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« Nous marchons vers la guerre comme des somnambules », la tribune d’Henri Guaino

Hier, dans mon sujet de blog évoquant les voix, en France, qui s’élèvent contre la montée en puissance du bellicisme de la part de l’Europe, j’ai mentionné la tribune d’Henri Guaino, parue le 13 mai dernier dans Le Figaro.

L’article étant réservé aux abonnés, je vous transmets ci-après le texte reçu par courriel de la part du site Notre France. Il a suscité la polémique, comme il se doit, à vous d’en juger:

Henri Guaino : «Nous marchons vers la guerre comme des somnambules»
Tribune d’Henri Guaino parue dans Le Figaro du 13 mai 2022

Nous marchons vers la guerre comme des somnambules.

J’emprunte cette image au titre du livre de l’historien australien Christopher Clark sur les causes de la Première Guerre mondiale: Les Somnambules, été 1914: comment l’Europe a marché vers la guerre.

«Le déclenchement de la guerre de 14-18, écrit-il, n’est pas un roman d’Agatha Christie (…) Il n’y a pas d’arme du crime dans cette histoire, ou plutôt il y a en a une pour chaque personnage principal. Vu sous cet angle, le déclenchement de la guerre n’a pas été un crime, mais une tragédie.» En 1914, aucun dirigeant européen n’était dément, aucun ne voulait une guerre mondiale qui ferait vingt millions de morts mais, tous ensemble, ils l’ont déclenchée. Et au moment du traité de Versailles aucun ne voulait une autre guerre mondiale qui ferait soixante millions de morts mais, tous ensemble, ils ont quand même armé la machine infernale qui allait y conduire.

Dès le 7 septembre 1914, après seulement un mois de guerre, le chef du grand état-major allemand qui avait tant plaidé pour que l’Allemagne attaquât avant d’être attaquée écrivait à sa femme: «Quels torrents de sang ont coulé (…) j’ai l’impression que je suis responsable de toutes ces horreurs et pourtant je ne pouvais agir autrement.»

«Je ne pouvais agir autrement»: tout était dit sur l’engrenage qui mène à la guerre. Engrenage qui est d’abord celui par lequel chaque peuple se met à prêter à l’autre ses propres arrière-pensées, ses desseins inavoués, les sentiments que lui-même éprouve à son égard. C’est bien ce que fait aujourd’hui l’Occident vis-à-vis de la Russie et c’est bien ce que fait la Russie vis-à-vis de l’Occident. L’Occident s’est convaincu que si la Russie gagnait en Ukraine, elle n’aurait plus de limite dans sa volonté de domination. À l’inverse, la Russie s’est convaincue que si l’Occident faisait basculer l’Ukraine dans son camp, ce serait lui qui ne contiendrait plus son ambition hégémonique.

En étendant l’Otan à tous les anciens pays de l’Est jusqu’aux pays Baltes, en transformant l’Alliance atlantique en alliance anti-Russe, en repoussant les frontières de l’Union européenne jusqu’à celles de la Russie, les États-Unis et l’Union européenne ont réveillé chez les Russes le sentiment d’encerclement qui a été à l’origine de tant de guerres européennes. Le soutien occidental à la révolution de Maïdan, en 2014, contre un gouvernement ukrainien prorusse a été la preuve pour les Russes que leurs craintes étaient fondées. L’annexion de la Crimée par la Russie et son soutien aux séparatistes du Donbass ont à leur tour donné à l’Occident le sentiment que la menace russe était réelle et qu’il fallait armer l’Ukraine, ce qui persuada la Russie un peu plus que l’Occident la menaçait. L’accord de partenariat stratégique conclu entre les États-Unis et l’Ukraine le 10 novembre 2021, scellant une alliance des deux pays dirigée explicitement contre la Russie et promettant l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan, a achevé de convaincre la Russie qu’elle devait attaquer avant que l’adversaire supposé soit en mesure de le faire. C’est l’engrenage de 1914 dans toute son effrayante pureté.

