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Journaliste russe réfugié en Suisse: de la lourdeur de l’épreuve au récit médiatique qui en est rendu

Le sort de ce journaliste russe dont il a été question ici a alerté plusieurs rédactions occidentales et russes avant de trouver sa place dans les colonnes de la Tribune de Genève. Fin décembre 2017 déjà, Le Monde en rend compte, un peu plus d’un an après, en février 2019, Radio Svoboda, quelques mois plus tard, en juin Le Soir et en juillet,  Solta.

De cette affaire, les versions rendues selon les médias diffèrent. La Tribune de Genève met l’accent sur « Poutine » que le journaliste aurait « fui », Le Monde, sur les pratiques au sein de la rédaction de la chaîne de télévision russe où travaillait Dmitri Skorobutov, Le Soir, sur la propagande mensongère du Kremlin, bref, chacun y va de ses habituels slogans alors que l’affaire est autrement plus complexe.

Il faut lire ce que rapporte le site russe Solta, pour les non russophones, Google traduction peut aider. Là, vous apprendrez bien d’autres détails de l’affaire dans le cadre de l’interview qu’accorde à ce média, Dmitri Skorobutov. Vous comprendrez mieux le combat judiciaire qu’il a mené. Certes, il a été long et semé d’embûches mais pas vain. Et certes, il a perdu son poste qu’il a occupé 15 ans durant.

Mais son homosexualité n’a pas constitué, pour lui, d’obstacle pour accéder à d’ importantes responsabilités. Ses compétences professionnelles se sont exercées au plus haut niveau, occuper le poste de rédacteur en chef des informations sur l’une des chaînes sinon la chaîne la plus regardée de Russie ne se confie pas au premier venu.

Et puis, en août 2016, il s’est fait agresser par un de ses collègues et, plutôt que de garder le silence, il a voulu porter l’affaire en justice. Il a connu nombre d’épreuves et d’obstacles avant d’obtenir gain de cause. La chaîne de télévision qui l’avait licencié a dû l’indemniser et son agresseur a été condamné.

On conçoit d’autant son sentiment de chute vertigineuse alors que son audience était de près d’une quinzaine de millions de téléspectateurs. Passer d’un tel statut de notoriété à celui de réfugié qui ignore comment il va terminer le mois n’a évidemment rien de réjouissant et c’est peu dire.

Maintenant qu’il est en Suisse, seul, qu’il a tout de même pu alerter sur ce qui lui est arrivé, souhaitons-lui, encore une fois, que ses confrères lui viennent en aide et ne se satisfassent pas de récupérer cette affaire selon leurs habituels créneaux de communication. Eviter de tout mélanger serait-il trop demander?

Car des problèmes de licenciements, des suites judiciaires interminables et humiliantes ne sont la marque d’aucun pays en particulier. Pas davantage non plus, la gestion des informations qui doivent ou non être présentées.  Les journalistes honnêtes qui ont connu la sélection d’information par leurs rédactions vous le diront. La Russie n’est pas une exception.

Aussi, faire la part des choses entre l’approche humaine d’une situation telle que celle de Dmitri Skorobutov et son exploitation médiatico-politique serait-il bienvenu!

Politique, société, Voix

Un journaliste russe réfugié en Suisse, quelle aide lui apportent nos médias?

La Tribune de Genève publie un article sur le sort d’un journaliste russe. L’article est signé Bernhard Odehnal, il décrit les conditions de travail de son confrère et comment, pour différentes raisons qu’il énonce, l’homme s’est senti menacé et a craint pour sa vie.

Se sentant être « devenu paria », il a suivi le conseil d’un ami « haut placé » qui lui a recommandé de quitter la Russie. Dmitri Skorobutov « s’adresse à plusieurs ambassades occidentales pour décrire sa situation et demander un visa. La Suisse a été la plus rapide. »

Quelles que soient les motivations qui poussent à l’exil, il reste toujours douloureux et difficile. En l’occurrence et à lire ce que ressent ce journaliste, il l’est. L’homme ne trouve pas de travail et ne sait pas s’il mangera à sa faim avant même qu’un mois ne s’écoule.

