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Ukraine

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Ainsi va le monde de l’information qu’il sonne le tocsin quand il le juge opportun

La Tribune de Genève publie un article consacré à l’oligarque ukrainien Rinat Akhmetov dont il est mentionné, en sous-titre, que « l’aciérie assiégée de Marioupol » lui appartient.

Et que celui qui est présenté comme « homme le plus riche du pays a installé une partie de sa famille sur les bords du Léman. À Genève, où est basée depuis plus de vingt ans la filiale gérant les ventes à l’étranger du groupe, source de l’essentiel des profits. Sa fortune a notamment permis à l’un de ses fils d’acquérir deux propriétés genevoises pour un total de 100 millions de francs, un an avant l’invasion de l’Ukraine. »

Et le journaliste de poursuivre que « Peu après avoir signé cet achat à 60 millions de francs, Damir Akhmetov, 33 ans, a décidé de faire coup double. Peut-être après avoir découvert, par-dessus le mur de son nouveau jardin, la vénérable propriété de la famille du Dr Woog, inventeur de la brosse à dents électrique. Cette vénérable demeure – et son parc dégringolant sur plus d’un hectare jusqu’à un débarcadère oublié – constitue le joyau de la Pointe à la Bise. De quoi le convaincre, en mars 2021, d’allonger 44 millions de plus. »

Sans entrer en matière sur la fortune de cet homme, il sera intéressant de connaître la réponse qui sera accordée par les autorités genevoises en réponse à sa demande dont on apprend qu’elle a été « déposée en février afin de pouvoir démolir la demeure centenaire, abattre les arbres et construire à la place deux maisons et une piscine. »

On sait nos défenseurs de la nature et du patrimoine très soucieux du sort d’arbres et de vestiges historiques. On les sait aussi défendre des droits humains, en l’occurrence, ceux de victimes de guerres. Enfin, de certaines guerres, soyons précis et rappelons-nous la réaction, citée ici, du directeur général de l’OMS, le Docteur Tedros.

Le sang versé de par ce monde n’a ni la même couleur ni la même valeur pour tous, depuis le temps qu’on en a conscience!

Cela n’empêche pas nos estimés spécialistes, invités de nos non moins estimés médias, de marteler journée faite combien la guerre en Ukraine est menée par un pays voisin dont on ne compte plus les termes qui le qualifient. C’est qu’on doit comprendre que certaines guerres sont plus assassines que d’autres.

Ainsi va le monde de l’information qu’il sonne le tocsin quand il le juge opportun.

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Leçon de géographie…

Avec tout le respect à porter aux reporters de guerre, comment l’un d’entre eux peut-il déclarer à la Tribune de Genève « Comme beaucoup, je pensais que la guerre allait se déclarer dans le Donbass. Je ne pensais pas que le conflit allait s’ouvrir aux portes de l’Europe.»?

Parce que le Sud-Est de l’Ukraine qu’est le Donbass ne se situe pas en Europe?

Non seulement le Donbass est plus qu’ « aux portes de l’Europe » mais il est en son coeur même! Et depuis 8 ans l’hémorragie dont il est victime a coûté la vie à quelques 13 à 14 mille personnes.

En quoi ce désastre humain ne serait-il pas « européen »? Il est à part entière du fait de l’échec de sa diplomatie.

Le non respect des accords de Minsk I et II a laissé un gouvernement détruire ses propres citoyens. Le non respect des accords de Minsk I et II a ruiné, exilé, blessé des centaines de milliers de personnes.

Parce que les Présidents Poroshenko et Zelenski qui se sont succédé au pouvoir ont mis en oeuvre un régime tellement démocratique qu’il a laissé tirer sur les siens.

Et ces dégâts humains et matériels ne seraient pas européens…

Va-t-on encore longtemps nier l’implication européenne dans ce conflit qui la secoue? Au seul motif que la Russie a ouvert les hostilités?

C’est commode de pointer l’autre, c’est journée faite que les médias s’y attachent.

Dans un si parfait respect de la déontologie qui leur incombe qu’il échappe de moins en moins aux esprits critiques.