Comme toujours, c’est dans les mentalités, l’imaginaire et la psychologie des peuples, qu’il faut en chercher l’origine. Comment la Pologne, quatre fois démembrée, quatre fois partagée en trois siècles, comment la Lituanie annexée deux siècles durant à la Russie, la Finlande amputée en 1939, comment tous les pays qui ont vécu un demi-siècle sous le joug soviétique ne seraient-ils pas angoissés à la première menace qui pointe à l’Est? Et de son côté, comment la Russie, qui a dû si souvent se battre pour contenir la poussée de l’Occident vers l’Est et qui est déchirée depuis des siècles entre sa fascination et sa répulsion pour la civilisation occidentale, pourrait-elle ne pas éprouver une angoisse existentielle face à une Ukraine en train de devenir la tête de pont de l’occidentalisation du monde russe? «Ce ne sont pas les différences, mais leur perte qui entraîne la rivalité démente, la lutte à outrance entre les hommes» dit René Girard. Menacer ce par quoi le Russe veut rester russe, n’est-ce pas prendre le risque de cette «rivalité démente»?

L’Occident voit trop la nostalgie de l’URSS et pas assez, le slavophilisme, c’est-à-dire la Russie éternelle telle qu’elle se pense avec ses mythes. Alexandre Koyré a consacré un livre profond (1), à ce courant dont sont nées la grande littérature et la conscience nationale russes au début du XIXe siècle quand «le nationalisme instinctif aidant, un nationalisme conscient avait fini par voir entre la Russie et l’Occident une opposition d’essence». Le slavophilisme, ce sentiment de supériorité spirituelle et morale face à l’Occident, est dans le cri du cœur de Soljenitsyne devant les étudiants de Harvard en 1978: «Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne.» Cette Russie-là ne voit peut-être pas la guerre en Ukraine comme une guerre d’invasion mais comme une guerre de sécession. Sécession du berceau du monde russe, de la terre où s’est joué tant de fois le sort de la Russie, où elle a repoussé les Polonais et les armées de Hitler. Sécession politique, culturelle et même spirituelle depuis qu’en 2018 l’Église orthodoxe ukrainienne s’est affranchie de la tutelle du patriarcat de Moscou. Et les guerres de sécession sont les pires.

Une chose en tout cas est certaine: cette guerre est, à travers l’Ukraine martyrisée, une guerre entre l’Occident et la Russie qui peut déboucher sur un affrontement direct par une escalade incontrôlée. La guerre, c’est, depuis toujours, la libération de tout ce qu’il y a dans la nature humaine de sauvagerie et d’instinct meurtrier, une montée aux extrêmes qui finit toujours par emporter malgré eux les combattants comme les dirigeants. Ni Churchill, ni Roosevelt, n’avaient pensé qu’un jour ils ordonneraient de bombarder massivement les villes allemandes pour casser le moral de la population, ni Truman qu’il finirait en 1945 par recourir à la bombe atomique pour casser la résistance japonaise. Kennedy en envoyant quelques centaines de conseillers militaires au Vietnam en 1961 ne pensait pas que huit ans plus tard l’Amérique y engagerait plus d’un demi-million d’hommes, y effectuerait des bombardements massifs au napalm, et serait responsable du massacre de villages entiers.

Si la guerre froide n’a pas débouché sur la troisième guerre mondiale, c’est d’abord parce qu’aucun de ses protagonistes n’a jamais cherché à acculer l’autre. Dans les crises les plus graves, chacun a toujours fait en sorte que l’autre ait une porte de sortie. Aujourd’hui, au contraire, les États-Unis, et leurs alliés, veulent acculer la Russie.

Quand on agite devant elle la perspective de l’adhésion à l’Otan de la Finlande, de la Suède, de la Moldavie et de la Géorgie en plus de celle de l’Ukraine, quand le secrétaire américain à la Défense déclare que les États-Unis «souhaitent voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse plus faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine», quand le président des États-Unis se laisse aller à traiter le président russe de boucher, à déclarer que «pour l’amour de Dieu, cet homme ne peut pas rester au pouvoir» et demande au Congrès 20 milliards de dollars en plus des 3 milliards et demi déjà dépensés par les États-Unis pour fournir en masse des chars, des avions, des missiles, des canons, des drones aux Ukrainiens, on comprend que la stratégie qui vise à acculer la Russie n’a plus de limite.

