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Valéry Giscard d’Estaing…

Depuis l’annonce, ce 2 décembre au soir, de la mort de Valéry Giscard d’Estaing, les réactions ne manquent pas et, comme il se doit, sont très variables. A titre personnel -et je l’ai écrit sur mon profil Facebook, je retiens de l’ancien Président de la République française, l’intelligence hors du commun

C’est un constat.

Et il est partagé par nombre de commentatrices et commentateurs qui ne sont pas des plus tendres à l’égard de VGE. Autant dire, de ce constat, qu’il confirme une réalité qui n’empêche pas la critique relative à la personnalité ou au bilan politique de l’ancien Président français.

Dans le cadre de mes études de linguistique et d’analyse de discours, l’occasion m’a été donnée de travailler sur le second débat qui a opposé François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1981 tandis que le premier débat avait eu lieu en 1974.

Difficile d’oublier pareils moments où se faisaient face deux personnalités à l’envergure et à la complexité admises, cela énoncé en dehors de tout jugement d’ordre moral ou politique, je précise. Car on le sait bien, ces hommes, sont-ils les seuls, se sont arrangés avec le bien et le mal sans trop y regarder parfois.

A cet égard,  il serait intéressant de citer au moins une politicienne ou un politicien aussi vertueuse ou vertueux que son nom puisse tenir lieu d’étendard à brandir en toutes circonstances et pour rappel de conduite exemplaire.

Qu’on apprécie ou non un être, qu’on apprécie ou non sa vision du monde est légitime.

De là à dresser des procès sans appel et à diaboliser une personnalité, il y a souvent un pas qui est allègrement franchi. Le Président Valéry Giscard d’Estaing, comme n’importe lequel de ses homologues, n’a pas été un saint.

Il y a d’ailleurs fort à douter que l’on porte au pouvoir des êtres pour leurs qualités morales ou spirituelles,  sans quoi, cela se saurait …

Quant à celles et ceux qui imputent le regroupement familial au Président décédé il y a trois jours,  je les invite à découvrir ce commentaire déposé sous l’article du blog royaliste Je suis Français. Il est signé Olivier Rossi, je le cite:

«  Le regroupement familial avait été signé lors des traités internationaux sous De Gaulle et Pompidou, VGE voulait la fin de l’immigration et renvoyer certains mais le Conseil d’Etat l’a contraint à signer les décrets liés aux traités internationaux, et l’année suivante, il était revenu dessus mais coincé par les centristes. »

Et, ici ce qu’en disait Valéry Giscard d’Estaing lui-même. 

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ENTRETIENS AVEC JACQUES BAUD,LA GUERRE D’INFLUENCE ET LA CENSURE, 2e partie

– Jacques BAUD, dans notre précédent entretien sur la censure, vous avez évoqué la rencontre entre Vladimir POUTINE et Emmanuel MACRON de l’été 2019 au Fort de Bregançon et en particulier les 4 dernières minutes de la vidéo de leur conférence de presse. A cet exemple, vous en ajoutez un autre en relation avec les manifestations de Hong-Kong. En quoi, dans ces deux cas, avez-vous lu une censure?

Jacques BAUD: –Dès mai 2019, on observe un véritable phénomène de censure : les « actes » hebdomadaires des gilets jaunes n’apparaissent plus dans aucun média traditionnel français. On tente d’en cacher la gestion désastreuse. Il n’est dès lors pas très surprenant que la crise des Gilets jaunes ait révélé « une haine croissante contre les journalistes ». Ils sont alors – à tort ou à raison – perçus comme des organes de propagande du gouvernement (LCI, France 2, France 3) ou de l’establishment (BFM TV).

