autre, se refuser à la vindicte -et c’est un euphémisme- qui vise François Fillon tandis qu’à la faveur de commentaires déposés au gré de ces réseaux, on constate tout le contraire, confirme que le battage médiatique orchestré autour du #fillongate, #peneleopegate, à choix ou les deux, agit au mieux.
L’hypocrisie d’autant de moralisateurs, sinon nés, du moins soudain acquis à certains paramètres éthiques est si manifeste qu’elle n’échappe qu’à qui le veut bien.
Et puis, cette question posée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le 31 janvier dernier à Buno Retailleau, directeur de campagne de François Fillon au sujet de clients russes qu’il aurait eus ou non tandis qu’il était consultant, est d’autant révélateur de ce souci moral!
Rejoindre la curée et dénoncer tel ou tel comportement de François Fillon et -ou- de son épouse, c’est empoigner le métier à tisser l’habit du candidat programmé.
Marine Le Pen, dores et déjà mise au ban du Front républicain, a-t-elle encore à bien se tenir face à un prédicateur européen?
François Fillon n’est pas même l’homme à abattre mais Emmanuel Macron, celui à adouber.
capture d’écran: Valeurs Actuelles
Tandis que les émissions se (dé)multiplient pour deviser sur la tournure que peut ou va prendre ou serait en train de prendre la campagne de François Fillon, un nom a circulé, ici et là, qui identifiait la taupe du canard.
Le magazine Valeurs actuelles, mentionne le fait qu’Eric Ciotti serait sur sa piste:
https://www.valeursactuelles.com/politique/affaire-fillon-eric-ciotti-aurait-trouve-la-taupe-64550
Quoi qu’il en soit et même si la personne responsable de la fuite au Canard Enchaîné était démasquée avec preuves à l’appui, cela n’y changerait rien sinon de savoir qui avait tant intérêt à créer cette affaire, une de plus qui agite l’Hexagone.
Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact des révélations qui ont ciblé François Fillon tant elles sont encore susceptibles de nouveaux retournements de situation.
Si les pronostics sont assénés journée faite dans nombre de médias, rien n’est encore définitif. On peut, certes, projeter mais l’inconnue demeure.
Et c’est aussi bien ainsi.
capture d’écran de: www.alamy.com/stock-photo
Réseaux sociaux, émissions de radio, de télévision, articles, débats, enquêtes bruissent de l’affaire qui vise François Fillon.
Au nom de la morale, on y va, on commente quand on ne rivalise pas d’amabilités ou d’autres considérations de rigueur sinon d’usage pour dire tout le bien que l’on pense de tel ou tel fait ou autre comportement jugé et condamné par la vindicte.
Or c’est là que le bât blesse, précisément.
Car invoquer la morale quand on sait combien s’en jouent et s’en détournent, c’est mesurer le cynisme à l’oeuvre.
Sur l’image qui illustre ce sujet, on reconnaît un parangon de la morale, celui qui a longtemps été surnommé Dany le Rouge.
Affiché aux côtés du rédacteur en chef d’un canard enchaîné, lui aussi à la morale, il hante toujours les plateaux de médias pour partager ses analyses.
Dany le Rouge a dit trouver intéressante la candidature d’Emmanuel Macron. Il a aussi expliqué pourquoi il pourrait voter pour cet ancien ministre et banquier d’affaires. Présenté comme hors système, ce jeune premier réussit l’exploit de rassembler autour de lui toutes sortes de représentants dudit système. Admirable, tout de même tandis que son programme reste en attente…
Estimer de ce candidat qu’il a désormais toutes ses chances tandis que François Fillon est dans le broyeur médiatique relève de la tautologie.
Pour le reste qui concerne, entre autre, la source, la mare ou le marc du canard, quelle importance? Ce qui compte, n’est-ce pas ce qui est en voie d’être atteint?
Un duel Macron-Le Pen a toutes les chances d’être aisé à régler.
Il fallait entendre Franz-Olivier Giesbert, ce 1er février dans le cadre du 19:30 de la RTS. Interrogé par Darius Rochebin sur l’affaire Fillon, le journaliste français a été très clair.
Il n’est d’ailleurs pas le seul à dire que le dégât est avant tout et surtout d’ordre moral, pour François Fillon alors qu’il n’y aurait rien d’illégal à ce qui lui a été reproché.
Certes, la justice le dira.