Cet article de Bernhard Odehnal devrait sensibiliser nombre de confrères de Dmitri Skorobutov qui ne ménagent jamais leur peine pour dire ce qu’ils pensent de « la Russie de Poutine »! Je n’en suis pas la défenderesse ni la détractrice non plus, j’ai expliqué ce qui me lie à la Russie.

J’estime qu’au lieu de publier articles après articles pour déplorer la politique du Kremlin, aider cet homme et l’engager serait une manière idéale de mettre en pratique l’humanisme dont se réclament tant de journalistes et leurs rédactions!

Montrer à Dmitri Skorobutov qu’il n’est pas seul, lui proposer un emploi qui lui donnerait le sentiment de ne plus côtoyer la misère matérielle et morale aurait de l’allure! Un peu plus que de se satisfaire d’écrire sur « la Russie de Poutine ».

Et qu’on ne lise aucune ironie dans mon propos.! Mais juste un appel à la concrétisation de principes et de valeurs qu’on ne manque jamais une occasion de revendiquer pour juger qui en serait privé, par exemple, cette « Russie de Poutine »…

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La russophobie, oui, de toutes mes forces je la rejette.

Vous doutiez de la pression exercée sur la Russie? En voici un témoignage, celui de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Elle s’exprime le jour même du crash d’un avion type Tupolev 154, survenu le 25 décembre 2016.

L’avion s’écrasait en mer Noire, à son bord, 92 passagers parmi lesquels la charismatique Doctoresse Elizaveta Glinka, Docteur Lisa comme on l’appelait, et 60 membres des Choeurs de l’Armée rouge. Si ce n’était pas éprouver la Russie au plus profond d’elle-même, qu’est-ce que c’était, sinon?

Un accident… ah oui, évidemment. Cela arrive, ma foi.

Que nos élites -ou dites telles- continuent à entretenir la russophobie comme elles s’y emploient et vous en apprécierez les conséquences tant s’observe la crédulité face aux « infos ». Il ne s’agit pas de vénérer le Président russe ou de l’exécrer, il s’agit juste de se montrer un tantinet critique.

Depuis des années, des personnalités sont mises en lumière au nom de soi-disantes valeurs qu’elles défendraient et nos médias relaient en boucle leur tout aussi soi-disant combat.  Plusieurs d’entre elles ont été citées et nommées, ici. Un cinéaste, une journaliste, un blogueur pour le plus récent.

Qu’à cela ne tienne, faute de temps, faute de curiosité intellectuelle ou de confiance à accorder à d’autres sources que celles, très sélectives d’agences de presse, on relaie leur communication ciblée et ainsi se propagent les mensonges.

Ce blog n’a rien de « politique » comme on veut le présenter. Je sais qu’on le déconseille pour la proximité qu’il afficherait avec le Kremlin. Je le sais d’autant mieux que j’ai eu les honneurs d’un ouvrage qui met en cause mes activités littéraires et interroge leur lien au pouvoir russe.

Quand se présente le seul discrédit à jeter sur un être et son oeuvre pour imposer le mensonge, on est dans une société qui corrompt. Fière de l’absence de tout soutien financier que je percevrais de quiconque, je maintiendrai ma ligne, celle du coeur et de l’amour que je porte à la Russie.

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

Retour avec Jacques BAUD sur ce cas d’école de désinformation que fut « Géopolitis » de la RTS

-Comme annoncé ici, nous revenons sur l’émission « Géopolitis » diffusée par la RTS ce 21 février et relayée par TV5Monde. Cas d’école si elle en est de cette manière qui sobserve de longue date dorienter linformation, elle vaut quon en discute encore quelques points.  Jacques BAUD, quavez-vous relevé dimportant à rectifier par rapport à ce qui a été énoncé par Jean-Philippe SCHALLER?

