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Culture, Politique, société, Voix

Puissance de la littérature, évocation….

Vous qui suivez ce blog, vous le savez souvent consacré à l’actualité et, en particulier, à la manière dont nos médias en rendent compte.

Et si la Russie y tient une bonne place, c’est tout simplement du fait que, par ma formation en langue et littérature russe et en analyse de discours politique,  je suis évidemment sensible à ce qui s’énonce sur elle.

Aucun militantisme quelconque n’est donc à voir dans mes prises de position.

D’ailleurs durant mes études menées encore du temps de l’Union Soviétique, déjà les remarques fusaient! « Etudier le russe, quelle idée… » Ou, lors d’un de mes retours d’URSS, on me demandait ce que j’avais pu y voir, ce qu’il y avait à y faire car vraiment, « question shopping… »

Cela ne s’invente pas, cela se vit.

Et puis, il y avait celles et ceux qui narguaient, provoquaient du haut de leur suffisance ou sans doute de ce qu’elles et ils estimaient relever d’un savoir que dominait, en réalité, un profond mépris.

Et c’est exactement ce qu’on retrouve aujourd’hui lorsqu’il est question de « la Russie de Poutine ».

Ce sont autant de ces a priori qui me font réagir ici. Car ils témoignent d’une absence de curiosité ou d’intérêt quelconque pour un pays au sujet duquel on se satisfait de mêmes formules ressassées, de mêmes clichés et de mêmes poncifs.

Ce qui est à l’origine de mon attirance pour la Russie, c’est sa littérature.

Et que mon oeuvre littéraire soit traduite en russe et publiée depuis plus de 15 ans à Moscou en édition bilingue russe-français, tient du plus beau concours de circonstances qui soit. Parce que l’amour que je porte à la Russie, ce sont ses écrivains qui me l’ont transmis.

Et aujourd’hui, c’est de ceux qui nous sont contemporains que je souhaite partager avec vous les sept romans que recommande le site Russia Beyond.

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

Alapajevsk, son considérable effort de guerre et sa très large contribution à la Victoire de 1945

Nous poursuivons notre entretien avec Denis Kleshev qui, après avoir évoqué, ici, quelques éléments importants du passé historique, politique, culturel et industriel d’Alapajevsk où il réside, nous apprend à quel point l’effort de guerre de la ville a été considérable.

Denis KLESCHEV: -Dans l’arrière-pays russe, il y a une vision de la grande histoire.

La petite ville d’Alapjaevsk a énormément contribué à la Victoire 1945. Sur les 20 des milliers de combattants d’Alapajevsk, 21 sont devenus  héros de l’Union soviétique. C’est un cas unique, peut-être, pour toute la Russie.

-Voulez-vous dire que sur les 20’000 combattants d’Alapajevsk, 21 sont devenus héros de l’Union soviétique, ce qui équivaut à 1 sur 1000?

-Oui, Hélène, environ 1 héros pour 1000 soldats.  Au total, dans l’armée soviétique pour 1941-1945, il y avait 14’411 héros pour 34,5 millions de soldats. C’est-à-dire que la valeur moyenne de l’URSS est d’environ 1 héros pour 2’500 soldats. Il s’avère que dans la petite ville d’Alapajevsk, la densité statistique est 2,5 fois supérieure à la moyenne de l’Union Soviétique.

Il en va de même pour les travailleurs de l’arrière. Dans la région de Sverdlovsk, la médaille pour la prouesse du travail 1941-1945 a été reçue par environ 11’000 personnes. Le District d’Alapajev compte 6 000 personnes. C’est-à-dire que près de la moitié des travailleurs distingués dans la région étaient Alapajevtsy.

Il est un peu dommage que la ville d’Alapaevsk ne figure pas dans la liste officielle des « Villes de la valeur du travail ». Ekaterinbourg et Nizhny Tagil oui mais pas Alapajevsk car, de nos jours, l’usine métallurgique est détruite. Mais je postulerai toujours pour le titre d’Alapajevsk – la ville de la prouesse du travail (en 2021).

