capture d’écran de: https://www.valeursactuelles.com/politique/en-direct-fanny-ardant-denonce-la-russophobie-et-la-pensee-unique-59921
Si Fanny Ardant avait, en son temps, pris parti pour le groupe punk Pussy Riot, la voici qui résiste aux journalistes qui l’interviewent sur ARTE, la chaîne dont BHL est le grand protecteur*.
Tandis qu’on cherche à la faire entrer dans un jeu qu’elle rejette alors qu’il est question, au hasard, de la Russie, on ne peut manquer de rappeler comment Henri Guaino, lui aussi, avait été pris dans ce même prisme réducteur:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/16/de-la-poutinomania-a-la-chasse-aux-sorcieres.html
C’est tout de même extraordinaire d’observer cette obsession à vouloir nous faire comprendre ce qu’est la Russie, de Poutine ou de quiconque!
Heureusement qu’on est dans des pays démocratiques où la liberté d’expression est si respectée qu’on ne cesse de vouloir l’orienter sans pression aucune, bien sûr.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2017/01/04/quand-arte-met-au-point.html
Hélène Richard-Favre
Capture d’écran: http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/trump-et-la-russie-le-kompromat-vieille-pratique-des-services-secrets-russes_1867960.html
Après les hackers russes, place aux services secrets de la Loubianka! Le feuilleton se poursuit tant il semble vital à certains d’y consacrer le temps qu’il faut.
Preuve en est cette séquence médiatique qui nous sert, en quelques minutes, à peu près tous les poncifs habituels:
http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/question-russe-et-guerre-du-renseignement-lanalyse-de-jean-philippe-schaller?id=8301376
La rhétorique est assez habile, insiste sur les doutes qualifiés de sérieux mais ne se prive d’aucun rappel visant le président russe ni même les Russes eux-mêmes, selon le présentateur vedette du téléjournal suisse.
En effet, le voici qui lance un on sent une sorte de jubilation des Russes d’être partout, y compris dans ce monde-là.
A se demander où se situerait cette jubilation de près de 146 millions de Russes sinon dans les échanges auxquels se livrent deux journalistes sur le plateau d’une chaîne de télévision publique.
Sur France2, au 20 heures, David Pujadas a épargné ses téléspectateurs, qu’il en soit remercié!
Suite à la publication du précédent sujet de ce blog sur Twitter et aux réponses qui y ont été apportées, entre autre par Darius Rochebin que je remercie, au passage, de l’attention qu’il a portée à mon message, force est, malgré tout de constater que son sens a été détourné sinon ignoré.
En effet, tout de suite, il a été question du communisme et de ses conséquences alors que mon propos visait le choix rédactionnel opéré par la RTS pour évoquer le centenaire de la Révolution russe.
Car la résumer à des images de goulag, c’est orienter de facto le téléspectateur tandis que l’ensemble de ce qu’elle a généré mériterait mieux que ce seul rappel. Mais non, on préfère revenir sans cesse à ces images terribles sans autre références.
Or qu’on rappelle, par exemple, comment certains dont le très vénéré Jean d’Ormesson et la très charismatique Svetlana Alexievitch se sont exprimés sur Staline, pour le premier, sur Dzerzhinski pour la seconde.
Alors on comprendra d’autant comment l’une a si bien su tourner sa veste, et l’autre, eu le courage de reconnaître un choix.
On réalisera ainsi, peut-être, que ces temps passés communistes et soviétiques ne peuvent être évoqués de manière aussi réductrice sinon orientée.
capture d’écran de: https://www.cath.ch/newsf/centenaire-de-revolution-russe-cyrille-ier-refuse-terme-de-celebrations/
La RTS, ce 9 janvier dans son édition du 19:30, évoque le centenaire de la Révolution russe. Au hasard et pour illustrer le propos, on y évoque… le goulag:
http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/vorkuta-une-tache-dans-lhistoire-de-lhumanite?id=8295139
Certes, il a existé, certes, il ne reflète rien d’enviable. Mais résume-t-il ce qu’a représenté la révolution de 1917?
Sans doute et de loin pas tant elle a été suivie de périodes différentes.
Il ne s’agit pas, ici, de contester l’intérêt du documentaire présenté. Il est juste question de regretter qu’il soit introduit par ce rappel du centenaire de la Révolution de 1917.
Car sa commémoration fait débat en Russie, comme le rappelle l’article cité en lien sous la photo qui illustre ce sujet.
Et puis, le communisme n’a pas apporté que le goulag.
Il a, par exemple, permis à des millions de citoyens de sortir de l’analphabétisme, il a contribué à dispenser éducation et enseignement de très haut niveau, il a offert des soins gratuits et une médecine de pointe mondialement reconnue.
Mais le propos n’est pas de dresser ici un bilan de ce que fut le communisme ou pas.
