Jupiter
Après la colonisation de l’Algérie dénoncée comme crime contre l’humanité par Emmanuel Macron alors encore candidat à l’élection présidentielle, voici que, devenu Président, il s’inscrit dans la ligne de trois de ses prédécesseurs pour énoncer avec force que la France a été responsable de la rafle du Vel d’Hiv.
Réduire la France à Vichy et à son gouvernement est un choix, approuvé ou rejeté, c’est selon. Il n’en demeure pas moins vrai que nombre de Françaises et de Français ne se sont jamais reconnus dans la France brune.
Et pour autant de ces Françaises et de ces Français, entendre que leur pays aurait été responsable d’actes contre lesquels ils ont lutté de toutes leurs forces et le plus souvent aussi au péril de leur vie, pour autant d’elles et d’eux toutes et tous, entendre pareils propos de la part de celui qui préside leur pays, heurte.
Mais s’il s’agit, pour Monsieur le Président, de dire combien la France est à blâmer, alors on ne peut que lui souhaiter de se hâter de la condamner encore pour d’autres agressions commises envers des pays qui n’en avaient pas demandé tant.
Cependant voilà, ces pays attaqués le sont pour d’évidentes et bonnes raisons, celles qui nous sont rabâchées journée faite, celles de droits humains bafoués. Et dans ce cas, on est en devoir de voler au secours d’autant de victimes.
La France de février 2003 est bien loin de nous, qui refusait de suivre la va-t-en guerre et toujours existante et si bien nommée coalition internationale.
La France de mai 2017 a élu son Président, à défaut, Jupiter…
société
Le JDD publie, en exclusivité, un article à l’intitulé attractif: Emmanuel Macron: « Ce que j’ai dit à Donald Trump ».
En réalité, le contenu de l’article va au-delà de ce qu’aurait dit le Président français à son homologue américain, ce qui ne manque pas d’intérêt.
Cela étant, c’est bien de vouloir redonner une place à la France au sein de la communauté internationale. C’est également bien de chercher à rendre Paris attractif en s’affichant entre amis ici et là dans la capitale française.
Mais qu’en pensent autant de concitoyen(ne)s qui luttent pour assurer une existence digne de ce nom? Celles et ceux qui, telle cette femme ne serait rien?
Et il y a aussi l’Afrique pour laquelle Emmanuel Macron a estimé inutile de dépenser des milliards d’euros dans des pays qui ont encore sept à huit enfants par femme.
Autant de propos qui ne passent pas forcément auprès des concerné(e)s et auxquels, s’agissant de l’Afrique, réponse a été apportée ici.
Alors, oui, dialoguer avec les chefs d’Etats c’est bien. Mais mobiliser pour agir ici et là exige que l’on considère les peuples.
Laissons une chance au Président français, entend-on ou lit-on souvent. Bien sûr que c’est dans l’intérêt de toutes et de tous mais dans le sien tout autant de tempérer ses élans sélectifs.
L’activité qui se déploie sur les réseaux sociaux ne laisse pas les médias indifférents. L’actualité qui s’y commente, les réactions aux articles ou émissions de radio et de télévision qui s’y publient, tout cela est suivi d’assez près par tel(le) ou tel(le) préposé(e) desdits médias à en rendre compte.
Or ce qui résulte d’autant d’observations peut se révéler, parfois, contradictoire.
En l’occurrence et s’agissant du comportement d’Emmanuel Macron, on trouve une analyse qui, confrontée à une autre, risque de compliquer d’autant le regard à porter, non seulement sur celles et ceux qualifiés de souverainistes voire d’identitaires, mais sur le Chef de l’Etat français lui-même.
Il est vrai qu’il n’a pas manqué de préciser que s’il avait refusé d’accorder l’interview devenue apparemment traditionnelle du 14 juillet, c’était parce qu’il était doté d’une pensée trop complexe.
Dans ce cas, il est concevable que les journalistes ne s’y retrouvent plus vraiment qui le comparent, pour certains, à Vladimir Poutine pour en même temps (sic) estimer les souverainistes qui s’alignent sur le Président russe, essuyer un nouveau revers tandis qu’Emmanuel Macron aurait invité Donald Trump aux célébrations de ce 14 juillet.