En août 2019, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, interrogé sur les manifestations du début du mois à Moscou, Poutine répond à la presse :
Ce n’est pas qu’en Russie qu’il y a des événements de ce type. Ce n’est pas très commode de le dire, je suis invité ici, mais vous saviez qu’il y a eu les manifestations des Gilets jaunes et d’après nos calculs, je crois qu’il y a près de 11 personnes qui sont mortes, il y a plus de 2000 personnes qui ont été blessées. Il y a notamment des policiers qui ont été blessés. Nous ne voudrions pas… […]

Cette version sera reprise en Belgique. Mais en France, sur LCI, la traduction devient :
Ça ne se passe pas qu’en Russie. Je suis invité par le président français et je suis mal à l’aise en le disant, mais vous savez tous que pendant les manifestations des Gilets jaunes vous avez eu plusieurs dizaines de personnes qui ont été blessées. Il y avait des policiers qui ont été blessés. On ne veut pas… […]
…et sur BFMTV/RMC :
Ce genre de situation ne se passe pas qu’en Russie. Nous savons ce qui s’est passé pendant les manifestations des Gilets jaunes. On ne veut pas… […]

En fait, en France, on tente de cacher la mauvaise gestion des Gilets jaunes derrière d’autres crises : juste après la réponse de Poutine, Macron prend la parole et explique qu’en France, les gilets jaunes ont eu le droit de participer à des élections, suggérant que l’on avait refusé ce droit aux manifestants de Moscou. C’est un menteur.

Explication. Au début août 2019 à Moscou, avant les élections parlementaires à la Douma, 20 000-50 000 manifestants demandant des « élections libres », attirant l’attention des médias français. Avec des titres comme « 27 candidats exclus » (Le Figaro) ou « les autorités excluent des candidats d’opposition » (Le Monde) on suggère que les candidatures sont sélectionnées par « le pouvoir ». La BBC affirme que les candidats ont été « ignorés » et « traités comme s’ils étaient insignifiants ». C’est tout simplement faux.

En fait, il s’agit d’un problème de validation des candidatures : comme en France pour la présidentielle, les candidats doivent avoir un certain nombre de signatures pour participer. A la différence de la France (où le candidat doit avoir les signatures de 500 élus), un candidat russe hors-parti parti doit avoir celles de 5 000 simples citoyens ; ce qui ne semble pas être surhumain dans une ville de 12 millions d’habitants. Naturellement, ces signatures sont vérifiées par une commission électorale afin d’éviter les fraudes et – malgré une tolérance de 10% – certains candidats n’ont pas atteint le nombre de signatures requis. Ceux qui ont manifesté à Moscou sont les candidats déçus de groupuscules de tendances diverses, allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, qui n’ont pas réussi à obtenir le nombre de signatures requis et dont certains n’ont pas même cherché à recueillir les signatures… Mais naturellement, aucun média traditionnel occidental n’explique la nature du problème !

On a donc ici la juxtaposition de deux manipulations : l’absence d’explications rationnelles, qui font apparaitre une fausse image de la situation en Russie, et une censure sur l’importance des débordements en France. Nous en pleine guerre de l’influence !

On observe un phénomène analogue avec les images de manifestations à Hong Kong, qui tournent en boucle sur France 24, pour atténuer l’image de brutalité de la répression en France même. Pourtant la comparaison entre les deux crises est parlante. A Hong Kong, entre mars 2019 et octobre 2020, on compte 2 morts, 2600 blessés (décembre 2019) et 10000 interpellations ; en France, pour une durée très proche – entre novembre 2018 et octobre 2020 – on compte 11 morts, 4440 blessés (octobre 2019) et 12000 interpellations. On constate que la « dictature chinoise » rivalise difficilement avec la « démocratie française » ! Certes, la réponse musclée de la police française s’explique par la violence des « gilets jaunes » et des « Black Block ». Mais c’est oublier qu’ils existent aussi à Hong Kong et que les manifestants y attaquent les forces de l’ordre avec des arcs / flèches et des bombes incendiaires ! Le tout financé par certains pays occidentaux. D’ailleurs, on constate que les propagandistes « pro-démocratie » de Hong Kong ne parviennent pas à trouver suffisamment d’images violentes chez eux et doivent prendre des images de la répression à Paris : les dictatures ne sont pas assez violentes, il faut aller chercher les images dans les démocraties !