Il est de regretter cette manière de la RTS d’évoquer le centenaire de la révolution d’octobre. Car un tel moment complexe et chargé de l’Histoire mériterait un documentaire un peu moins réducteur.
capture d’écran de: http://theconversation.com/lempire-russe-en-palestine-1847-1917-aux-origines-de-la-politique-russe-au-proche-orient-55542
Comme il semble qu’on se passionne pour ce qui se passe dans la tête de Vladimir Poutine sinon en Russie puisque, pour d’aucuns, il serait le pays à lui seul*, voici un point de vue qui propose une approche autrement moins restrictive que nombre d’autres:
http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/de-par-le-monde/item/2941-poutine-la-russie-et-l-orient
Dans l’article de ce Général français de corps d’armée, y est évoquée une Russie considérée dans sa perspective historique et non pas selon les schèmes habituels de certains experts en tout ce qu’on veut ou presque.
Analyser sinon comprendre la Russie ne se résume pas à publier livre après livre avec, pour sujet principal, un président dont on s’escrime à vouloir éclairer la personnalité sinon le comportement.
S’intéresser à un homme, à son parcours, à ses propos, pour commenter une situation dont on veut que le sens soit saisi comme il convient, ne répond qu’à des intérêts bien précis qu’on s’attache à draper d’une morale qui ne convainc que celles et ceux qui la dispensent à leurs fidèles ouailles.
Quand on voudra bien, enfin, considérer la Russie dans la profondeur de son Histoire et de sa culture, alors on épargnera temps et énergie au public qui tente encore de s’y retrouver dans ce qu’on lui sert chaque jour comme information.
Seulement voilà, ladite information étant diffusée plus vite que son ombre sinon en même temps, le recul indispensable à prendre pour considérer une situation avec l’ampleur d’un regard qui ne soit pas limité par les oeillères qui sans cesse l’orientent, alors on pourra envisager de dépasser autant de points de vue ressassés à l’envi jusqu’à leur donner valeur de vérité.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/14/vladimir-poutine-autant-en-emporte-les-journalistes.html
capture d’écran de: http://www.la-croix.com/France/Legitime-defense-policiers-Urvoas-contre-modification-2016-10-26-1300798899
Ce 6 janvier au soir, Jacqueline Sauvage a été l’invitée du journal de 20 heures de France2. Accompagnée de ses deux avocates, elle a répondu aux questions de Laurent Delahousse:
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/affaire-jacqueline-sauvage/temoignage-je-ne-suis-pas-du-tout-coupable-declare-jacqueline-sauvage_2004993.html
Il va de soi que le cas de cette femme a été abondamment discuté, qui plus est, depuis que le Président d’encore tous les Français lui a accordé sa grâce totale.
Voir Jacqueline Sauvage s’exprimer ne peut laisser indifférent, preuve en sont les multiples articles qui commentent son intervention.
Se mettre à sa place, tenter d’imaginer ce qu’elle a vécu avant, pendant et après son séjour en prison, est un exercice qui a été tenté par nombre de personnalités du monde politique, artistique et par autant de citoyennes et de citoyens.
Une question, toutefois, se pose. Celle de savoir en quoi cette femme serait susceptible d’incarner la violence conjugale quand elle l’a réglée de la manière la plus radicale.
En tirant sur son mari, Jacqueline Sauvage s’est fait justice elle-même.
Au regard de la loi, elle s’est rendue coupable. D’ailleurs, une de ses avocates rappelle bien que la grâce présidentielle dont a bénéficié sa cliente ne remet pas en cause sa culpabilité.
Soit.
Le fait est que la concernée, elle, déclare ne pas se sentir du tout coupable.
Dire de la violence conjugale qu’elle frappe une femme tous les trois jours, comme l’a rappelé l’autre de ses avocates, est une chose. Justifier le crime en réponse à ce constat, une autre qui ne fait pas l’unanimité.
Dès lors, accorder sa grâce à une femme qui déclare ne pas se sentir du tout coupable, ne serait-ce pas là admettre une vision subjective de la légitime défense qui ne semble néanmoins pas être accordée à tous, en témoignent les revendications de policiers?
C’est assez amusant -ou pathétique?- de constater comment et de plus en plus souvent, sitôt qu’il est question de la Russie dans une interview, un débat ou un forum quelconque, celle ou celui qui tente un point de vue autre que celui qui doit faire foi, est de facto considéré comme ami de Poutine.
Cette formulation, d’une exceptionnelle ingéniosité, dénote à quel point toute pensée est formatée, pis, comment toute réflexion est verrouillée.
Dans ce sens, on a beau jeu de se poser en juge et arbitre de ce qui se passe dans un pays quand on le présente selon un prisme sélectionné.
Comment, dans nos démocraties qui disent privilégier la liberté d’expression et le droit à la différence, un tel état de fait est-il possible sinon par l’imposition de standards en dehors desquels tout autre discours ne peut être tenu sans être disqualifié?
Quand la défense d’intérêts bien précis crée la rhétorique adaptée à ses besoins, ce n’est plus dans une démocratie que l’on évolue, c’est dans son simulacre.