Un vétéran a rappelé que le taux quotidien de billettes pour une équipe de deux personnes était de 12 mètres cubes de bois, qui devait être scié, fendu, tiré à l’entrepôt par des dérives de neige. Travail infernal sans jours de congé pendant l’hiver froid! Souvent, les pieds gelés (chaussures chaudes envoyées à l’avant).

Je suis convaincu que l’homme moderne ne comprend tout simplement pas ce que c’était la guerre et comment les gens ont travaillé dur pour gagner. Entre 60 et 80% des travailleurs des usines étaient des filles de 14 à 18 ans. Tous les adolescents de 12 ans avaient des livres de travail et travaillaient. Maintenant, en regardant les jeunes, je ne peux pas l’imaginer

-Merci, Denis de ce que vous nous apprenez de la contribution d’Alapajevsk à ce que la Russie appelle la grande guerre patriotique.

Dans le prochain sujet de ce blog, vous nous direz ce qui a lié Alapajevsk à l’Ukraine…

Culture, Histoire, Politique, Voix

A un ami qui m’associe à un de ses posts sur la prise de Berlin.

Cher ami,

Je te pensais au-dessus de ce genre de posts qui ne font qu’alimenter des polémiques. Mais bon, puisque tu y tiens et mieux, que tu m’identifies à ta nouvelle publication adressée à l’une de tes relations Facebook que tu me prétends « soutenir », voici.

En premier lieu, je constate que tu déformes tes propres propos.  Dans ton post initial, en effet, tu as écrit:

« Plus d’un million de femmes allemandes entre 8 et 68 ans violées sauvagement à la libération, souvent par des groupes entiers de soldats, russes, anglais, américains, français …. » Et voici que dans celui-ci, le « plus d’un million » devient « des millions ».

Ensuite, j’observe la sélection que tu as opérée de nos échanges que tu proposais de poursuivre autour d’un café.

En d’autres termes, je découvre que le seul fait d’avoir cliqué « j’aime » sous le commentaire de ta relation Facebook et de t’avoir informé du sujet de blog que j’ai publié  allant « un peu dans le sens de la remarque faite par » cette dite relation me vaut d’avoir été identifiée dans la réponse que tu lui adresses.

Qu’à cela ne tienne, pour ton information et puisque tu mentionnes le CICR, figure-toi que j’ai parlé de nos échanges précisément avec une personne de cette vénérable institutions. Autant dire qu’elle sait ce qu’est une guerre, non seulement par son travail mais aussi et surtout pour avoir elle-même subi la guerre.

Sa réaction, lorsque je lui ai fait part des échanges qui ont suivi ton post évoquant les viols commis sur les Allemandes va dans le sens exact des commentaires que tu critiques. Donc que des traités soient signés pour condamner le viol comme tu le signales est une très bonne chose.

Hélas, la réalité en est une tout autre et nettement moins réjouissante.

Je me suis exprimée sur la violence qui est faite à mes semblables tout comme celle qui vise autant d’hommes, eux aussi violés en temps de guerre, je l’ai aussi mentionné dans un de mes commentaires sous ton post.

Quant à ce qui s’est passé après la prise de Berlin, je ne t’ai pas attendu pour le savoir.

Et je l’ai écrit dans une de mes réponses à ton post en citant cet homme de mes amis qui, comme toi avait vu le documentaire d’ARTE, saluait la prise de Berlin tandis que ma réaction a été de lui rappeler les viols qui y avaient été commis.

Tout cela figure en commentaires sous ton post initial.

Tu as, pour ta part, estimé préférable de m’associer à une démarche qui, de l’ensemble des échanges qui ont suivi ta publication, n’en retient qu’une très infime partie.

C’est ton choix, il est sélectif.

Mais il risque de trouver bon accueil au vu du contexte de #metoo -que tu as aussi cité- et de Russie dont on ne sait plus qu’inventer pour ramener le rôle durant la seconde guerre mondiale à portion congrue sinon négligeable voire encore mieux ici, barbare.