Jacques BAUD: -L’émission « Géopolitis » du 21 février 2021 sur Alexeï Navalny, présentée par Jean-Philippe Schaller, n’est pas un modèle d’intégrité journalistique, et présente cette affaire en en occultant de nombreux éléments qui permettraient de la comprendre. 

Il y aurait beaucoup à dire sur la partie consacrée à Navalny, mais nous en avons déjà parlé ici. J’aimerais me concentrer sur la dernière partie qui traite du projet de gazoduc Nord Stream 2. Car le lien effectué par le journaliste entre ce projet et « l’affaire Navalny » relaie le discours de Donald Trump et masque un projet plus vaste, qui vise à subvertir la Russie. 

En fait, tenus en échec militairement et politiquement en Irak, en Afghanistan, en Libye et ailleurs, les États-Unis voient leur hégémonie contestée au plan économique et technologique par la Chine, et au plan des relations internationales par la Russie. La crise de la CoViD a été l’occasion de multiplier les sanctions contre la Chine, mais la Russie reste un défi par les liens qu’elle conserve avec le Vieux Continent. 

En 2019, un rapport de la RAND Corporation – un think tank créé par le Pentagone pour élaborer des options stratégiques du gouvernement américain – intitulé « Overextending and Unbalancing Russia » (littéralement : « Surétirer et déséquilibrer la Russie »), recommande (entre autres) de :

  • Développer la production énergétique aux États-Unis afin de mettre à l’épreuve l’économie de la Russie, et ainsi limiter son budget public et, par extension, ses dépenses de défense. Cela provoquerait un accroissement de l’offre mondiale pour faire baisser les prix mondiaux, et ainsi les revenus de la Russie. 
  • Imposer des sanctions commerciales et financières plus sévères afin de dégrader l’économie russe. 
  • Accroître la capacité de l’Europe à importer du gaz de fournisseurs autres que la Russie, afin de créer des tensions économiques en Russie et rendre l’Europe indépendante de la Russie. 

En fait, cette stratégie de déstabilisation de la Russie n’est que la formalisation d’une politique déjà engagée par Donald Trump dès le début de son mandat. Ceci explique pourquoi dès l’été 2017, Donald Trump pousse la vente de gaz naturel auprès des clients traditionnels de la Russie. Dès avril 2018, Trump fait pression sur l’Allemagne pour qu’elle renonce au projet Nord Stream 2, et approuve des sanctions contre les entreprises collaborant à la construction du gazoduc en janvier 2020. En janvier 2021, juste avant de « rendre son tablier », Donald Trump accentue encore les sanctions visant le projet Nord Stream 2. 

Donc l’affaire Nord Stream 2, n’a rien à voir avec « l’affaire Navalny » : c’est une politique initiée par Donald Trump, dont l’objectif est de contribuer à déstabiliser la Russie. Les députés européens ont politisé un problème de droit commun, mais Jean-Yves Le Drian, puis Emmanuel Macron ont clairement séparé les deux thématiques, le 5 février. 

-Jacques BAUD, le public auquel sadressait cette émission aura eu droit comme il se doit au sempiternel rappel de lappartenance de Vladimir Poutine au KGB. Mais surtout, à l’énoncé de parfaite mauvaise foi selon lequel le Président russe serait un nostalgique de lex-URSS. Quen dites-vous?