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À propos…

Vous le savez, vous qui suivez ce blog, plusieurs entretiens ont été menés ici avec Jacques Baud, colonel d’Etat-major et ancien analyste stratégique, spécialiste du renseignement suisse.

Le plus récent de nos entretiens renvoie à un article qu’il a signé et qui a été publié sur le site du Centre Français de Recherche sur le Renseignement.

De fait, quelques unes de mes relations, après avoir consulté la page que Wikipedia a attribuée à Jacques Baud, ont décrété que je donnais la parole à un « complotiste ».

Or c’est précisément après avoir lu un article du journaliste Sylvain Besson qui mettait en doute les prises de position de Jacques Baud que je l’ai sollicité pour mener les divers entretiens que vous aurez peut-être découverts ici.

C’était le 8 septembre 2020.

L’éditeur de son dernier ouvrage, Poutine : maître du jeu ? a partagé deux interviews que je vous propose de visionner. Vous aurez ainsi de quoi vous faire votre propre idée sur les propos tenus par Jacques Baud et mesurer en quoi les sources qu’il cite seraient à qualifier de  « complotistes ».

Voici le lien à la première partie, la seconde est indiquée à sa suite.

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En Ethiopie, on meurt de faim, on meurt brûlé vif, où sont nos médias? Où, nos droits humains à défendre?

La Tribune de Genève, dans son « live » de ce 13 avril accorde une large place à la réaction du directeur général de l’OMS face au comportement qu’il observe en relation avec l’attention portée à ce qui se passe en Ukraine et ailleurs dans le monde. Je cite l’article:

«Toute l’attention portée à l’Ukraine est très importante bien sûr parce que cela a un impact sur le monde entier, mais pas même une fraction (de cette attention) n’est donnée au Tigré (la région de l’Éthiopie dont il est originaire, soumise à un blocus dévastateur ndlr), au Yémen, l’Afghanistan, la Syrie et tout le reste», s’est ému Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse.

«Il me faut être direct et honnête, le monde ne traite pas la race humaine de la même façon. Certains sont plus égaux que d’autres», a lancé le docteur Tedros, paraphrasant l’écrivain George Orwell.

Pareille intervention et à ce niveau institutionnel et international est salutaire. Et rejoint ce que pensent de nombreuses personnes qui, au risque de choquer, précisent-elles, éteignent leur téléviseur ou ne lisent plus les journaux, n’écoutent plus les stations de radio qui semblent oublier que la faim, la mort et les exactions ne tuent pas qu’en Ukraine.

Bien sûr, comparaison n’est pas raison! Mais juste rappel oblige face à tant d’hypocrisie au nom de soi-disantes « valeurs ». C’est journée faite que vous suivez l’actualité en Ukraine. Pendant tout ce temps-là, on meurt d’autant d’abominations ailleurs dans le monde. Dans une indifférence digne du plus grand bafouage de ces mêmes « droits humains » au nom desquels on se mobilise depuis de nombreuses semaines.

Et c’est ce même silence, cette même indifférence de la « communauté internationale » qui a entouré 8 ans de guerre dans le Donbass. 8 ans durant lesquels les Présidents ukrainiens successifs ont tiré sur leur propre peuple. 8 ans durant lesquels, ce seul fait n’a alerté aucune de ces âmes si généreuses qu’elles se hâtent de dénoncer désormais, « l’envahisseur », « l’agresseur » et d’appeler même à l’affamer, comme cela a pu être écrit en commentaire dans un grand quotidien français.

A se demander encore comment pareils standards sont applicables. Aider les uns, oublier les autres. Afficher sur son profil d’un quelconque réseau social les couleurs des uns, ignorer superbement celles de tant d’autres. De là à mesurer les ravages opérés par « l’information » sur les cerveaux et les coeurs pour les réduire à portion si congrue de réflexion et d’émotion, il n’y a même plus un pas, le pas est franchi.

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Ukraine, chronologie des faits, présence de bataillons néo-nazis, maternité de Marioupol, entretien avec Jacques Baud, auteur de « Poutine, maître du jeu? » aux éditions Max Milo.