Mais elle sous-estime la résilience du peuple russe, comme les Russes ont sous estimé la résilience des Ukrainiens. Acculer la Russie, c’est la pousser à surenchérir dans la violence. Jusqu’où? La guerre totale, chimique, nucléaire? Jusqu’à provoquer une nouvelle guerre froide entre l’Occident et tous ceux qui, dans le monde, se souvenant du Kosovo, de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye, pensent que si la Russie est acculée, ils le seront aussi parce qu’il n’y aura plus de limite à la tentation hégémonique des États-Unis: l’Inde qui ne condamne pas la Russie et qui pense au Cachemire, la Chine qui dénonce violemment «les politiques coercitives» de l’Occident parce qu’elle sait que si la Russie s’effondre elle se retrouvera en première ligne, le Brésil qui, par la voix de Lula, dit «une guerre n’a jamais un seul responsable», et tous les autres en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique qui refusent de sanctionner la Russie. Tout faire pour acculer la Russie, ce n’est pas sauver l’ordre mondial, c’est le dynamiter. Quand la Russie aura été chassée de toutes les instances internationales et que celles-ci se seront désintégrées comme la SDN au début des années 1930, que restera-t-il de l’ordre mondial?

Trouver un coupable nous conforte dans le bien-fondé de notre attitude, et dans le cas présent, nous en avons un tout désigné, un autocrate impitoyable, incarnation du mal. Mais le bien contre le mal, c’est l’esprit de croisade: «Tuez-les tous et Dieu reconnaîtra les siens.» Au lieu de faire entendre sa voix pour éviter cette folie et arrêter les massacres, l’Union européenne emboîte le pas des États-Unis dans l’escalade de leur guerre par procuration. Mais que feront les Européens et les États-Unis au pied du mur de la guerre totale? Avec les obus nucléaires et les armes nucléaires tactiques de faible puissance, la marche n’est plus si haute. Et après? Après, tout peut arriver: l’engrenage tragique de la violence mimétique que personne n’aurait voulu mais auquel tout le monde aurait contribué et qui pourrait détruire l’Europe et peut-être l’humanité ou la capitulation munichoise des puissances occidentales qui ne voudront peut-être pas risquer le pire pour l’Ukraine, ni même peut-être pour les pays Baltes ou la Pologne. Souvenons-nous de l’avertissement du général de Gaulle en 1966 lors de la sortie du commandement intégré de l’Otan: «La Russie soviétique s’est dotée d’un armement nucléaire capable de frapper directement les États-Unis, ce qui a naturellement rendu pour le moins indéterminées les décisions des Américains, quant à l’emploi éventuel de leur bombe.»

Où est la voix de la France, de ce «vieux pays, d’un vieux continent qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie», qui le 14 février 2003 à l’ONU disait non à la guerre en Irak, qui en 2008 sauvait la Géorgie et s’opposait à l’adhésion de celle-ci et de l’Ukraine à l’Otan et qui plaiderait aujourd’hui pour la neutralisation d’une Ukraine qui n’aurait vocation à n’entrer ni dans l’Otan, ni dans l’Union européenne, en écho à l’avertissement lancé en 2014 par Henry Kissinger: «Si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste de l’une des parties contre l’autre. Elle doit être un pont entre elles. L’Occident doit comprendre que pour la Russie l’Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger.» C’est par sa neutralisation que la Finlande a pu demeurer libre et souveraine entre les deux blocs pendant la guerre froide. C’est par sa neutralisation que l’Autriche est redevenue en 1955 un pays libre et souverain.

Faire aujourd’hui des concessions à la Russie, c’est se plier à la loi du plus fort. N’en faire aucune, c’est se plier à la loi du plus fou. Tragique dilemme. Un dilemme comme celui-ci, vécu dans la Résistance par le poète René Char (2):

«J’ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l’exécution de B. Je n’avais qu’à presser la détente du fusil-mitrailleur et il pouvait être sauvé! Nous étions sur les hauteurs de Céreste (…) au moins égaux en nombre aux SS. Eux ignorant que nous étions là. Aux yeux qui imploraient partout autour de moi le signal d’ouvrir le feu, j’ai répondu non de la tête (…) Je n’ai pas donné le signal parce que ce village devait être épargné à tout prix. Qu’est-ce qu’un village? Un village pareil à un autre?» Et nous, que répondrons-nous aux regards qui nous imploreront d’arrêter le malheur quand nous l’aurons fabriqué?

