capture d’écran: http://www.liberation.fr/planete/2017/01/01/le-club-reina-haut-lieu-de-la-vie-nocturne-a-istanbul_1538426
Ce 31 décembre de déjà l’an dernier, je privilégiais la projection envers et contre toute fatalité, consciente, bien sûr qu’un changement de date n’allait pas changer l’état du monde et pourtant, renoncer à tout espoir, c’est renoncer à la vie, tout simplement.
Cependant ce sujet d’hier à peine publié, je découvrais, comme nombre d’entre vous sans doute, comment, à Istanbul, le réveillon avait été ensanglanté.
A l’heure qu’il est, 93 pays retransmettent le concert du Nouvel An qui a lieu, comme chaque année à Vienne et selon la tradition établie depuis 1939.
On sait une grande partie des recettes dudit concert versées à des oeuvres caritatives, il en avait été question ici-même: http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/01/vienne-entre-tradition-et-migrants.html
Ainsi va et continue d’aller notre planète, entre bonheur, grandeur et tragédie, premières naissances et premières victimes de l’année.
Pensées et condoléances aux proches et aux familles atteintes au plus profond de leur coeur:
https://francais.rt.com/international/31607-turquie-deux-morts-dans-attaque-club-istanbul
société
Il existe autant de manières de passer le cap du Nouvel An que de traditions sinon de situations particulières ou imprévues.
Qu’on ait encore envie de partager des voeux signe la vitalité et le refus de fatalités.
Certes, il en est qui restent incontournables.
Mais s’en accommoder n’interdit pas de se projeter.
A toutes et à tous, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2017!
capture d’écran de: https://fr.sputniknews.com/international/201612291029409221-russie-usa-expulsion-reaction/
La présidence américaine expulse trente-cinq diplomates russes en poste à Washington et à San Francisco et leur donne 72 heures pour quitter le territoire des Etats-Unis.
Au 30 décembre à midi, l’accès aux représentations diplomatiques leur sera interdit.
Mais avant d’apprendre cette mesure, on trouvait, comme chaque jour dans la presse, la même attention bienveillante portée à la Russie.
Le Temps, grand quotidien suisse d’audience internationale, lui consacrait une nouvelle page, cette fois pour démontrer comment les homosexuels sont poursuivis sinon traqués.
Il est vrai que partout ailleurs dans ce vaste monde, les gays sont respectés. On est même si sensible à leur sort qu’en France, on a décoré de la Légion d’Honneur le Prince d’un pays qui les tient en si haute estime qu’il les exécute.
Charlie Hebdo, hebdomadaire dont tout le monde ou presque a porté le deuil de ses membres assassinés il y aura bientôt deux ans, rit du crash du Tupolev tu-154 en Mer Noire. Oui, on sait, il paraît que Charlie se rit de tout.
Mais la Russie, elle, ne va pas s’amuser encore longtemps à ce jeu de dupes. Et sa réponse sera à la hauteur d’attitudes qui, non seulement la salissent, mais discriminent autant de citoyens occidentaux qui s’en passeraient bien.
Capture d’écran: http://en.kremlin.ru/events/president/news/53678
Tandis que l’administration présidentielle américaine recourt à la manière forte envers la Russie, le Kremlin a décidé de ne prendre aucune mesure particulière sinon d’inviter tous les enfants de diplomates américains à célébrer les fêtes de Noël et de Nouvel An.
A chacun sa manière de passer les fêtes et de concevoir les relations internationales.
Cela dit, on va bien trouver quelque commentaire ou autre explication savante à apporter à l’attitude de Moscou tandis que chaque jour, bientôt, il nous est rappelé comment la Russie traite ses citoyens, menace et enfume par son indécente propagande.
Il va de soi qu’en Occident, on a le privilège d’être au bénéfice d’une véritable information.
La preuve, on ne sait même pas sur quels éléments avérés s’appuient l’administration du Président Obama pour expulser ces trente-cinq diplomates russes comme on ne saura sans doute jamais non plus ce qui aura permis les sanctions prises envers la Russie, accusée d’avoir abattu l’avion de la Malaysia Airlines, le 17 juillet 2014 en Ukraine.
Bref, qu’à cela ne tienne, l’année touche à sa fin, le mandat de Barack Obama, bientôt aussi. Il est vrai qu’il lui reste encore quelques jours pour nous prouver une fois encore que le Prix Nobel de la Paix le valait bien.
La Russie n’est pas l’ennemie que trop d’intérêts en jeu nous présentent
Alors que tant de fois nous sommes exhortés au respect d’autres cultures, l’impression que toutes ne retiennent pas la même attention a souvent motivé nombre de sujets publiés sur ce blog.
Pour qui le suit, il est sans doute devenu évident que celle que j’ai tant de fois souhaité voir prise en considération, je veux parler de la culture russe, y tient une place non négligeable.
Nul n’est obligé d’en partager le goût mais au moins la prise en compte dans l’intérêt général de l’entente entre les peuples.
Sans quoi et à cautionner d’une quelconque manière autant d’attitudes et de propos hostiles envers un pays qu’on résume à quelques images caricaturales, abusives ou mensongères, on court le risque d’encourager une entreprise de destruction susceptible, à terme, de devenir massive.