– Jacques Baud, le 8 septembre 2020, choquée par un article du journaliste Sylvain Besson qui vous était dédié, je vous ai contacté et nous avons initié plusieurs séries d’entretiens ensemble.

Ce 14 mars, vous signez un article pour le Centre Français de Recherche sur le Renseignement – CFRR -, intitulé  « La situation militaire en Ukraine ». Votre propos s’articule en trois parties, « En route vers la guerre », « La guerre » et « Conclusions ». 

Je souhaiterais aborder avec vous trois sujets qui reviennent en boucle sur les réseaux sociaux:  la chronologie des faits qui ont amené à la décision prise le 24 février 2022,  la présence de bataillons néo-nazis en Ukraine et la controverse au sujet de la maternité de Marioupol.

Je rappelle que vous êtes, vous-même, Colonel d’Etat-Major, ancien du renseignement suisse.

-Jacques BAUD: Tout commence le 24 mars 2021. Ce jour-là, Volodymyr Zelensky promulgue un décret pour la reconquête de la Crimée et commence à déployer ses forces vers le Sud du pays. Simultanément, la conduite de plusieurs exercices de l’OTAN entre la mer Noire et la mer Baltique, accompagnés d’un accroissement important des vols de reconnaissance le long de la frontière russe. La Russie, teste alors la disponibilité opérationnelle de ses troupes lors d’exercices afin de montrer qu’elle suit l’évolution de la situation. Cette présence sera interprétée comme une préparation à une invasion. Mais même les Ukrainiens réfutent cette idée, et Oleksiy Reznikov, ministre de la Défense Ukrainien déclare qu’il n’y a pas de changement à sa frontière depuis le printemps. En octobre 2021, en violation des Accords de Minsk, l’Ukraine mène des opérations aériennes à l’aide de drones, contre un dépôt de carburant à Donetsk. Aucun pays occidental ne condamne ces violations.

En février 2022, la tension augmente. Le 7 février, lors de sa visite à Moscou Emmanuel Macron, réaffirme son attachement aux Accords de Minsk, qu’il répète le lendemain lors de sa visite à Volodymyr Zelensky. Mais le 11 février, à Berlin, la réunion des conseillers politiques des dirigeants du « format Normandie » s’achève, sans résultat concret : les Ukrainiens refusent encore et toujours d’appliquer les Accords de Minsk, sous la pression des États-Unis. Vladimir Poutine constate alors que Macron lui a fait des promesses en l’air : comme ils le font depuis 8 ans, les Occidentaux ne veulent pas faire appliquer les Accords, qu’ils ont signés comme membres du Conseil de Sécurité, et dont l’Allemagne et la France sont les garants.

Les préparatifs ukrainiens dans le Donbass continuent. Le Parlement russe s’alarme et, le 15 février, demande à Vladimir Poutine de reconnaître l’indépendance des Républiques, ce qu’il refuse. Le 17 février, le président Joe Biden annonce que la Russie va bientôt attaquer l’Ukraine. Comment le sait-il ? En fait, il sait que depuis le 16 janvier, le pilonnage des populations du Donbass augmente de manière dramatique. On dira plus tard, qu’il s’agit de désinformation russe.

Portant, les rapports journaliers des observateurs de l’OSCE notent cet accroissement brutal, mais ni nos médias, ni l’Union Européenne, ni l’OTAN, ni aucun gouvernement occidental ne réagit et n’intervient : l’Union Européenne et nos pays ont à dessein passé sous silence le massacre des populations du Donbass, sachant que cela provoquerait une intervention russe.

Simultanément, dans le Donbass, des saboteurs équipés de matériel occidental et parlant polonais sont interceptés alors qu’ils tentent un attentat contre des installations chimiques à Gorlivka. S’agit-il des mercenaires de la CIA, conduits ou « conseillés » par des Américains et composés de combattants ukrainiens et européens, pour mener des actions de sabotage dans le Donbass ? On ne le sait pas, mais ils participent à ce qui apparait chaque jour plus clairement comme la première phase d’une offensive ukrainienne majeure.