Jacques BAUD: -Revenant sur le putsch du 20 août 1991, Jean- Philippe Schaller suggère que Vladimir Poutine est un nostalgique de l’ex-URSS en laissant entendre que la chute di communisme a été « la plus grande catastrophe géopolitique de lhistoire du XXe siècle ». Mais il est malhonnête ou inculte (ou les deux), car Vladimir Poutine n’a jamais regretté le système communiste ; au contraire, il plaide en faveur d’une économie libérale. Cette phrase est tirée d’un discours du 25 avril 2005, où Poutine regrette la manière chaotique dont s’est fait  le passage à la démocratie. Mais Schaller sort la phrase de son contexte, afin de lui donner un autre sens que celui que Poutine lui donnait. Le texte original est :

[…] Il nous faut avant tout reconnaître que leffondrement de lUnion soviétique a été un désastre géopolitique majeur du siècle, qui est devenu un véritable drame pour la nation russe. Des dizaines de millions de nos concitoyens et compatriotes se sont retrouvés hors du territoire russe. En outre, l’épidémie de désintégration a infecté la Russie elle-même. Les économies de chacun ont fondu et les vieux idéaux ont été détruits. De nombreuses institutions ont été dissoutes ou brutalement réformées […].

Il ne se lamente donc pas sur la disparition du communisme, mais sur les conséquences que cet effondrement a eues sur le quotidien des Russes. Sa phrase fait écho à une réelle nostalgie au sein de la population, dont 11-13 % de l’électorat est resté fidèle au Parti communiste, le premier parti d’opposition. Notre journaliste cherche donc à manipuler le spectateur. Par ailleurs, mentionnons ici que parmi les « millions de concitoyens qui se sont retrouvés hors du territoire russe », une grande partie d’entre eux ont été réduit au rang de “non-citoyens”, dans des pays de l’Union Européenne; une situation contraire aux droits humains, qui ne semble pas vraiment déranger nos journalistes…

-Quant aux images choisies pour rendre compte du putsch de 1991, justement, jai trouvé la manière qua eue le présentateur de l’émission de les commenter totalement orientée et dune grave méconnaissance de la réalité. Quen pensez-vous, vous-même?

-Jacques BAUD:  En plaçant cet extrait du putsch de 1991 et en insistant sur l’appartenance au KGB de Vladimir Poutine, Jean-Philippe Schaller tente de démontrer que le Président russe a une profonde aversion au changement. Là encore, notre journaliste n’a pas creusé son sujet et s’écarte de la Charte de Munich… En fait, le Chef du KGB Vladimir Kryoutchkov se trouvait parmi les putschistes, mais ses troupes ne l’ont pas suivi : les cadres du KGB – dont Vladimir Poutine – ont refusé de le suivre. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le putsch s’est terminé sans effusion de sang. En refusant d’y participer, les agents du KGB ont gagné en popularité. Ce que l’on omet de dire souvent est que le KGB avait anticipé l’effondrement du communisme et le changement de régime bien avant que le Mur de Berlin ne s’écroule, et en avait déjà informé les politiques… C’est la raison pour laquelle, contrairement aux pays d’Europe Orientale – où les membres des services de sécurité ont fait l’objet de violences et de représailles – ce n’a pas été le cas en Russie. 

– En conclusion, comment vous apparaît cette émission de « Géopolitis » présentée par Jean-Philippe SCHALLER?

Jacques BAUD: -Cette émission n’avait pas pour vocation d’informer, mais d’influencer. En utilisant des raccourcis faciles (et inexacts) on cherche à associer l’affaire Navalny aux vieux préjugés sur le KGB. Il est inquiétant de voir nos journalistes s’abaisser à utiliser les codes des tabloïdes comme The Sun ou Fox News. Par ailleurs, je pense que c’est totalement contre-productif : le narratif occidental qui cherche à provoquer un changement de régime en Russie s’appuie sur tellement de mensonges et de désinformation qu’il perd toute crédibilité. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement en Russie avec Navalny. Le gouvernement russe n’a rien besoin de faire : les Russes s’aperçoivent eux-mêmes des falsifications. Cela explique pourquoi Navalny a plus perdu en crédibilité que Vladimir Poutine entre novembre 2020 et février 2021. Ainsi, alors que la cote de popularité de Navalny était brièvement montée à 5% en janvier 2021, elle est redescendue à 4% en février, tandis que le taux d’approbation de Vladimir Poutine est monté à 65% en février, selon le Centre Levada (considéré comme un « agent étranger » en Russie !) (Pour information : celui de Macron est à 36%). 