On pourrait croire qu’ils se soient donné le mot, que la rédaction de l’une ait copié sinon singé celle de l’autre mais le sujet à traiter l’a sans doute voulu ainsi.
Ce 11 juillet, en effet, au 19h30 de la Radio Télévision Suisse et au 20 heures de France2, les mêmes propos, les mêmes images ou peu s’en faut, commentent et illustrent une même situation en relation avec l’environnement.
Ce 11 juillet au soir donc, les deux chaînes publiques de télévision suisse et française ont évoqué la disparition d’espèces animales.
Mais, à la différence de France2, la veille, la RTS consacrait une partie de son JT à un autre aspect de la problématique écologique, celui des cargos et autres paquebots de croisière.
A lire, par ailleurs, cet article qui est inspiré d’un autre bien plus complet publié par le New York Magazine, les reflets donnés de la situation par les chaînes publiques de télévision suisse et française font pâle figure.
Autant dire que si l’on estime le réchauffement climatique être une légende, ce qui en est livré au public, tant anglophone que francophone par les sources diverses citées plus haut a de quoi l’abuser sinon le bluffer.
Alors, qui et que croire?
On a vu, ici, comment s’exerçait la justice envers cette jeune fille qui a fait une fausse couche après avoir été violée, on lit ci-après, pour qui ne s’en rappellerait pas, comment 1’400 fillettes ont pu être violées, torturées dans le nord de l’Angleterre sans que la justice n’ait à aucun moment été saisie.
Et cela, pas de manière occasionnelle ou fortuite, non, juste 16 ans durant.
Autant dire qu’entre l’intégrisme catholique qui condamne une fausse couche en l’assimilant à un avortement et la doctrine politique à l’oeuvre contre le racisme, on a de quoi méditer.
Car c’est bien au-delà de considérations à livrer sur les femmes et les hommes que ces situations nous amènent.
C’est au constat à établir de dérives religieuses et idéologiques criminelles.
Au nom de dogmes, aussi bien au Salvador qu’en Angleterre, c’est le coeur même de la vie qu’on brise.
Dire de l’immigration qu’elle pose problème aux pays vers lesquels elle se dirige est un peu enfoncer une porte ouverte. Et pourtant, ce sujet sensible s’il en est nous concerne toutes et tous.
Quelles que soit les pratiques ou les politiques mises en place par rapport à ce phénomène dit migratoire, elles seront discutées sinon discutables voire contestées et contestables, ce qui montre qu’aucune solution idéale n’existe.
Ce sont là, certes, des lapalissades mais notre réalité quasi quotidienne, tant il ne se passe de jour sans que l’on n’apprenne combien de morts la Méditerranée a encore engloutis ou combien de campements se sont installés ou ont été évacués ici et là.
Il y a toujours des explications à ces exodes. Politiques, économiques ou autres, elles s’énoncent et se justifient pour autant que le temps soit donné de les examiner, ce qui n’est pas toujours le cas, faute de moyens ou d’attention disponibles.
Et l’on peut à l’envi invoquer charité et autre honneur à rendre à l’humanité bafouée, ces seuls appels au coeur ne peuvent être tous pris en considération par les autorités chargées d’évaluer la situation d’autant de personnes meurtries.
Les contingences socio-économiques des pays d’accueil répondent, en effet, à d’autres critères qui ne peuvent être gommés. Ce sont eux qui décident, en fin de compte, pour le meilleur ou pour le pire des un(e)s et des autres.
Mais ce qui semble bel et bien faire problème est l’afflux incessant de migrants et la force conséquente qui s’exerce de part et d’autres des candidats à l’asile et des pays qui les refoulent.
Pour info, ce site et cet autre qui renseignent sur l’origine des immigrés.
A l’initiative de l’imam Hassen Chalghoumi, une marche contre le terrorisme a été organisée, qui réunit de nombreux imams d’Europe.