En attendant, la nature humaine se révèle dans toute son ampleur. Déjà par le fait de révéler une information juste quand il faut alors que la pratique à laquelle se serait livré le candidat à la présidentielle du parti Les Républicains ne date de loin pas d’hier et devait sans doute être connue.
Ensuite par la nécessité que ladite information soit reprise en boucle pour atteindre le plus grand nombre de citoyennes et de citoyens.
Enfin et justement, par la déferlante de réactions à une affaire montée en épingle dans le seul but d’abattre un homme.
Car la justice que pensent exercer celles et ceux qui n’expriment que jalousie, aigreur et haine ne construit strictement rien mais leur permet de déverser fiel et venin.
capture d’écran: France2
Débat de haute tenue, ce 25 janvier au soir entre les deux finalistes de la primaire de la gauche. A l’inverse de ce qui avait été annoncé ici ou là, le cadre qui a réuni Manuel Valls et Benoît Hamon n’a de loin pas ressemblé à un ring.
On a eu droit à un échange de points de vue, à des visions parfois divergentes, parfois convergentes et surtout, à du respect mutuel de la part des deux candidats.
On a compris, aussi, que l’avenir de leur parti était en jeu. Même si Manuel Valls l’a plus clairement fait ressentir, Benoît Hamon ne l’a pas perdu de vue.
Ensuite, sur le plateau de France2, Julian Bugier a eu beau enfoncer le clou face aux représentants des deux candidats de la primaire, aucun ne s’est laissé entraîner là où le journaliste l’aurait souhaité.
Dans un cas, c’était pour savoir si Manuel Valls vaincu se rallierait à Benoît Hamon, dans l’autre, si Benoìt Hamon devancé par le mutant s’effacerait en sa faveur. Aucune de ces deux questions n’aura reçu de réponse et c’est très bien ainsi.
Fort à propos, il a été rappelé qu’il appartenait aux électeurs de décider de l’avenir de ce second tour de la primaire et de ses suites pour la présidentielle plutôt que d’en anticiper les résultats par de pures projections.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2017/01/17/quelle-france-voulons-nous.html
Nos médias ne parlent plus beaucoup sinon plus du tout de la guerre qui se poursuit dans le Donbass.
Ils préfèrent, comme, par exemple, Le Matin de ce 14 janvier, consacrer leurs colonnes à des informations qu’ils estiment certainement de première importance.
Et ce d’autant que, pour illustrer un sujet relatif à la Russie, le nom qui s’affiche sur la photo du paquet de cigarettes est Kirghizstan.
Alors, pour qui aura la curiosité et le temps de découvrir ce reportage réalisé dans le Donbass par le journaliste indépendant Graham Philipps, voici! Ronald van Amerongen s’est installé à Perevalsk en 2010.
Il raconte comment il se situe par rapport à son pays, la Hollande et donne sa version des événements du Maïdan.
Son épouse, Zhenia, raconte les conséquences qu’a eues la guerre sur sa famille et comment certains des siens ont coupé toute relation avec elle, désormais.Elle évoque aussi ce président qui tire sur son propre peuple.
Combien de fois nos journalistes ne l’ont-ils pas dénoncé de Bachar-el-Assad? Mais l’auraient-ils une seule fois dit de Petro Porochenko?
Suite à la publication du précédent sujet de ce blog sur Twitter et aux réponses qui y ont été apportées, entre autre par Darius Rochebin que je remercie, au passage, de l’attention qu’il a portée à mon message, force est, malgré tout de constater que son sens a été détourné sinon ignoré.
En effet, tout de suite, il a été question du communisme et de ses conséquences alors que mon propos visait le choix rédactionnel opéré par la RTS pour évoquer le centenaire de la Révolution russe.
Car la résumer à des images de goulag, c’est orienter de facto le téléspectateur tandis que l’ensemble de ce qu’elle a généré mériterait mieux que ce seul rappel. Mais non, on préfère revenir sans cesse à ces images terribles sans autre références.
Or qu’on rappelle, par exemple, comment certains dont le très vénéré Jean d’Ormesson et la très charismatique Svetlana Alexievitch se sont exprimés sur Staline, pour le premier, sur Dzerzhinski pour la seconde.
Alors on comprendra d’autant comment l’une a si bien su tourner sa veste, et l’autre, eu le courage de reconnaître un choix.
On réalisera ainsi, peut-être, que ces temps passés communistes et soviétiques ne peuvent être évoqués de manière aussi réductrice sinon orientée.