Ce qui est surprenant, est que ces journalistes qui ont critiqué Trump durant 4 ans, ont systématiquement relayé ses mensonges dès lors qu’ils concernaient la Russie, la Chine, l’Iran et d’autres. Par ailleurs, ils tendent à s’affranchir de toute déontologie ou d’éthique, sous prétexte que leur combat est juste. Or, non seulement Navalny ne représente aucune des valeurs défendues en Europe (ne serait-ce que par la Crimée qu’il refuserait de restituer s’il était au pouvoir), mais des médias proches du Parti démocrate aux États-Unis l’ont qualifié de « Trump russe ». Je me demande ce que cherchent ces journalistes…

-Merci de ces précisions, entre autre celle qui indique clairement que Vladimir Poutine na pas participé au putsch de 1991 et que, par cette manière de ly avoir associé en en montrant les images en même temps qu’il rappelait son passé kagébiste, le journaliste de la RTS, Jean-Philippe Schaller a soit péché par ignorance, soit voulu orienter lopinion publique. Il semble vraiment que lamalgame entre « URSS » et « Russie de Poutine » ait besoin d’être faussement maintenu et réactualisé à chaque occasion qui se présente pour créer la confusion dans les esprits et faire passer la Russie actuelle pour ce quelle fut du temps soviétique…

Culture, Histoire, Politique, société, Voix

En ce 24 février…

Pourquoi est-il important de refuser les discours falsificateurs? Tout simplement parce que s’ils ne sont pas contestés, ils s’installent durablement dans les esprits. Certes, ils sont déjà bien ancrés dans nombre d’entre eux et de telle manière que se risquer à les mettre en cause vous vaut d’être envoyé dans les cordes.

Tout cela est bien connu, il existerait des gens qui savent et d’autres, non.

De nombreuses manières de vous le faire entendre sont à leur disposition, parmi lesquelles, la réduction de vos opinions à des termes tout prêts à les enfermer. Parmi ceux-ci, quelques uns ont le vent en poupe comme, « complotiste », « conspirationniste », « fasciste », « extrémiste de gauche » ou « extrémiste de droite ».

A partir de là, si vous souhaitez entrer en discussion avec quelqu’un qui d’emblée sait, vous pouvez être quasi certains que vous aurez droit à l’une ou l’autre de ces étiquettes qui font partie du kit de survie des sachants. Car le débat avec vous ne les intéresse pas. Comment le pourrait-il puisque, dores et déjà, ils savent?

Vous tentez de leur faire comprendre que non, rien n’est aussi simple? Qu’à cela ne tienne, il vous sera rétorqué qu’avec des gens comme vous, on ne peut tout simplement pas discuter. En effet, parce qu’avec des gens qui réfléchissent et raisonnent, ils n’entrent pas en matière. Donc la meilleure manière de contrôler un échange est de le fermer à toute ouverture.

Et pour cela, rien de mieux que d’user des termes vus plus hauts du kit de survie! Il suffit de les coller à la peau de votre interlocuteur récalcitrant et l’affaire est réglée. A ce sabordage intellectuel se livrent celles et ceux qui oeuvrent au rejet de toute forme d’appréhension de la réalité autre que la leur.

Au sein du groupe dans lequel ce jeune homme de ma connaissance a eu, le malheureux, l’outrecuidance de partager un de mes sujets de blog, il lui a vivement été recommandé de ne plus faire de « publicité pour cette dame » donc moi. Car une des membres de ce groupe aurait été  « horrifiée » par le fait que j’aie osé discuter la version du blogueur russe telle qu’elle nous est présentée en Occident.

A la décharge de cette personne qui s’est dite « horrifiée » par mes propos, il faut avouer qu’à force de suivre tout ce qui est énoncé de cet homme, il lui est sans doute difficile sinon impossible de se faire une autre idée que celle qu’on lui met à peu près chaque jour dans la tête.