Nous marchons vers la guerre comme des somnambules.

Henri Guaino

 

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Suites de la tournée diplomatique d’Emmanuel Macron à Moscou, Kiev et Berlin

Hier, j’ai partagé avec vous une analyse de ce qui se joue autour de l’Ukraine.

Le déplacement d’Emmanuel Macron à Moscou, Kiev et Berlin aura au moins eu le mérite de susciter d’intéressantes réactions médiatiques en France.

Plusieurs sont à citer, parmi lesquelles celle de Yann Barthès, de Léa Salamé et Nicolas Demorand qui, tous trois, ont reçu le même invité, Dominique de Villepin.

C’est sans parti pris que je le cite, certains d’entre vous sachant sans doute qu‘un de mes ouvrages lui a été consacré.

Sans parti pris donc et ce d’autant que je ne partage pas tout ce qu’il dit. Entre autre le fait que, selon lui et il n’est pas le seul à le penser, la Russie supporterait mal que l’Ukraine offre une vitrine démocratique au regard de ce qu’elle-même représente.

Sur ce point-là, il y a vraiment de quoi discuter et on y reviendra.

En attendant, l’intervention de l’ancien Premier ministre français dans ces deux émissions destinées au grand public offre de quoi élargir un peu son horizon et alimenter sa réflexion sur une situation qui ne souffre plus d’être considérée de manière simpliste.

Le  Figaro, pour sa part, consacre un article éclairant sur la tournée diplomatique d’Emmanuel Macron.

On y lit, entre autre, le jeu d’influences auquel participent Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne et France et comment les entretiens du Président français avec ses homologues russe et ukrainien s’inscrivent en pareil contexte.

Au moins, grâce à cette initiative prise par le Président français, aura-t-on eu droit, dans les médias hexagonaux, à des considérations plus tempérées et moins réductrices sur la Russie et sa soi-disante volonté d’invasion de l’Ukraine.

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L’honneur discutable d’une candidate à l’Elysée

Depuis quelques temps, nous voyons tomber les unes après les autres, des figures masculines du monde médiatique et politique français, le courant #metoo portant les femmes à « libérer leur parole ».

Ainsi, Jean-Jacques Bourdin, dont il a été question ici, est-il visé par une plainte, déposée huit ans après les faits par une femme qui dit que son agresseur aurait tenté de l’embrasser de force.

Et l’homme en question d’être désormais suspendu de ses fonctions par son employeur qui va mener une enquête interne.

Pendant ce temps-là ses confrères créent un buzz médiatique qui d’ores et déjà condamne le présumé innocent qui n’a pas même donné sa version des faits.

Mieux encore, une candidate à l’élection présidentielle récupère la situation dont on ne sait rien sinon ce qu’en a dit la plaignante, et, face à Jean-Jacques Bourdin, se positionne en faveur des femmes au sujet desquelles elle déclare:

« Présidente de tous les Français, je ne laisserai plus aucune femme avoir peur de porter plainte. Et pour que la parole se libère, il faut que les femmes se sentent soutenues. Et avec moi, elles le seront ».

Ce genre de franchise dont se réclame Valérie Pécresse n’est que pure démagogie. Comme si la femme française avait besoin de pareille politicienne pour se sentir ne plus « avoir peur de porter plainte »…

Cette séquence télévisuelle révèle le malaise du journaliste, certes! Mais en dit tout autant d’une politicienne sans honneur.

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Le saviez-vous?

Vous le saviez peut-être, c’est après avoir lu, à l’âge de 15 ans, Le Docteur Jivago de Boris Pasternak que Valérie Pécresse dit avoir « adoré », qu’elle a « voulu apprendre le russe ».