C’est d’ailleurs dans cet esprit que sera proposée la loi sur la sécurité globale en novembre 2020…

Les médias traditionnels occidentaux ne sont plus crédibles : trop souvent, ils représentent – et servent – des intérêts politiques. Le problème est que cette crise de l’éthique journalistique pousse les citoyens vers des sources d’information alternatives. Depuis mai 2019, il faut aller sur des sites de médias indépendants (ou sur les médias russes) qui représentent d’autres intérêts, pour avoir des images des manifestations hebdomadaires des gilets jaunes. Cette forme de censure a donné une impulsion considérable aux médias russes, qui n’ont pas besoin « d’inventer » de fausses nouvelles : il leur suffit d’informer sur ce que les médias occidentaux cachent ! D’ailleurs, la chaine RT est rapidement devenue le premier média consulté sur YouTube ! C’est ce qui a conduit le pouvoir français – et des officines qui le servent, comme Conspiracy Watch – à définir ces sites de « conspirationnistes », afin de les discréditer. On est donc dans un cercle vicieux, qui s’alimente de défiance…

Ces problèmes prennent des dimensions tragiques dans le domaine du terrorisme, où la responsabilité des médias (occidentaux) est trop souvent minimisée… Nous en reparlerons.

Histoire, Politique, société, Voix

La guerre d’influence et la censure, suite des entretiens avec Jacques BAUD

-Notre dernier entretien avec vous, Jacques BAUD a porté sur la propagande. Dans celui de ce jour, il est question de censure. Si, selon vous, cette dernière vient en complément de la première, leur usage à toutes les deux diffère selon les régimes politiques qui y recourent. Merci de nous en dire davantage à cet égard…

Jacques BAUD: -Alors que la propagande est le fait de diffuser l’information « digne d’être propagée », la censure est le fait de bannir l’information que l’on ne souhaite pas diffuser. Elle complète la propagande et contribue ainsi à la maîtrise du contenu de l’information. Elle peut être imposée par la force ou la persuasion.

Durant la guerre froide, les pays communistes ont été de grands utilisateurs de la censure. Toutefois, contrairement à ce que l’on pense généralement, leur enjeu était moins la conservation du pouvoir (qui était assuré par tout un arsenal de mesures, dont le système du parti unique), mais plutôt au maintien de l’image du système communiste. Les partis communistes se voyaient comme allant dans le sens de l’Histoire, et étaient engagés dans une sorte de compétition (politique) avec le monde occidental libéral. La censure visait alors à gommer les aspects négatifs du système.

Aujourd’hui, la censure a gagné les pays démocratiques, mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de « l’image du système », mais bien de la conservation du pouvoir ou d’une autorité. Car les dirigeants des pays démocratiques sont sensibles aux mouvements d’opinion et au verdict des urnes. Paradoxalement, les démocraties sont souvent plus vulnérables à l’information que ne le sont les dictatures ! Ceci ne signifie pas que des pays totalitaires, comme la Chine ou la Corée du Nord n’utilisent pas la censure ! Au contraire ! Ils le font, mais avec une finalité différente qu’en Occident : il s’agit surtout de maintenir l’image de stabilité du système, particulièrement dans un contexte de compétition économique internationale. La conservation du pouvoir ne venant ici que de manière marginale. Ainsi, Xi Jinping, à qui la Constitution chinoise – récemment modifiée – accorde un statut illimité n’a pas besoin de craindre un verdict populaire !…

Dans le même esprit, les gouvernements occidentaux tendent à déléguer l’exercice d’une forme de censure à des acteurs privés, comme les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Tweeter, Youtube, etc.). Par exemple, le fournisseur de service Slack, en Grande-Bretagne, a tout simplement fermé les comptes de clients qui avaient visité des pays sous sanctions américaines. GitHub a adopté des mesures analogues. Alors que l’internet devait être « neutre », il devient une des courroies de transmissions de la politique américaine. Il en est ainsi de PayPal, qui refuse de transmettre les paiements à des organes de presse alternatifs qui soutiennent l’Iran.