Et puis aussi, peut-être fait-elle confiance à ses médias de référence, c’est tout à son honneur, moins à celui desdits médias de distiller de fausses informations quand il ne s’agit carrément pas de mensonges. Mais comment serait-elle en mesure de faire la part des choses si elle n’a qu’un seul son de cloche?

Car pour la diversité, il faut aller voir ailleurs. Et justement, ce jeune homme a proposé mon regard dans ce sens mais il a « horrifié ».

Que vaut la liberté d’expression que nos pays revendiquent tant quand il ne se targuent pas d’en être les parangons? Quelle place a encore la pensée qui ne se satisfait pas de déformer et de falsifier des faits pour s’imposer? Ici, jamais aucun slogan politique n’a été brandi. Aucune cause militante n’a non plus été affichée.

Juste un regard proposé sur la Russie, par amour de sa culture et refus de considérations aussi idiotes qu’infondées sur elle.

Mais c’est déjà trop. Alors, chères détractrices et chers détracteurs autant que vous êtes, sachez que, parmi mes proches se comptent plusieurs non russophiles. Soit que ces personnes ont connu la guerre avec la Russie, soit pour des raisons privées qui les regardent.

Mais avec elles toutes, la discussion est non seulement possible, même et surtout contradictoire mais enrichissante.

Ce qui n’est pas le cas avec autant de vous autres, perroquets que vous êtes, à répéter ce que vous tenez de spécialistes dont le seul point de vue serait digne de crédit. Libre à vous de vos choix, libre à moi de les discuter et surtout, de rejeter vos jugements aussi indigents que malvenus.

Nombre d’universitaires qui s’emploient à diffuser les idées libérales russes sont régulièrement convoqués dans nos médias pour se prononcer sur « la Russie de Poutine ». Et face à eux, rares sont les contradicteurs. Car de moins en moins sinon bientôt plus aucune figure universitaire, journalistique ou autre qui défende une version divergente de la Russie que celle qui domine nos médias n’est sollicitée pour s’exprimer.

Pourquoi, à votre avis? Pourquoi mène-t-on des soi-disant débats entre soi? Pourquoi tient-on si prudemment à l’écart tout autre connaisseur de la Russie que celles et ceux qui nous expliquent en long et en large ce qu’il en est de ce pays qui serait proche de la dictature? C’est que les esprits doivent être acquis à la même cause, celle qui condamne « la Russie de Poutine ».

Car cette cause serait celle issue de vraies démocraties, soucieuses de droits humains et de liberté d’expression.

On l’a bien compris, merci et bravo à’autant de prêcheurs de grands chemins, plus prompts à dégainer qu’à réfléchir avant d’éructer ce qui leur sert d’argument, « complotiste », « conspirationniste », fasciste », « extrémiste ». Il n’est jamais trop tard pour enrichir son lexique et d’autant élargir sa perception du monde qu’il s’en portera beaucoup mieux.

Voix

Un « j’accuse » plus que jamais d’actualité

Le 24 avril 2014, sur ce blog autrefois hébergé par la Tribune de Genève comme vous le savez, je publiais ce sujet que j’intitulais, en reprenant entre guillemets les termes célèbres d’Emile Zola, « J’accuse ». Ce 20 février 2021, un peu moins de sept ans plus tard, pourquoi « accuser »?

Parce que, vous l’aurez constaté, depuis qu’a débuté le feuilleton Navalny, nos médias enchaînent les récits les plus fantaisistes qui soient au nom de « l’information ». En dépit de nombreuses réactions publiées ici et adressées par politesse aux médias cités sur ce blog, je me suis, sans illusion, heurtée au silence.

Ces organes de soi-disante « information » fonctionnent en toute quiétude, sans avoir à se soucier le moins du monde des mensonges qu’ils diffusent. Mensonges mais aussi lourdes erreurs dans leur manière de rendre compte de réalités.