Dès le 16 février, le pilonnage des populations civiles du Donbass, mettent Vladimir Poutine devant un choix difficile : aider le Donbass militairement et créer un problème international ou rester sans rien faire et regarder les russophones du Donbass se faire écraser.

Le 21 février, il accède donc à la demande de la Douma et reconnaît l’indépendance des deux Républiques du Donbass. Dans la foulée, il signe avec elles des traités d’amitié et d’assistance, qui sont ratifiés par les Parlements des Républiques et de la Russie. Les bombardements de l’artillerie ukrainienne sur les populations du Donbass se poursuivent et, le 23 février, les deux Républiques demandent l’aide militaire de la Russie.

Le 24 février, Vladimir Poutine invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit l’entraide militaire dans le cadre d’une alliance défensive. En fait, la guerre a commencé le 16 février, c’est pourquoi Vladimir Poutine utilise le terme « opération » , car il s’agit de répondre à des hostilités qui ont déjà débuté. Nous disons qu’il a déclenché une « guerre », parce que nous cachons délibérément ce qui s’est passé avant qu’il prenne sa décision.

C’est également pourquoi, le fait de parler de « guerre » est considéré par la Russie comme de la désinformation : la légitimité de vouloir intervenir au profit d’une population bombardée, disparait si on cache les bombardements. Or, certains services de renseignements occidentaux savaient pertinemment que l’armée ukrainienne s’apprêtait à attaquer le Donbass dès 2021….

Pourquoi cette décision de Vladimir Poutine ?

Pratiquement tous les experts sérieux (y compris les services de renseignements allemands, américains et ukrainiens) s’accordent pour dire que Vladimir Poutine n’envisageait pas une intervention en Ukraine avant la mi-février 2022. Tout change – comme nous l’avons vu – avec le début des frappes sur les populations du Donbass. À ce stade, comme il l’explique dans son allocution  du 21 février, Vladimir Poutine sait que quelle que soit sa nature ou son ampleur, son opération déclenchera une pluie de sanctions : qu’elle soit limitée à une assistance à la défense du Donbass ou qu’elle aille plus loin pour atteindre des objectifs plus politiques, le prix à payer sera le même.

Dans son allocution du 24 février, Vladimir Poutine énonce ses deux objectifs : « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Il ne s’agit donc ni de s’emparer de l’Ukraine, ni même, vraisemblablement de l’occuper et certainement pas de la détruire.

L’objectif de « démilitarisation » consiste à neutraliser la menace militaire ukrainienne sur les populations du Donbass et de Crimée. Elle comprend destruction des infrastructures aériennes et de commandement dans la profondeur du territoire et la neutralisation des forces armées ukrainiennes massées au sud-est du pays. C’est bien parce que l’armée ukrainienne s’apprêtait à attaquer le Donbass qu’elle se trouve aujourd’hui totalement encerclée dans le sud du pays. C’est pourquoi la défense que l’on observe dans d’autres parties du pays, et qui est célébrée dans nos médias est aujourd’hui essentiellement portée par les paramilitaires.

L’objectif de « dénazification » vise à la neutralisation des milices paramilitaires de la Garde Nationale qui se sont rendues coupables d’une multitude de crimes contre les populations russophones depuis 2014. Aujourd’hui ces milices sont essentiellement opérationnelles dans les villes.

Les milices paramilitaires ont été intégrées dans les forces ukrainiennes en 2014. A ce stade, les jeunes ukrainiens ne sont plus motivés pour combattre leurs compatriotes russophones. Les jeunes refusent d’aller se faire recruter et préfèrent émigrer en Europe. L’état des forces ukrainiennes est déplorable. En novembre 2018, après 4 ans de guerre dans le Donbass, l’Ukraine avait perdu 4 619 militaires, parmi les quels, selon le procureur militaire ukrainien en chef Anatoly Matios, 2700 hommes hors des combats : 891 de maladies, 615 de suicides 318 d’accidents de la route, 228 de meurtres, 177 d’autres accidents, 175 d’empoisonnements (alcool, drogue), 172 de manipulations d’armes imprudentes, 101 d’infractions aux règles de sécurité.