Selon ses déclarations au journal Le Monde du 21 mars 2016, « la seule façon d’aller en URSS, c’était les camps des jeunesses communistes, que j’ai donc fréquentés deux années de suite, à Yalta et sur la Baltique. L’école des religieuses de Sainte-Marie me confiait une mission : déposer des bibles chez les Refuzniks [les personnes qui désiraient émigrer, mais à qui les autorités en refusaient le droit]. Je suivais les cours de propagande, je chantais L’Internationale en russe, je découvrais que les livres mentaient. »

Et de poursuivre:

« L’URSS, 2e puissance mondiale, c’était les toilettes à la turque et le chocolat de synthèse. Et la censure. Personne ne connaissait le prix Nobel Pasternak ! De ces voyages, il m’est resté un attachement à la liberté de pensée, l’idée que l’anticonformisme est davantage de droite que de gauche. Et la langue. Quand j’étais ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, Vladimir Poutine me prenait pour une espionne de la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure]. Pour lui, on ne pouvait pas être de droite et parler russe. C’était très suspect… »

Des « toilettes à la turque », je ne suis pas certaine que pareilles déclarations soient conformes à la réalité. En tous les cas pas à celle que j’ai personnellement connue. Quant au « chocolat de synthèse », une personne qui a vécu dans une république de l’ex-URSS me disait, pas plus tard qu’avant-hier dans le cadre d’une discussion d’ordre général, combien le chocolat russe de l’époque était savoureux et réputé.

Pour le reste, que le Président russe ait pris, à l’époque, la désormais candidate investie par les Républicains pour une « espionne de la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] » parce que, « pour lui, on ne pouvait pas être de droite et parler russe » que « c’était très suspect », là, on reste un peu dubitatif quand on sait l’amitié qui s’est nouée entre François Fillon -dont Valérie Pécresse a soutenu la campagne présidentielle en 2017- et Vladimir Poutine.

Cela dit, l’entrée en lice de Valérie Pécresse dans la course à l’élection présidentielle française de 2022 est intéressante à maints égards. Surtout si je me réfère à ce que m’avait raconté un jeune homme, proche de certaines personnalités influentes. Une élection présidentielle se préparait des années à l’avance. Et la personne qui succéderait à Emmanuel Macron serait une femme.

A suivre donc. Pour quel changement, c’est un autre problème.

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Un Premier ministre ou rien….

La scène à laquelle j’ai assisté, en cette douce fin d’après-midi automnale est sans doute anecdotique. Et pourtant… à différents égards, elle s’offre à la réflexion.

Une fillette de 4 ou 5 ans, trottinette en mains, prête à s’élancer, se voit retenue par sa mère qui lui ordonne de mettre son casque.

La petite n’en manifeste que peu l’envie, ce qui suscite cette réaction de la part de sa mère, « Si tu ne mets pas ton casque, j’appelle Jean Castex! »

Pareille injonction ne s’invente pas, je vous la retranscris telle quelle.

Le Premier ministre français serait-il un ami de la famille, possible. Car pour que ce nom agisse comme menace sur une enfant d’à peine 5 ans, une relation doit exister, d’une manière ou d’une autre.

La suite de l’histoire, je l’ignore, je n’ai fait que passer sur le trottoir où mère, fille et trottinette se trouvaient.

Je me suis néanmoins interrogée sur l’irruption du Premier ministre en pareilles circonstances et me suis rappelé les figures de mon enfance qui auraient pu jouer son rôle…

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Elysée 2022, Eric Zemmour ou pas

Qu’on aime ou non Eric Zemmour, à l’évidence, sa parole ne laisse aucune faction politique ni aucun média indifférents. Pourquoi, cela peut s’expliquer par différentes raisons parmi lesquelles, bien sûr, ses prises de position.

Qualifiées d’extrémistes de droite est un point de vue récurrent.

Qu’elles le soient, il s’en défend et argumente à cet effet. Ses développements sont souvent interrompus, les caricaturer devant permettre de les rendre aussi inaudibles que possible.

Ainsi fonctionne le discours polémique qu’il réduit le propos adverse pour d’autant le rejeter.

Eric Zemmour étant présenté d’emblée comme polémiste, il ne s’attire, dès lors, que de justes retours pourrait-on penser. Certes et sous l’écoulement de discours à l’eau tiède ou brûlante, les réalités que connaissent Françaises et Français sont diversement aspergées.

Parce que chaque oratrice, chaque orateur a ses « valeurs » à défendre à tout prix, chaque prétendante ou prétendant à l’Elysée a ses propositions sinon ses solutions et son bataillon de « il faut » et de « on doit ».