On a vu ce journaliste ne pas même savoir quel était le prénom de Navalny quand, pour en parler, il a eu besoin de ranger le Président russe dans la lignée des pires tyrans de l’Histoire.

On a vu d’autres sommets atteints de mièvrerie mais aussi de rare inculture comme celui de convoquer la figure de Nelson Mandela pour parler d’Alexeï Navalny emprisonné.

Face à autant de manières de tromper et d’abuser un public qui ose encore faire confiance à ce qu’il lit, écoute ou regarde comme média, que faire? Car les rédactions de ces organes dits « d’information » sont si aveuglées par leur haine viscérale de « la Russie de Poutine » que rien ne les arrête plus.

Telles des rouleaux compresseurs, elles fauchent tout sur leur passage.

La Russie n’est pas le paradis sur Terre. Des tensions sociales y sont présentes et des mécontentements s’expriment. Mais que l’on en parle une bonne fois pour toutes de manière autre qu’à travers le prisme d’un blogueur dont il a été clairement énoncé, ici, ce qu’il en est!

Mais non, nos journalistes martèlent. Il a été empoisonné au Novitchok, il a dénoncé le « Palais de Poutine », il est son « Principal opposant », il lutte contre la corruption, un comble alors qu’il est précisément visé à cet égard dans le cadre du procès qui l’oppose à Yves Rocher.

Mais nous n’en sommes sans doute qu’au début de cette saga tant il paraît impossible de modifier sa narrative si bien huilée qu’on la retrouve débitée par la plus grande majorité des médias dits mainstream.

Sil existe des personnes au fait de la situation, il en reste, hélas encore beaucoup qui ne sont pas en mesure de discerner le vrai du faux de ce qu’on leur raconte. Obligées d’avaler une propagande qui n’a rien à envier à celle d’autant de pays dont cette valeureuse RTS ne manque jamais une occasion de fustiger la politique et, bien sûr, la qualité de l’information dont elle s’attribue peut-être le privilège?

Que d’arrogance, que de suffisance et de mépris de la part de journalistes qui ignorent tant de ces pays au sujet desquels ils s’expriment! Les lire, les entendre ou les regarder dévider leur inculture inciterait à les plaindre s’ils n’étaient assurés d’un public pour recueillir leurs propos si souvent empreints de mauvaise foi ou de paresse intellectuelle ou des deux!

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La RTS ne lâche rien… « Poutine-Navalny, le duel » est l’intitulé de l’une de ses émissions phares

La Radio Télévision Suisse (RTS) persiste et signe. La honte ou le sens du ridicule, ça ne la connaît pas. L’inculture, ou pis, la propagande, non plus. Voici que Navalny est comparé à Mandela. Là, on atteint un nouveau sommet.

Digne de celui qui m’avait valu un échange de courriels avec un confrère de ce journaliste que j’avais, par courtoisie, informé du sujet de blog que j’avais consacré à sa manière de présenter ces « faits politiques ». Autant dire que le ton n’était pas à la conciliation de sa part mais à la menace.

Eh oui, ainsi va la liberté d’expression sous nos latitudes et dans une Suisse qui se dit neutre.

Voici donc que dans le cadre d’une célèbre émission de la RTS, « Géopolitis », programmée pour ce 21 février et relayée par TV5Monde, son présentateur nous donne à voir Navalny comme un Mandela du genre…

L’experte invitée à donner son point de vue sur la situation remet quelques points sur les i mais qui ne modifient en rien l’insistance de notre journaliste à présenter la Russie de manière torve. Pour qui ne la connaît pas, comment comprendre l’orientation délibérée que donne ce journaliste d’un pays qu’il ramène à un choix d’images savamment sélectionnées?

C’est à cela que l’on reconnaît la propagande, aucune chaîne d’Etat ne ferait mieux.

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Puissance de la littérature, évocation….

Vous qui suivez ce blog, vous le savez souvent consacré à l’actualité et, en particulier, à la manière dont nos médias en rendent compte.