C’est pourquoi, le gouvernement ukrainien a entrepris de compléter son armée par des paramilitaires. Ceux-ci sont composés de milices ultra-nationalistes venant de la partie occidentale de l’Ukraine (Lviv) sont plus combatives que le soldat ukrainien « moyen ». Elle représentent – selon Reuters – environ 102000 hommes. Parmi la multitude de groupes, le plus connu est le régiment AZOV. Soutenu, financé et armé par les Américains, le groupe a été impliqué dans les émeutes racistes de Charlottesville aux États-Unis en 2017. On est alors en plein mandat de Donald Trump et AZOV est interdit sur Facebook en raison de son discours de haine. Il est comme les autres milices paramilitaires ukrainiennes : violent, ultra-nationaliste, raciste et antisémite et le magazine Newsweek l’assimile à l’État Islamique. Mais aujourd’hui, selon nos médias, ces caractéristiques ne sont que de la propagande russe. C’est pourquoi, Facebook autorise à nouveau de le célébrer, ainsi qu’à assassiner des militaires russes.

Naturellement, les Occidentaux qui défendent des idées d’extrême droite et l’antisémitisme tentent de minimiser le caractère extrémiste de ces milices, qui inquiètent quand même Israël, qui vient de modifier sa politique d’asile à l’égard des Ukrainiens et leur réclame désormais un visa… Voilà pour nos belles valeurs européennes…

Car ces milices sont dangereuses, mais aussi dangereusement soutenues par nos médias et l’Occident en général. Largement composées d’étrangers, elles n’ont pas beaucoup d’empathie pour les populations civiles qu’elles sont censées défendre, d’autant plus que les populations de Marioupol, Odessa ou Kharkov sont essentiellement russophones. Autrement dit : de la chair à canon pour ces miliciens qui cherchent surtout à éviter d’être traduits devant la justice pour les crimes qu’ils ont commis. C’est la raison pour laquelle, ils passent à tabac les civils qui voudraient quitter Marioupol et refusent les couloirs humanitaires, en expliquant que ces couloirs mènent vers des territoires contrôlés par la Russie. Ce que nos médias ne nous disent pas est que les populations en question (qui devraient être) évacuées sont russophones et qu’il s’agit de les protéger de la vindicte des Ukrainiens.

Ainsi, le bombardement de la maternité de Marioupol le 9 mars a fait couler beaucoup d’encre. Ce que ne nous ont pas dit les médias, est que l’ambassade russe de l’ONU à New York avait informé le Conseil de Sécurité le 7 mars, que cette maternité avait été prise par la milice d’extrême droite Azov et que ses occupants civils avaient été chassés. Le lendemain, le média russe indépendant Lenta.ru avait rapporté que les civils et le personnel de l’hôpital avait été chassé à la pointe du fusil. Mais, personne en Europe n’a protesté. En revanche, nos médias ont naturellement soigneusement caché que l’hôpital était occupé par des milices, afin de clamer un crime de guerre. Voilà pour l’intégrité de ceux vivent du sang des autres…

Faire tomber un pluie de sanctions sur le peuple russe ne fait que mettre en évidence les crimes que nous n’avons pas sanctionnés et donc acceptés. Au 7 mars 2022, la Suisse était le pays qui avait le plus sanctionné la Russie, mais dont les diplomates corrompus ont laissé délibérément la guerre se développer dans le Donbass depuis 2014, ont refusé de condamner et de sanctionner les exactions contre les populations civiles du Donbass. Bref, on répète les mêmes erreurs qu’en 1936-1939 : c’est bon pour les carrières, mais pas pour l’honneur…

-Jacques Baud, merci beaucoup de ces éclairages importants au vu de la désinformation qui domine le paysage médiatique dans son large ensemble, hélas. Et puis, comme l’indique l’illustration de ce sujet, je signale que vous publiez, ce jour aux Editons Max Milo, « Poutine: maître du jeu ? »

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Lettre

Il ne s’agit d’aucune plainte. Il s’agit d’un constat.