Jamais, il n’a été question, ici, de porter la Russie aux nues mais de refuser l’absence de nuance et le jugement hâtif qui la réduisent à quantité négligeable.
Car tandis qu’il est souvent rappelé sinon prêché urbi et orbi qu’échanges et dialogues sont à privilégier, on cherche trop souvent où le seraient ceux menés avec la Russie.
Mais si la volonté d’en découdre avec elle est ce que cet Occident suffisant et arrogant privilégie, dans ce cas, le monde a du souci à se faire.
Loin de moi de présager du pire, comment donc?
Mais réagir à ce jeu d’intérêts qui trouve appui sur une division à entretenir entre des peuples qui n’aspirent qu’à voir leur destin se poursuivre loin d’autant de cynisme, tel est ce qui motive autant de prises de position ici.
capture d’écran: https://www.rtbf.be/info/monde/detail_crash-d-un-avion-russe-deux-nouveaux-corps-retrouves-dans-la-mer-noire?id=9490015
Alors que nombre de mes compatriotes semblent se passionner pour une affaire en voie de devenir d’Etat au rythme où va leur mobilisation, j’ose, pour ma part, penser encore et encore au crash qui a blessé la Russie au coeur.
Certes, la mort brutale de l’ensemble des passagers et de l’équipage du Tupolev Tu-154 peut laisser aussi indifférent ou presque que le taux d’alcoolémie dans le sang de cette élue fédérale qui retient l’attention d’autant de Suisses.
Nul doute que conduire en état d’ébriété met en danger la vie d’autrui et que la loi est là pour sanctionner ce comportement. Mais le reste qui alimente tant de commentaires, relève de discussions de comptoir tant on semble ignorer ce qui s’est passé exactement.
Cela dit, il ne s’agit pas, ici, de minimiser les intérêts sinon de les hiérarchiser, il est juste question de constater que des goûts et des couleurs, comme dit le proverbe, on ne discute pas.
Même parmi les grands de ce monde, certains n’ont pas estimé bon de s’exprimer. Le Président d’encore tous les Français, par exemple, a pris comme porte-parole son ambassadeur à Moscou quand la Chancelière allemande en personne a adressé ses condoléances à la Russie.
Pour ma part, si j’y reviens encore, c’est pour ce qui m’unit à ce pays et qu’une journaliste a bien voulu comprendre. Qu’elle en soit remerciée, je veux parler, ici, d’Anne Pitteloud du journal Le Courrier:
http://www.lecourrier.ch/136498/les_voix_d_helene_richard_favre
En mémoire d’autant de vies noyées.
C’est l’âme-même de la Russie qui a été atteinte par le crash du Tupolev Tu-154. Autant de rappels de catastrophes évoquées ici ou là en relation avec ce type d’avions n’y change rien.
Cet hommage rendu ici, certes insistant, signifie le lien profond qui m’unit à la Russie.
La Russie pleure bien au-delà de son Choeur décimé.
La Russie pleure les siens, tout simplement. Des neuf journalistes disparus, ce jeune, par exemple, qui venait de demander en mariage sa petite amie.
Il travaillait pour la chaine de télévision Zvezda. Et puis, cette femme d’exception qu’était Docteur Liza comme on l’appelait en Russie.
Elizaveta Glinka avait créé le premier hospice de la Communauté des Etats Indépendants (CEI)
Elle avait aussi fondé une organisation caritative qui venait en aide aux personnes atteintes d’un cancer en phase terminale, aux malades du sida, aux SDF et à toute personne en proie à de quelconques difficultés.
Ce 25 décembre, la Russie a été frappée dans son coeur.
capture d’écran youtube
En ce 25 décembre où l’on célèbre la Nativité, la mort a frappé.
Elle a emporté avec elle des vies de musiciens, de journalistes, de militaires, de hauts fonctionnaires civils, de membres d’équipage et d’une responsable d’organisation caritative.
La Russie est en deuil de son choeur emblématique et de toutes celles et ceux qui l’accompagnaient en tournée.
Condoléances aux familles, aux proches, pensées et hommage:
https://www.youtube.com/watch?v=jPGnIpw2YSs
En réaction à la misère qui plombe tant de vies partout dans le monde, les explications sinon les accusations ou autres dénonciations d’un camp ou d’un autre, s’enchaînent à l’envi.
Parfois suivies de promesses sinon de garanties d’avenir meilleur, elles mobilisent ou rebutent, c’est selon.
Car face au cynisme qui préside trop souvent à nombre d’agressions en tous genres, la réserve retient de trop d’optimisme.
Or quand, déçu ou revenu de tout, on se range à une raison ou une autre sans plus adhérer à aucune faction partisane quelconque, est-ce à dire que l’on demeure inactif?
Non à observer nombre de celles et ceux qui s’engagent et luttent aux côtés des plus démunis.
Qui pour une cause, qui pour telle autre, aussi diverses et variées soient-elles, toutes, à leur manière, tentent d’apporter aide et soutien.
Alors?
Refuser de considérer l’humanité à travers sa seule noirceur, c’est lui accorder encore sa part incompressible de grandeur.
Elle existe.
L’entretenir, c’est au moins ne pas céder à ce qui la menace.