Sauf à s’abstenir, la France exprimera sa préférence à défaut de son « dernier mot »

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Où déjà « l’hostilité anachronique de la Russie » était relevée par ces mêmes haut gradés de l’Armée française, le 30 avril 2020

Dans la continuité du sujet publié hier sur ce blog, je vous propose de lire une tribune publiée par ce même groupe de haut gradés de l’Armée française qui s’adressait, ce 11 mars dernier, par une lettre ouverte au secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Ce texte-ci date du 30 avril 2020, soit il y aura bientôt un an et a été publié sur le même site du magazine, Capital

Le retour sur image ne manque pas d’intérêt tant il montre comment la France a tenté de négocier sa relation avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Au-delà des acrobaties pour afficher une posture gaullienne sans, pour autant, tourner le dos à l’OTAN, certaines manoeuvres fort habiles y sont relevées, telles celles de François Fillon pour ne citer que les siennes.

A lire ces militaires, on mesure d’autant les limites imposées désormais à la France alors que, même feu le Président Jacques Chirac entamait une approche, certes négociée mais tout de même, de réintégration de l’OTAN par la France. C’est finalement à son successeur Nicolas Sarkozy que la France devra la concrétisation de ladite réintégration devenue effective lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg-Kehl, les 3 et 4 avril 2009.

La prise de position de ces haut gradés français est importante tant il est impératif de ne pas céder à la propagande qui ne dit jamais son nom parce qu’elle avance masquée et brandit l’épouvantail russe pour effrayer des populations qui, dociles ou par confort intellectuel, s’alignent sur la doxa imposée.

Et qu’on ne vienne pas soupçonner, voire accuser les signataires de cette tribune et de cette lettre ouverte d’être inféodés au Kremlin ou les traiter de « complotistes », mieux, de conspirationnistes comme l’usage le veut dès lors que l’on refuse de diaboliser un pays qui n’a rien d’un ennemi et encore moins d’une menace!

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La décadence de la France et le Pape François en débat, osé et réussi

Ni fan de d’Eric Zemmour et encore moins de Michel Onfray, j’avoue avoir suivi avec plaisir et intérêt le débat qu’ils ont mené sur CNews ce 26 mars dernier.

Et ce d’autant qu’avec les thèmes principaux de discussion qui leur était soumis, on pouvait craindre le pire. Jugez-en vous-mêmes, la décadence de la France, réalité ou fantasme et puis, le Pape François.

Autant dire que le risque d’embourbement était à redouter mais c’était sans compter l’excellence de l’éditorialiste et du philosophe, qu’on les apprécie ou pas, la preuve, je vous invite à les découvrir ici.

De ce que Michel Onfray avait énoncé de l’Arménie à propos de laquelle il revient dans ce débat, il en avait été question ici. C’était début décembre 2020, le philosophe rendait compte de son séjour dans le Haut-Karabagh.

Traiter de l’apogée et du déclin des civilisations, des démocraties avec leurs majorités et leurs minorités revendicatrices et du Pape qui plus est, tout cela en une heure était non seulement osé mais réussi.

Ce genre d’exercice est-il vain? Non, au contraire, il vaudrait d’être renouvelé et surtout dans les conditions qui ont été celles de cet échange, à savoir l’écoute et le respect de la parole de l’autre.

Et puis, le recul aussi, indispensable à l’évaluation d’une situation quelle qu’elle soit.

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Valéry Giscard d’Estaing…

Depuis l’annonce, ce 2 décembre au soir, de la mort de Valéry Giscard d’Estaing, les réactions ne manquent pas et, comme il se doit, sont très variables. A titre personnel -et je l’ai écrit sur mon profil Facebook, je retiens de l’ancien Président de la République française, l’intelligence hors du commun

C’est un constat.

Et il est partagé par nombre de commentatrices et commentateurs qui ne sont pas des plus tendres à l’égard de VGE. Autant dire, de ce constat, qu’il confirme une réalité qui n’empêche pas la critique relative à la personnalité ou au bilan politique de l’ancien Président français.

Dans le cadre de mes études de linguistique et d’analyse de discours, l’occasion m’a été donnée de travailler sur le second débat qui a opposé François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1981 tandis que le premier débat avait eu lieu en 1974.