Ainsi, Google, Facebook, Le Monde, Libération, l’Union européenne ou l’Otan, proposent des « fact-checkers » (vérificateurs de faits). Mais en l’absence de critères précis et d’une méthodologie rigoureuse, ces outils deviennent une manière de stigmatiser les pensées déviantes. Le fact-checker de l’Union européenne est devenu un véritable site de désinformation dirigé contre la Russie. La méthode est assez simple : à partir d’une information glanée sur un site pro-russe, il formule une « réfutation » basée sur un autre fait, qui – souvent – n’infirme pas l’information originale, mais une information très similaire. Par exemple, le 2 août 2019, euvsdisinfo.eu épingle la version espagnole de Sputnik pour avoir affirmé que
Le président américain Donald Trump a menacé de libérer des milliers de membres du groupe terroriste État islamique capturés en Syrie, si les pays européens ne les reprenaient pas.

Euvsdisinfo.eu accuse Sputnik de déformer un tweet de Trump datant du 16 février évoquant le sort de 800 combattants de l’État islamique. Ce tweet est bien réel, mais le site européen ment, car ce n’est pas ce qui est évoqué par Sputnik : en fait, le 2 août, dans un « point-presse », Trump a bien affirmé presque mot pour mot ce que prétend Sputnik.

Ce « fact-checking » devient ainsi une forme de censure, qui génère une forme de manipulation : on définit une « vérité » de référence, souvent fondée sur des convictions plus que sur des faits, afin d’écarter les informations « non-conformes ». Paradoxalement, les « censeurs » modernes se réfugient derrière les droits de l’Homme, l’Etat de Droit ou la démocratie pour réduire la diversité politique. Car la démocratie appartient également à ceux qui sont contre elle : c’est ce qui fait sa force. Tenter d’éliminer les informations discordantes en les qualifiant de « conspirationnistes » et autres (en perdant de vue au passage la nature même du complotisme) est la preuve d’un manque de confiance en la démocratie.

Quant aux « vérificateurs de faits » automatiques des réseaux sociaux, ils ne sont pas capables de juger la substance d’une information. Ils en « décident » en fonction d’algorithmes alimentés par le comportement des utilisateurs, avec des effets pervers. Ainsi, en septembre 2016, Facebook avait censuré la Première ministre norvégienne Erna Solberg, qui avait publié la photo d’une fillette qui courait nue pour échapper à un bombardement au napalm durant la guerre du Vietnam en 1972. Le réseau social a également censuré le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet, puis, en 2018, une série de peintures de Rubens. En novembre 2020, le média Bloomberg rapporte que les algorithmes de Facebook ont bloqué « par erreur » des milliers de publicités, causant même des licenciements pour certaines entreprises.

Le concours des acteurs privés à la censure étatique est renforcé par la concentration croissante des médias autour de groupes financiers proches du pouvoir. La visite de Vladimir Poutine à Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, en 2019, nous donne un exemple frappant de censure, qui témoigne de la servilité des médias et des journalistes privés…

-Merci, Jacques Baud, d’avoir cité cette rencontre des présidents russe et français de l’été dernier qui constituera partie du propos de notre prochain entretien!

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Haut Karabagh, la guerre encore et encore

Avertissement: Ce sujet est publié une seconde fois sous un autre titre pour voir si le terme arménien utilisé pour désigner le Haut Karabagh a fait problème sur un réseau social bien connu où le sujet n’a pu être partagé dans certains groupes.

Quelles que soient ses appellations, arménienne ou occidentale,  l’Histoire de cette république du Caucase est complexe.

Elle est rappelée sur différents sites, comme il se doit mais je vous propose de vous rendre sur celui du Ministère des Affaires Etrangères d’Arménie.

Pourquoi?