Elle ne va pas s’effectuer à pied mais en bus et suivre un trajet bien précis qui rassemble plusieurs lieux frappés par le massacre fanatique d’innocents.
L’idée suscite, évidemment, la controverse.
Pourtant, elle n’est pas aussi évidente et n’a pas rassemblé forcément l’ensemble des musulmans. Or, on a souvent entendu ou lu cet appel à ce que des musulmans se mobilisent contre DAESH.
Voici qui est fait et qui mérite d’être considéré tant il est toujours bien plus aisé de critiquer et de rejeter de manière systématique toute entreprise au nom de je ne sais trop quelle posture.
Ce n’est pas parce qu’on rejette une religion sinon toute religion quelle qu’elle soit qu’il ne faut pas considérer ce qui se passe au sein de l’une d’entre elles. Et ce d’autant que l’islam compte 1,6 milliards de fidèles dans le monde.
Pour en savoir davantage, voici.
Dans le précédent sujet de ce blog, a été évoqué le cas de cette jeune femme condamnée à 30 ans de prison par la justice du Salvador pour avoir fait une fausse couche après avoir été victime de viol.
L’aimable commentateur d’un réseau social m’ayant demandé quelles étaient mes sources et si j’avais eu accès au dossier pénal, au-delà du fait que l’information ait été relayée par nombre de médias mais que son sens critique avait sans doute besoin de s’exercer, voici qui pourra, peut-être, l’intéresser.
Cela dit, concours de circonstances ou hasard d’agenda, ce 8 juillet au soir, la RTS consacre une partie de son journal du soir à ce qui est appelé deuil périnatal.
Ici, certes, pas de viol et encore moins de condamnation mais deux situations qui ont en commun la mort d’un enfant.
Deux situation aux conséquences particulièrement douloureuses mais bien diversement traitées…
Tandis que le monde a les yeux braqués sur Hambourg où se réunit le G20 et que l’on guette tel ou tel signe qui permettrait de décrypter la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le Salvador condamne à 30 ans de prison une jeune fille qui a été violée et a, par la suite, fait une fausse couche.
Bien sûr que le sort de cette innocente n’a strictement rien à voir avec la politique internationale et donc, ne devrait, peut-être pas même être mis en relation avec une rencontre de puissants.
Et pourtant, évoquer ensemble ces deux événements que rien, a priori, ne permet de mettre en relation l’un avec l’autre, n’est qu’une manière de rendre un écho du monde tel qu’il va ici et là, en l’occurrence, à Hambourg et au Salvador.
Que la justice d’un pays soit capable de condamner pour homicide une jeune femme qui a fait une fausse couche après avoir été violée par un gangster est révélateur d’une humanité qui a encore de quoi s’interroger sur elle-même.
Tout autant, cette même humanité reste-t-elle suspendue au sort que leur réserveront des puissants barricadés -ou peu s’en faut- pour s’épargner la violence d’agitateurs contestataires.
L’affaire date de février dernier mais vaut qu’on y revienne, ne serait-ce que pour rappeler combien la controverse avait été vive et comment elle ne peut tout simplement être reléguée aux oubliettes.
Elle concerne les propos qu’avait tenus, en Algérie, le candidat désormais devenu Président de la République française.
Si, pour certains, il s’était tout simplement essuyé les pieds sur l’Histoire, pour d’autres au contraire, il avait été salué pour son courage d’avoir su l’affronter sans masque.
Que chacune et chacun ait sa version de l’Histoire n’est pas une nouveauté tant on sait comment le point de vue crée le plus souvent l’objet.
Voici donc cette lettre ouverte que l’africaniste Bernard Lugan avait adressée à Emmanuel Macron alors candidat à la présidentielle française et dans le même temps, ce qu’on pouvait lire sur le sujet.
Autant dire que lorsque l’on se retrouve face à deux perceptions aussi opposées de l’Histoire et du rôle qu’a pu jouer, en l’occurrence la France en Algérie, rêver d’avenir radieux sinon d’identité heureuse, a de fortes chances de demeurer voeu pieux.