Difficile d’oublier pareils moments où se faisaient face deux personnalités à l’envergure et à la complexité admises, cela énoncé en dehors de tout jugement d’ordre moral ou politique, je précise. Car on le sait bien, ces hommes, sont-ils les seuls, se sont arrangés avec le bien et le mal sans trop y regarder parfois.

A cet égard,  il serait intéressant de citer au moins une politicienne ou un politicien aussi vertueuse ou vertueux que son nom puisse tenir lieu d’étendard à brandir en toutes circonstances et pour rappel de conduite exemplaire.

Qu’on apprécie ou non un être, qu’on apprécie ou non sa vision du monde est légitime.

De là à dresser des procès sans appel et à diaboliser une personnalité, il y a souvent un pas qui est allègrement franchi. Le Président Valéry Giscard d’Estaing, comme n’importe lequel de ses homologues, n’a pas été un saint.

Il y a d’ailleurs fort à douter que l’on porte au pouvoir des êtres pour leurs qualités morales ou spirituelles,  sans quoi, cela se saurait …

Quant à celles et ceux qui imputent le regroupement familial au Président décédé il y a trois jours,  je les invite à découvrir ce commentaire déposé sous l’article du blog royaliste Je suis Français. Il est signé Olivier Rossi, je le cite:

«  Le regroupement familial avait été signé lors des traités internationaux sous De Gaulle et Pompidou, VGE voulait la fin de l’immigration et renvoyer certains mais le Conseil d’Etat l’a contraint à signer les décrets liés aux traités internationaux, et l’année suivante, il était revenu dessus mais coincé par les centristes. »

Et, ici ce qu’en disait Valéry Giscard d’Estaing lui-même. 

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ENTRETIENS AVEC JACQUES BAUD,LA GUERRE D’INFLUENCE ET LA CENSURE, 2e partie

– Jacques BAUD, dans notre précédent entretien sur la censure, vous avez évoqué la rencontre entre Vladimir POUTINE et Emmanuel MACRON de l’été 2019 au Fort de Bregançon et en particulier les 4 dernières minutes de la vidéo de leur conférence de presse. A cet exemple, vous en ajoutez un autre en relation avec les manifestations de Hong-Kong. En quoi, dans ces deux cas, avez-vous lu une censure?

Jacques BAUD: –Dès mai 2019, on observe un véritable phénomène de censure : les « actes » hebdomadaires des gilets jaunes n’apparaissent plus dans aucun média traditionnel français. On tente d’en cacher la gestion désastreuse. Il n’est dès lors pas très surprenant que la crise des Gilets jaunes ait révélé « une haine croissante contre les journalistes ». Ils sont alors – à tort ou à raison – perçus comme des organes de propagande du gouvernement (LCI, France 2, France 3) ou de l’establishment (BFM TV).

En août 2019, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, interrogé sur les manifestations du début du mois à Moscou, Poutine répond à la presse :
Ce n’est pas qu’en Russie qu’il y a des événements de ce type. Ce n’est pas très commode de le dire, je suis invité ici, mais vous saviez qu’il y a eu les manifestations des Gilets jaunes et d’après nos calculs, je crois qu’il y a près de 11 personnes qui sont mortes, il y a plus de 2000 personnes qui ont été blessées. Il y a notamment des policiers qui ont été blessés. Nous ne voudrions pas… […]

Cette version sera reprise en Belgique. Mais en France, sur LCI, la traduction devient :
Ça ne se passe pas qu’en Russie. Je suis invité par le président français et je suis mal à l’aise en le disant, mais vous savez tous que pendant les manifestations des Gilets jaunes vous avez eu plusieurs dizaines de personnes qui ont été blessées. Il y avait des policiers qui ont été blessés. On ne veut pas… […]
…et sur BFMTV/RMC :
Ce genre de situation ne se passe pas qu’en Russie. Nous savons ce qui s’est passé pendant les manifestations des Gilets jaunes. On ne veut pas… […]

En fait, en France, on tente de cacher la mauvaise gestion des Gilets jaunes derrière d’autres crises : juste après la réponse de Poutine, Macron prend la parole et explique qu’en France, les gilets jaunes ont eu le droit de participer à des élections, suggérant que l’on avait refusé ce droit aux manifestants de Moscou. C’est un menteur.