On se demande à quoi servent ces débats organisés par autant de médias soucieux, bien sûr, de donner la parole à autant de personnalités d’avis et d’horizons divers sinon pour sauver la face et couper autant que possible la parole à qui la leur ferait perdre, ladite face.
En l’occurrence, ce 3 janvier au soir, ARTE avait réuni dans le cadre de son émission 28 minutes, trois invités pour discuter de la cyber-guerre russe.
Quand vous voyez Marie Mendras, à la minute 17,55, demander la parole pour recadrer le débat et dire qu’on ne peut pas laisser dire, ici, sur un bon plateau de télévision en France, dans une démocratie, que nous faisons de la propagande russophobe alors que le régime russe n’est pas une démocratie, contrôle ses médias, etc.etc pour, enfin, cerise sur le gâteau, s’insurger contre le mensonge on comprend que se risquer à appeler cette énième spécialiste de la Russie à un peu plus d’objectivé serait sans doute mal reçu sinon carrément malvenu.
Il faut dire que sur ARTE dont BHL est le président du conseil de surveillance depuis plus de 23 ans, on a toutes les chances d’être à cet endroit où selon lui, tous les soirs, on fabrique de l’Europe, on façonne et invente de la culture européenne vivante:
capture d’écran de: https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels
Comme nos chers journalistes semblent particulièrement intéressés par ce qui se passe en Russie pour informer, on a donc le privilège de découvrir, bientôt chaque jour, sous quel joug vivent les citoyens de ce pays et surtout, comment certaines minorités sont condamnées alors que nous autres avons bien de chance de vivre à l’abri de lois autrement plus réjouissantes pour la démocratie.
Voici donc le grand quotidien suisse, autrefois de référence -il n’est jamais vain de le rappeler- Le Temps, consacrer une quasi pleine plage de son édition du 28 décembre 2016 à cet activiste russe qui traque les enseignants homosexuels.
Le sujet a dû marquer les esprits pour qu’on retrouve cité cet article dans un blog de La Tribune de Genève qui, au passage, mêle un peu tout et son contraire mais bref, on a là le résultat de l’information livrée par nos médias.
Et quand elle est reprise par Madame -en son temps- Maire de la Ville de Genève de manière déformée et publique, on mesure d’emblée tout l’intérêt que présente pareilles démarches:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/09/23/temp-72eaa4c2e4ff9178f7a2646953d3dcbd-247488.html
Cette loi est très précise. Elle concerne la propagande homosexuelle qui serait menée auprès de mineurs.
Si vouloir éviter à ses enfants d’être entraînés sinon soumis à des orientations qu’ils n’ont pas choisies de manière délibérée est considéré comme violant les lois de la démocratie, soit!
Il va de soi que cette lecture déformée d’une loi qui ne vise pas les homosexuels en tant que tels, n’a de sens, ici, que d’afficher une désinformation de plus sur la Russie.
Quant au cas que représente ce Timour Boulatov, il est vrai que sur les 146 millions d’habitants que compte la Russie, son comportement est tout particulièrement représentatif et déterminant!
Un énième article de nos médias occidentaux, nous met en garde contre ce qui semble représenter une menace, je veux parler des sites russes Sputnik et RT.
On y lit ce qu’on va bientôt finir par connaître par coeur à force d’être repris en boucle depuis des années par la quasi totalité de nos sites dits d’information.
Eh oui, il est toujours important de rappeler que chez nous, on informe, ce qui, bien sûr, est loin d’être le cas en Russie.
On va finir par éprouver de la compassion pour ces journalistes qui se donnent tant de peine à nous expliquer ce qui se passe en réalité et combien nous risquons de nous faire avoir par cette (dés)information russe.
Ont-ils seulement conscience, ces valeureux combattants de la vérité -si elle existe, ce qui est un autre problème- ont-ils donc seulement conscience de n’être que des porte-paroles de pouvoirs qui ne lésinent sur aucune valeur qu’ils semblent tant chérir?
Sont-ils donc au courant que leur manière de nous rendre compte de guerres, comme ils s’y sont employés avec celle qui se poursuit en Ukraine, par exemple, a été dévoyée pour masquer l’importance des exactions commises par un pouvoir si démocrate qu’il n’a pas hésité à tirer sur son peuple, le torturer et l’emprisonner quand il le fallait?
Les mouvements néo-nazis sont une réalité, en Ukraine! Lequel de ces émérites reporters s’en serait offusqué? Qui a pris position pour dénoncer le massacre qui a eu lieu dans la Maison des Syndicats d’Odessa le 2 mai 2014?
A-t-on vu un appel à manifester, des pancartes, des bougies, des fleurs ou tout autre façon de réagir à de tels actes?
Quand les chefs de rédaction de nos médias admettront qu’ils ne sont que les porte-parole de pouvoir qui ne luttent que pour leurs intérêts, alors, on comprendra qu’ils s’en prennent à leurs rivaux.