Parce qu’il est intéressant de saisir le point de vue de l’Arménie de laquelle cette république revendique les racines aussi profondes qu’historiques

Il va de soi qu’à lire d’autres approches comme, par exemple, celle publiée sur le site Cairn.info et indiquée en lien ci-après, son intitulé seul suffit à la situer:

L’Etat de facto du Haut-Karabagh arménien.

Le fait est que des vies sont en jeu, que les forces en présence sont animées par autant d’intérêts géostratégiques que de valeurs respectives à défendre.

Et que les négociations en vue de régler pareil conflit entre parties qui campent sur leurs positions sont extrêmement délicates à mener vu la violence qui sévit depuis ce 27 septembre.

Car, en effet, c’est sous la médiation des co-Présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, Russie, Etats-Unis d’Amérique et France que sont placés les espoirs d’accord à trouver.

Pendant ce temps-là, le sang coule de plaies béantes que l’animosité particulièrement guerrière de ce nouveau conflit ouvre à nouveau.

En pensée avec autant de victimes de l’aveuglement humain qui n’a pas fini de briser des vies.

Culture, Economie, Histoire, Politique, Voix

Artsakh pour les Arméniens, Haut-Karabagh en Occident, la guerre encore et encore…

L’Artsakh, c’est ainsi que les Arméniens nomment ce que l’Occident appelle Haut Karabagh ou encore Nagorno Karabagh.

Quelles que soient ces appellations, l’Histoire de cette république du Caucase est complexe.

Elle est rappelée sur différents sites, comme il se doit mais je vous propose d vous rendre sur celui du Ministère des Affaires Etrangères d’Arménie.

Pourquoi?

Parce qu’il est intéressant de saisir le point de vue de l’Arménie de laquelle l’Artsakh revendique les racines aussi profondes qu’historiques.

Il va de soi qu’à lire d’autres approches comme, par exemple, celle publiée sur le site Cairn.info et indiquée en lien ci-après, son intitulé seul suffit à la situer:

L’Etat de facto du Haut-Karabagh arménien.

Le fait est que des vies sont en jeu, que les forces en présence sont animées par autant d’intérêts géostratégiques que de valeurs respectives à défendre.

Et que les négociations en vue de régler pareil conflit entre parties qui campent sur leurs positions sont extrêmement délicates à mener vu la violence qui sévit depuis ce 27 septembre.

Car, en effet, c’est sous la médiation des co-Présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, Russie, Etats-Unis d’Amérique et France que sont placés les espoirs d’accord à trouver.

Pendant ce temps-là, le sang coule de plaies béantes que l’animosité particulièrement guerrière de ce nouveau conflit ouvre à nouveau.

En pensée avec autant de victimes de l’aveuglement humain qui n’a pas fini de briser des vies.

Culture, Economie, Histoire, Politique, Religions, société, Voix

Entre complotisme et complot, quelle nuance? Sixième entretien avec Jacques BAUD

-Jacques BAUD, merci de clarifier encore un élément relatif au complotisme. Si celui-ci consiste à arranger l’énoncé de faits dans le but de contribuer à une stratégie d’influence, les vrais complots existent-ils?

Jacques BAUD: -Le problème essentiel est que les complotistes – et ceux qui prétendent les combattre – n’ont pas de rigueur pour définir le complotisme. Par exemple, Conspiracy Watch voit dans le fait de croire que « Dieu a créé l’homme et la Terre il y a moins de 10000 ans » comme une théorie complotiste ! A l’évidence, il s’agit d’une croyance, qui n’implique pas l’existence d’un « complot ». En fait, il s’agit de discréditer ceux qui – à tort ou à raison – ont une lecture littérale de la Bible. On trouve exactement le même phénomène avec d’autres sites qui prétendent faire du « fact-checking ». Cette absence de rigueur facilite la confusion entre des « suppositions » et la « réalité ».