Explication. Au début août 2019 à Moscou, avant les élections parlementaires à la Douma, 20 000-50 000 manifestants demandant des « élections libres », attirant l’attention des médias français. Avec des titres comme « 27 candidats exclus » (Le Figaro) ou « les autorités excluent des candidats d’opposition » (Le Monde) on suggère que les candidatures sont sélectionnées par « le pouvoir ». La BBC affirme que les candidats ont été « ignorés » et « traités comme s’ils étaient insignifiants ». C’est tout simplement faux.

En fait, il s’agit d’un problème de validation des candidatures : comme en France pour la présidentielle, les candidats doivent avoir un certain nombre de signatures pour participer. A la différence de la France (où le candidat doit avoir les signatures de 500 élus), un candidat russe hors-parti parti doit avoir celles de 5 000 simples citoyens ; ce qui ne semble pas être surhumain dans une ville de 12 millions d’habitants. Naturellement, ces signatures sont vérifiées par une commission électorale afin d’éviter les fraudes et – malgré une tolérance de 10% – certains candidats n’ont pas atteint le nombre de signatures requis. Ceux qui ont manifesté à Moscou sont les candidats déçus de groupuscules de tendances diverses, allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, qui n’ont pas réussi à obtenir le nombre de signatures requis et dont certains n’ont pas même cherché à recueillir les signatures… Mais naturellement, aucun média traditionnel occidental n’explique la nature du problème !

On a donc ici la juxtaposition de deux manipulations : l’absence d’explications rationnelles, qui font apparaitre une fausse image de la situation en Russie, et une censure sur l’importance des débordements en France. Nous en pleine guerre de l’influence !

On observe un phénomène analogue avec les images de manifestations à Hong Kong, qui tournent en boucle sur France 24, pour atténuer l’image de brutalité de la répression en France même. Pourtant la comparaison entre les deux crises est parlante. A Hong Kong, entre mars 2019 et octobre 2020, on compte 2 morts, 2600 blessés (décembre 2019) et 10000 interpellations ; en France, pour une durée très proche – entre novembre 2018 et octobre 2020 – on compte 11 morts, 4440 blessés (octobre 2019) et 12000 interpellations. On constate que la « dictature chinoise » rivalise difficilement avec la « démocratie française » ! Certes, la réponse musclée de la police française s’explique par la violence des « gilets jaunes » et des « Black Block ». Mais c’est oublier qu’ils existent aussi à Hong Kong et que les manifestants y attaquent les forces de l’ordre avec des arcs / flèches et des bombes incendiaires ! Le tout financé par certains pays occidentaux. D’ailleurs, on constate que les propagandistes « pro-démocratie » de Hong Kong ne parviennent pas à trouver suffisamment d’images violentes chez eux et doivent prendre des images de la répression à Paris : les dictatures ne sont pas assez violentes, il faut aller chercher les images dans les démocraties !

C’est d’ailleurs dans cet esprit que sera proposée la loi sur la sécurité globale en novembre 2020…

Les médias traditionnels occidentaux ne sont plus crédibles : trop souvent, ils représentent – et servent – des intérêts politiques. Le problème est que cette crise de l’éthique journalistique pousse les citoyens vers des sources d’information alternatives. Depuis mai 2019, il faut aller sur des sites de médias indépendants (ou sur les médias russes) qui représentent d’autres intérêts, pour avoir des images des manifestations hebdomadaires des gilets jaunes. Cette forme de censure a donné une impulsion considérable aux médias russes, qui n’ont pas besoin « d’inventer » de fausses nouvelles : il leur suffit d’informer sur ce que les médias occidentaux cachent ! D’ailleurs, la chaine RT est rapidement devenue le premier média consulté sur YouTube ! C’est ce qui a conduit le pouvoir français – et des officines qui le servent, comme Conspiracy Watch – à définir ces sites de « conspirationnistes », afin de les discréditer. On est donc dans un cercle vicieux, qui s’alimente de défiance…

Ces problèmes prennent des dimensions tragiques dans le domaine du terrorisme, où la responsabilité des médias (occidentaux) est trop souvent minimisée… Nous en reparlerons.