Bien à toi et, comme dirait un habitué de ce blog qui se reconnaîtra, « sans autre ».

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

Ce 9 mai, mémoire éternelle pour 27 millions de Soviétiques

En ce 9 mai, jour où est célébrée la Victoire en Russie mais aussi dans les anciennes républiques soviétiques, mes pensées vont à autant des leurs disparus.

Ce sont 27 millions de morts qu’a compté l’ex URSS.

Ces millions de morts, au fil du temps et d’une certaine réécriture de l’Histoire, sont de plus en plus négligés.

Et comme désormais la voix des femmes se fait de plus en plus entendre, ce sont autant de viols que les Allemandes ont subis après la prise de Berlin que certains documentaires mettent en avant.

A juste titre, bien sûr.

Mais on apprend, par exemple, que les Soviétiques auraient été plus nombreux que les autres à se jeter sur les femmes allemandes.

C’est le journal « 24 heures », ce même journal dont a été prise en capture d’écran la photo qui illustre ce sujet, qui écrit qu’ une historienne a réussi à tordre le cou à une légende: celle du violeur russe.

«C’est une image véhiculée pendant la guerre froide par la propagande occidentale contre l’Union soviétique», dit-elle. Or, selon elle, sur les 860 000 viols perpétrés par les «libérateurs», 500 000 ont été commis par les soldats de l’Armée rouge mais aussi 190 000 par les Américains, 50 000 par les Français et 30 000 par les Britanniques. «J’ai été surprise par l’ampleur des viols commis par les Occidentaux», lâche-t-elle.

Cela dit, il devient presque impossible de parler des uns et des autres de ces pays dont les soldats se sont entre-tués sans passer pour pro-tel ou anti-tel.

Or ce qu’on commémore avant tout est le sacrifice d’êtres humains desquels l’avis n’avait pas forcément été demandé de se retrouver dans la boucherie qu’est toute guerre. Paix à leur âme.

Culture, société

Les prévisions météo, du temps soviétique et sur un air de Marie Laforêt

Suite au décès de Marie Laforêt et parmi les nombreux articles qui ont été publiés avec vidéos à l’appui, il en est deux que je souhaite partager avec vous.
L’un des deux a été porté à ma connaissance par un ami qui se reconnaîtra et que je remercie vivement tant les documents sont de véritables pièces d’archive.
Le premier rend compte des prévisions météo de la télévision soviétique données sur l’air de « Manchester et Liverpool », chanson bien connue de Marie Laforêt. 
La presse russe, qui a évoqué la mort de l’artiste, n’a pas manqué de rappeler comment avait été utilisée l’une de ses chansons comme fond musical des prévisions météorologiques. 
Au-delà du fait, on profitera aussi de l’occasion pour relever comment les rues de Moscou, pour ne citer que cette grande capitale, apparaissaient à l’époque. Je l’ai personnellement connue, cette époque et oui, les rues étaient bel et bien ainsi.
On y découvrira aussi d’autres capitales des anciennes républiques socialistes soviétiques, Kiev par exemple. Temps révolu comme on le sait, avec des conséquences aussi complexes que douloureuses.
L’autre vidéo que je tiens également à partager ici est cet interview que Marie-laforêt avait accordée à l’ancienne TSR, devenue Radio Télévision suisse (RTS).
Retrouver pareils instants télévisuels plonge dans des univers pourtant pas si lointains qu’ils devraient nous paraître à ce point étrangers…

Histoire, Politique

Une approche de la nausée

Pour vous détendre un peu, je vous propose comme lecture ce sujet de blog qu’au hasard d’internet, je viens de découvrir.

Vous y prendrez connaissance de la prose d’un de mes commentateurs. De longue date, ses interventions sur mon blog sont connues de qui le lit.

Son propre blog, par contre, l’est peut-être moins, raison pour laquelle je vous invite à y jeter un oeil.

Vous y trouverez son approche de la nausée. Autant le dire d’emblée, on est assez loin de celle de Sartre. N’est pas philosophe qui veut.