Autant le dire vu les remarques auxquelles j’ai déjà eu droit sur un réseau social tandis qu’on me rappelait le sort de victimes de guerre. Merci, je l’ignorais. A tel point que je n’ai cessé de rappeler celui de milliers d’adultes et d’enfants dont nos médias se sont habilement arrangés pour, au mieux, les qualifier de « Pro-Russes », sinon de « rebelles ».

Je veux donc parler des victimes de la guerre du Donbass, guerre qui a ensanglanté huit ans durant le coeur même de l’Europe.

Alors, à l’heure où la guerre sévit en Ukraine, plutôt que de me laisser rappeler ces huit ans de souffrance, on a choisi de se passer d’une prise de position qui a toujours eu comme priorité l’humanisme.

Et qu’est-ce que l’humanisme?

Le contraire de la politique. Le contraire de l’idéologie. Le contraire de l’aveuglement partisan. Merci, dans ce sens, de prendre connaissance de la lettre que j’adresse aujourd’hui à la Directrice de l’institution publique de laquelle il a été question dans un précédent sujet de ce blog.

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                                                                                                                                                                             Genève, le 11 mars 2022

Madame,

Après avoir été invitée et désinvitée à la soirée que la Maison Rousseau de la littérature que vous dirigez a agendée au 5 avril prochain autour de la guerre en Ukraine et dans le cadre d’un cycle d’interventions consacrées à « Rousseau et la nature », ici, en l’occurrence, Rousseau et la guerre, je tiens à vous faire part de ma très grande déception.

Lorsque j’ai été contactée pour participer à cet événement, j’ai été profondément touchée mais tout autant surprise, vu le peu de visibilité que j’ai dans ma propre ville, dans mon propre canton et dans mon propre pays. Mais peut-être que le fait d’avoir été reconnue en tant qu’écrivain, en Russie, m’a mise en marge du milieu culturel suisse, romand et genevois.

En tous les cas, lorsqu’un ancien élu de la Ville de Genève, commente sous le sujet de blog que j’ai partagé sur un réseau social bien connu et dans lequel j’ai fait part de la triste mésaventure qui est arrivée avec ma désinvitation à votre soirée, lorsque cet ancien élu commente, « Autant inviter Poutine », pour me faire comprendre, ensuite, que j’étais sa digne représentante, on mesure non seulement le haut niveau de réflexion de la personne en question mais surtout, son aveuglement qui rejoint celui de tant d’autres.

Car oui, hélas, il est loin d’être le premier ni le seul à m’avoir d’emblée assimilée au Président russe et au Kremlin. Et je suis loin d’être la seule dans ce cas quand on sait que même l’Académicien Andreï Makine a été qualifié de « Poutinien à l’Académie » par BiblioObs, on réalise à quel point l’idéologie doublée du manque total de retenue et de recul s’est emparée de ce qui nous est présenté comme « élite » de nos sociétés.

Lors de cette table ronde du 5 avril prochain à laquelle je me réjouissais tant de participer, j’aurais rappelé ce qui s’est passé dans le Donbass et qui a été entouré de huit ans de silence médiatique. J’aurais déploré le mélange de genres qui assimile toute personne amie de la Russie à une inféodée de son Président. J’aurais déploré la propagande occidentale déployée à l’encontre de la Russie.

Et je sais de quoi je parle puisque je me suis retrouvée figurer en bonne place dans l’ouvrage intitulé « Les réseaux du Kremlin en France » qu’a signé une Universitaire encore invitée récente du 20 heures de TF1. C’est dire la qualité des hôtes que l’on accueille tandis que cette femme a été reconnue coupable de diffamation à l’encontre de l’une des six parties civiles dont j’ai été, dans le cadre d’un procès qui s’est tenu en mars 2019 au Tribunal de Grande Instance de Paris et dont je jugement a été confirmé en appel l’an dernier.