Comme nous l’avons vu, la problématique de notre action dans la situation internationale actuelle est, qu’elle est dictée par des présomptions que l’on transforme en certitudes. On est « complotiste » lorsqu’on doute de la responsabilité de Vladimir Poutine dans l’empoisonnement de Serguei Skripal ou Alexeï Navalny, mais on ne l’est pas lorsqu’on affirme qu’ils été l‘objet d’un « complot » ourdi par le gouvernement russe…

Ce qui favorise l’élaboration de théories du complot est clairement l’absence de transparence. Celle-ci vient le plus souvent du fait « qu’on ne sait pas » et parfois parce qu’on ne peut ou ne veut pas communiquer sur un sujet. Ici, il faut également démonter un mythe répandu : les services de renseignement savent beaucoup moins que ce que l’on pense !

La faiblesse des théories du complot réside pratiquement toujours dans la réponse à la question : « A quelles fins ? » Il s’agit de comparer le gain qu’apporterait une « conspiration » par rapport au risque politique encouru au cas où elle serait éventée. En fait, le plus souvent, on constate que le « comploteur » aurait pu obtenir le même résultat plus facilement et à moindre coût.

Un exemple est la publication de la « vidéo intime » de Benjamin Griveaux, en février 2020. Immédiatement, on suggère que la Russie (et donc, Vladimir Poutine) est impliquée dans sa diffusion! Dans quel but ? Pas de réponse. A quelle fin la Russie, en délicatesse avec l’Europe, prendrait le risque de s’impliquer dans l’élection d’une mairie (même celle de Paris), pour nuire à un candidat dont la campagne électorale est navrante depuis son début et « vouée à l’échec » ? Toujours pas de réponse ! Avec des « on dit que… », un journaliste de LCI suggère même que Piotr Pavlensky – l’auteur de la fuite – bénéficiait d’une « forme de complaisance » de part de la police russe et serait une « personnage qui pratique une duplicité … » et suggère qu’il serait employé par le gouvernement russe ! Pourtant, Cédric O, secrétaire d’État au Numérique, affirme ne disposer d’ « aucune information qui laisse penser qu’il pourrait y avoir autre chose qu’un agissement personnel » et qu’il n’a « aucune preuve, ni aucun indice qui nous laisse penser que la Russie soit impliquée ». Donc : rien ! Mais personne n’a qualifié tous ces brillants journalistes de « complotistes » !

C’est pourquoi j’aime bien citer Michel Rocard : « Toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare. »

Cela dit, cela ne signifie pas que les « vrais » complots n’existent pas. Mais ils sont beaucoup plus « discrets » que ceux que l’on nous présente dans la presse. Ils sont le fait d’acteurs qui se sentent – à tort ou à raison – dos au mur et ne voient pas d’autre alternative pour agir, et qui sont prêts à prendre le risque pour des raisons existentielles. C’est (très probablement) le cas de l’assassinat de Kennedy, pour lequel je pense que la version officielle ne reflète pas la réalité et les indices existant. C’est pourquoi cela n’est certainement ni la mafia, ni la CIA, ni le haut commandement militaire américain, ni les Soviétiques, ni les Cubains…

L’influence a toujours existé et fait sans doute partie de la manière dont les humains interagissent. Le problème est que nous devons admettre que bien souvent, nous ne connaissons pas la vérité. Dès lors, chacun peut avoir des interprétations différentes d’un événement : de la plus compréhensive à la plus intransigeante. C’est légitime. Mais, dès lors que ces interprétations doivent se traduire par des décisions, je pense qu’une certaine retenue doit guider le décideur politique et ceux qui les conseillent.

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Sous nos latitudes démocratiques…

Que cela soit sous forme littéraire ou pour ce blog, écrire est depuis de nombreuses années, pour moi, une seconde nature.

Qu’on l’apprécie ou non, rien de plus normal, les goûts et les couleurs…

Mais que mon parcours littéraire soit reconnu en Russie, entre autre, intrigue dans le meilleur des cas, me rend très suspecte sinon.

Il se trouve qu’un participant à la présentation de l’un de mes recueils de nouvelles, ce 17 septembre, a mentionné les constantes rééditions de mes livres en Russie.