Quoi qu’il en soit, remercions celui qui, sur son propre blog aussi, se présente comme « Déblogueur ».

Par sa contribution, en effet, l’Histoire retrouve toute sa dimension. Pour le reste, souhaitons-lui un bon rétablissement!

Culture

A 15 ans …

Hier soir, dans le cadre du Journal de 20 heures de TF1, Gilles Bouleau a consacré un sujet à ce que diverses personnalités vivaient ou avaient vécu à l’âge de 20 ans.

On y découvre aussi quelques personnes interrogées dans la rue.

Pour ce qui me concerne, à 20 ans, je découvrais Moscou, la Place Rouge, l’ex-URSS, les jardins d’enfants, les usines, les musées, la vie menée par autant de citoyennes et de citoyens soviétiques.

J’effectuais un séjour linguistique dans le cadre de mes études de russe.

A cette époque, les immenses avenues moscovites étaient à peu près vides sauf de rares voitures qui y circulaient.

Tout comme étaient à peu près vides aussi, les rayonnages de l’impressionnant magasin ГУМ, GUM, en caractères latins.
Que de changements depuis lors, en bien ou pas, ils sont là.

A 20 ans, découvrir Moscou, comment vous dire, c’est le résultat d’un amour qui m’a saisie à l’âge de 15 ans pour la Russie et qui ne m’a plus jamais quittée.

Cet amour, il est né à travers la littérature et la musique.

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

« Back in URSS »

Dans cet ouvrage, composé de 28 chapitres qui s’articulent en quatre parties, Ira de Puiff ne vise pas l’exhaustivité. Elle y évoque la Russie des siens, celle de son enfance et de sa jeunesse.

Vu ainsi de l’intérieur, sans prétention ni complaisance, son pays d’origine se révèle bien au-delà des habituels clichés dont ne nous épargnent pas même nombre de spécialistes.

A travers son récit, Ira de Puiff livre un témoignage personnel.

Poignant, parfois, il donne au lecteur de découvrir nombre d’aspects de la vie quotidienne soviétique et postsoviétique.

Le récit du putsch de Moscou, en août 1991 y est raconté tel que l’a connu Ira, de même que les bouleversements qui ont touché ses compatriotes.

Back in URSS a été publié une première fois en France en 2011.

Histoire, Politique

#pasdamalgame

On connaît la formule surtout depuis que l’Etat Islamique ou Daesch ou Isis ou tout autre groupement terroriste frappent au nom de l’Islam.
Mais pasdamalgame aurait-il soudain vocation à se limiter au seul Islam à ne pas confondre avec un autre?
Non, bien sûr, dans ce cas, merci aux amateurs du pasdamalgame de prendre conscience que la Russie actuelle n’est pas l’Union Soviétique.
Or combien de fois ne cherche-t-on à faire comprendre à qui le veut bien que l’une est l’équivalent de l’autre?
Preuve à l’appui, on se fend d’une citation dont on omet, bien sûr, de préciser qu’elle a été amputée de moitié.
Puisque tout le monde croit savoir combien le Président de l’actuelle Fédération de Russie regretterait l’URSS, voici ce qu’il en a dit:
Celui qui ne regrette pas l’URSS n’as pas de coeur, celui qui souhaite sa restauration n’a pas de tête.
Frédéric Pons, dans son ouvrage en photo ci-dessus, dresse un portrait du président russe que les amateurs du pasdamalgame seraient bien inspirés de lire pour rester fidèles à leur credo.

Politique

La Dame de Fer et L’Etoile rouge

Parmi les hommages rendus à  Margaret Thatcher, certains rappellent l’origine du surnom qui a contribué à façonner sa réputation.
La Dame de Fer  doit son origine  à  L’Etoile rouge, journal soviétique, qui le lui attribue en janvier 1976.
Le journal ne manque pas de le rappeler dans un de ses articles, mentionnant le fait que le surnom na pas vexé Margaret Thatcher mais qu’elle l’a pris avec le sourire.
 
http://www.redstar.ru/index.php/component/k2/item/8482-britaniya-skorbit