Madame, il est désormais devenu à peu près sinon carrément impossible de parler de la Russie sans, immédiatement, être affilié à son Président ou au Kremlin. Il se trouve que l’essentiel de mon parcours littéraire s’est développé dans ce pays où mes six recueils de nouvelles ont été traduits en russe et publiés en édition bilingue. Il se trouve que mes livres ont rencontré un intérêt et un goût que l’Italie et la Géorgie ont, elles aussi partagés, tandis que la Suisse s’est arrêtée aux seuls deux premiers recueils de nouvelles.

Tout cela pour vous dire qu’en tant qu’écrivain, j’aurais été heureuse de participer à votre soirée. Mais pour me retirer du panel sélectionné, a été mentionné mon « rapport personnel à la Russie ». Je n’ai toujours pas compris le sens de cet argument. Pour votre information, j’ai mené des études de russe à l’Université de Genève, j’ai séjourné comme étudiante à Moscou et à Léningrad, donc du temps de l’ex-URSS et j’ai découvert la Fédération de Russie en 2004 par mon premier recueil de nouvelles traduit en russe, « Nouvelles de personne ».

Et puis, en 2012, sur le blog neuf ans durant hébergé par la Tribune de Genève, j’ai commencé à parler de la Russie. Le modérateur de l’époque m’y avait invitée dès 2010 et j’avais répondu que non, je n’étais pas en mesure de m’exprimer sur un pays que je ne connaissais pas encore assez. Ce sont donc mes nombreux séjours dus aux invitations qui m’ont été adressées en tant qu’écrivain et que le Département Fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) a soutenues au plan financier, que j’ai affiné ma perception de la Fédération de Russie.

Vous avez décidé de vous passer de ma parole, libre à vous. Libre à moi aussi de vous faire part de ma grande amertume et de la partager sur mon blog où, dans un premier temps, j’ai caché le nom de votre institution. Mais comme, souvent, on a pensé qu’il s’agissait d’un média, je pense utile de préciser que non, il est question d’un lieu public, emblématique de la Ville et qui accueille des activités culturelles en lien avec Rousseau.

Croyez, Madame, à l’expression de mes sentiments amers,

Hélène Richard-Favre

 

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Donbass, des hôpitaux bombardés il y a 7 ans. Le mal n’a pas le même sens pour nos médias

Des pages et des pages sont à remplir sur la manière de plier les opinions à la seule qui doit dominer. Combien d’entre nous ne s’y sont pas déjà employés et sans relâche?

On découvre, ce jour, ce qui choque. Ce qui doit choquer. Une maternité bombardée.

Inutile d’en rajouter, chacune et chacun mesure en son for intérieur ce que représente pareille attaque. Dans ce sens, j’imagine combien parents et proches de victimes de telles catastrophes auraient été heureux que l’on considère leur douleur, il y a 7 ans.

Oui, il y a 7 ans, déjà. Dans ce Donbass dont tant de nos compatriotes découvrent soudain l’existence.

Qui aurait pu la connaître, l’existence de cette région située au coeur de l’Europe alors que nos médias observaient une telle retenue, une telle réserve à en traiter quand ils en traitaient?

Il y a 7 ans déjà, des bombardements visaient des hôpitaux du Donbass.  Msf avait communiqué à cet effet.

La douleur des uns face à la douleur des autres, vaste sujet qui ne date ni d’hier ni d’aujourd’hui, hélas! Parce que le mal, parce que la mort, infligée et subie, n’as pas le même sens ici ou là.

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Guerre en Ukraine, la curée, valeur refuge de l’Occident

On a pressé la cantatrice Anna Netrebko de se positionner dans le cadre de la guerre en Ukraine. Faute d’avoir déclaré son hostilité à son Président, elle quitte le Met.