Et de souligner que dans ce pays, seuls les grands classiques sont publiés en édition bilingue.

Il se reconnaîtra, sensible à ses remarques, je l’ai remercié tant je suis plutôt habituée à devoir me justifier au vu de ce qui circule en boucle sur la Russie, de plus en plus souvent ramenée à son seul Président.

En février dernier, j’ai découvert comment le droit de s’exprimer s’appliquait dans mon pays quand mon blog a été brutalement fermé par le groupe de presse qui l’accueillait.

Voici que sept mois plus tard, j’expérimente à nouveau la liberté d’expression selon la définition qu’en ont certains journalistes suisses qui forment un groupe sur Facebook.

J’en étais devenue membre, j’en suis désormais exclue, mieux, je n’y ai carrément plus aucun accès.

Je ne suis pas journaliste, ma formation en Lettres m’a amenée à étudier les littératures russe, allemande et française avant de me spécialiser en analyse de discours et en épistémologie de la linguistique.

J’ai mené des travaux de recherche dans cette discipline et enseigné dans différents établissements à Genève et à l’Université de Turin au préalable.

Il semble néanmoins que ce parcours professionnel ait contribué à me rendre « conspirationniste ».

C’est en effet ainsi que j’ai été perçue dans ce milieu médiatique helvète si tolérant qu’il recourt aux mêmes méthodes que celles qu’il n’hésite jamais à fustiger lorsqu’elles concernent d’autres pays.

Le sens du débat contradictoire, dans cette très savante mouvance, s’exerce de telle manière que le couperet tombe sur toute tête qui menace son confort ou sa paresse intellectuel(le), à choix.

Et cela s’appelle liberté d’expression, et cela se vit sous nos latitudes démocratiques.

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Covid-19, essai de douzième synthèse

Regardez la carte qui figure en capture d’écran pour illustrer ce sujet!

La plus grande partie des régions françaises déclarées zones vertes par rapport au degré de contagiosité du virus Sars-Cov2 sont celles qui côtoient la Confédération helvétique.

Réalité ou petit arrangement avec elle pour ménager les intérêts entre voisins, on n’en sait rien.

Cela dit, quand on lit ce qu’a vécu le personnel hospitalier qui témoigne des conditions dans lesquelles il a dû travailler, en tous les cas en France, on réalise que si le virus n’est pas une fiction, sa gestion complexe voire paradoxale n’a pas arrangé la situation!

Quant aux témoignes qu’on trouve dans nos médias de ce qu’endurent des familles dont l’un des membres a été testé positif, on mesure sans difficulté le véritable parcours de combattant que certaines d’entre elles ont à mener.

Autant de constats qui amènent à mesurer à quel point règne parfois l’incohérence mais aussi l’absence d’humilité à le reconnaître.

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COVID-19, essai de 11e synthèse

Petite parenthèse covidienne et nouvel essai de synthèse en attendant la suite de nos entretiens avec Jacques Baud.

A découvrir comment chaque pays décrète tel ou tel autre à (haut) risque en termes de contagiosité virale, on comprend que la situation se complique.

Deux cantons suisses, ceux de Genève et de Vaud sont déconseillés par Berlin aux Allemand(e)s, dans le même temps, la Suisse place certaines régions de France sur sa liste rouge.

Autrement dit, ces cantons décommandés aux Allemand(e)s et soumis à la décision fédérale, limiteront eux-même leur accès à tout voyageur venant de certaines régions de France.

Faute de quoi la quarantaine les attendra.

Quant à l’Espagne, placée depuis un certain temps déjà sur liste rouge en Suisse, il semble que la vie s’y déroule de manière moins dangereuse que celle dont nos médias rendent compte.

A dire vrai, la perception que chaque pays a et donne de l’autre ne favorise pas vraiment l’ouverture.

Tandis que la lutte contre les nationalismes fait rage, que le mondialisme est rabâché à tout va, se fermer à ses voisins paraît plutôt paradoxal.

Mais bon, ce virus a ses secrets que la raison ne connaît pas encore…