Sur le site Diapason, elle estime « pas juste de forcer les artistes, ou toute autre personnalité, à exprimer leurs opinions politiques en public et à dénoncer leur patrie, précise-t-elle. Cela devrait être un choix libre. Comme beaucoup de mes collègues, je ne suis pas une personne politique. Je ne suis pas un expert en politique. Je suis un artiste et mon but est d’unir les gens au-delà des clivages politiques. »

Et sur le site de France 24 on lit ceci:

« Ne s’étant pas conformée aux conditions du Met pour qu’elle répudie son soutien officiel à Vladimir Poutine qui fait la guerre en Ukraine, la soprano Anna Netrebko s’est retirée de ses concerts à venir au Met pour +Turandot+ de Puccini en avril et mai ainsi que pour +Don Carlos+ de Verdi à la prochaine saison », a indiqué l’Opéra dans un communiqué, ajoutant que la soprano ukrainienne Liudmyla Monastyrska la remplacerait pour l’opéra « Turandot ».

Sacré choix que celui de remplacer une cantatrice russe par une cantatrice ukrainienne… à peine politique, très culturel sans doute…

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Continuer de parler d’une guerre qui clive…

Aucune guerre n’est propre, aucune guerre ne se livre sans que ne coule le sang, sans que l’exil ne s’y ajoute, sans que la destruction massive ne s’en mêle. Ces évidences rappelées, je remercie toutes celles et ceux qui ont su saisir le sens de mon approche.

Elle n’est pas de soutenir un camp pour en rejeter un autre. Elle est de refuser la diabolisation de la Russie.

Elle est d’afficher mon amour de ce pays qui n’a pas changé d’un iota depuis l’âge de 15 ans où l’envie d’en apprendre la langue m’a déterminée à m’inscrire à la faculté des Lettres de l’Université de Genève pour en étudier la culture et l’Histoire.

C’était en 1972, oui, je suis consciente de me répéter et c’est à dessein que je m’y emploie.

Parce que le zèle avec lequel la plus grande partie de nos élites politico-médiatico-intellectuelles se positionne pour soutenir un pays contre l’autre, en l’occurrence, l’Ukraine contre la Russie, relève du parti pris quand ce n’est pas de l’ignorance ou de la malhonnêteté.

Car j’aimerais qu’on m’explique comment des victimes du nazisme peuvent fermer les yeux sur le fait que l’une des principales artères de Kiev ait été rebaptisée en 2016 du nom de Stepan Bandera. Savez-vous qui est cet homme? A en croire le quotidien 20 minutes, François Asselineau l’aurait expliqué.

Et alors, le journal de se fendre d’un appel à la prudence… A chacune et à chacun de vous d’en conclure ce qui vous convient d’autant de contorsions pour nous faire passer une réalité qui, comment dire, ne devrait pas déranger plus que cela.

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La haine conjuguée à l’ignorance

Qu’un Conseiller d’Etat de mon canton, Genève,  publie ses appréciations personnelles des actions du Président d’un pays sans mieux s’informer en dit long sur le devoir de réserve qui semble devoir incomber à un représentant de l’Autorité cantonale!

Par respect envers lui, je ne citerai pas son nom. Mais j’ajouterai qu’à sa place, je m’abstiendrais.

Car, pour rappel, Genève et la Suisse ont abrité, abritent peut-être encore, un homme qui s’est vanté dans les colonnes qui lui ont été grandes ouvertes de la Tribune de Genève du 1er juin 2014, de financer, en Ukraine, des bataillons dont je préfère taire le nom aussi.

Cet homme, oligarque qui nous a appris disposer de trois passeports, a été, l’est-il encore, au bénéfice d’un forfait fiscal.

Argent propre, argent sale, le Parti socialiste qui veut créer une « task force pour enquêter sur les oligarques », russes s’entend puisque ce désir s’inscrit dans le cadre de « Sanctions contre la Russie », ce Parti nous en dira plus s’il daigne se tourner vers les agissements si honorables de cet encore actuel ou ancien résident fiscal financier de bataillons en Ukraine.

Quant à la salade russe au sujet de laquelle on se précipite d’assurer les consommateurs et consommatrices qu’elle se fabrique bel et bien en Suisse et non dans cette Fédération de Russie désormais honnie et bannie par autant de savants juges et censeurs omniscients, je vous laisse évaluer le niveau de la communication!

Oui, j’aime la Russie. Et je ne me lasserai pas de le répéter autant de fois que je lirai et entendrai la haine qui lui est vouée.