Et si la Russie y tient une bonne place, c’est tout simplement du fait que, par ma formation en langue et littérature russe et en analyse de discours politique,  je suis évidemment sensible à ce qui s’énonce sur elle.

Aucun militantisme quelconque n’est donc à voir dans mes prises de position.

D’ailleurs durant mes études menées encore du temps de l’Union Soviétique, déjà les remarques fusaient! « Etudier le russe, quelle idée… » Ou, lors d’un de mes retours d’URSS, on me demandait ce que j’avais pu y voir, ce qu’il y avait à y faire car vraiment, « question shopping… »

Cela ne s’invente pas, cela se vit.

Et puis, il y avait celles et ceux qui narguaient, provoquaient du haut de leur suffisance ou sans doute de ce qu’elles et ils estimaient relever d’un savoir que dominait, en réalité, un profond mépris.

Et c’est exactement ce qu’on retrouve aujourd’hui lorsqu’il est question de « la Russie de Poutine ».

Ce sont autant de ces a priori qui me font réagir ici. Car ils témoignent d’une absence de curiosité ou d’intérêt quelconque pour un pays au sujet duquel on se satisfait de mêmes formules ressassées, de mêmes clichés et de mêmes poncifs.

Ce qui est à l’origine de mon attirance pour la Russie, c’est sa littérature.

Et que mon oeuvre littéraire soit traduite en russe et publiée depuis plus de 15 ans à Moscou en édition bilingue russe-français, tient du plus beau concours de circonstances qui soit. Parce que l’amour que je porte à la Russie, ce sont ses écrivains qui me l’ont transmis.

Et aujourd’hui, c’est de ceux qui nous sont contemporains que je souhaite partager avec vous les sept romans que recommande le site Russia Beyond.

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La Russie en question

A propos de cet opposant russe auquel nos médias occidentaux prêtent une telle attention, la question n’est pas tant de savoir qui il est ou, comme s’interrogeait cet ami, quelle est sa « face sombre » mais plutôt de comprendre comment il s’est peu à peu imposé dans le champ médiatique.

Car nous ne sommes pas en présence d’un seul homme. Un réseau l’entoure. Qui le soutient et comment, qui s’y joint et pourquoi sont autant de questions à se poser. Car comme cela a été dit dans cette émission de France Culture, Navalny réussit à capitaliser la grogne en Russie qui n’est plus tant d’ordre économique que sociale.

Et des associations singulières se mettent en place dont le but n’est autre que de discréditer le pouvoir en place.

Que le peuple russe soit mécontent comme peut l’être tout peuple de n’importe quel pays est légitime. Mais que l’on se focalise en permanence comme c’est le cas en ce moment dans nos médias, sur le seul russe alors que cela le regarde lui au premier plan, cela  ne semble surprendre personne.

Au contraire, on abonde pour dire encore et encore combien ce pays est gouverné, bientôt même plus par un « dictateur » mais par un « tyran ». Oui, lésiner sur le vocabulaire n’est plus d’actualité, on y va, on matraque. Pourquoi cette incessante focalisation sur la Russie?

Peut-être que ces déclarations de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie vous aideront à le comprendre. Ses propos datent du 25 décembre 2016.

Rappelez-vous, l’avion qui transportait les membres du Choeur de l’Armée Rouge et pas qu’eux, la charismatique Doctoresse Liza, entre autres personnalités à bord, l’avion s’écrasait en mer Noire au large de Sotchi.

Un deuil national avait été décrété, je publiais ce sujet de blog, Au-delà d’un Choeur, la Russie.

Politique, société, Voix

Navalny, nouvelle action de soutien selon le grand quotidien russe Kommersant …

Bien alors aidons un peu notre Chère RTS et transmettons-lui l’info au cas où elle ne l’aurait pas déjà en réserve pour la diffuser ce dimanche prochain, 14 février.jour de la Saint-Valentin comme on le sait.

Le grand quotidien russe Kommersant publie dans son édition de ce 9 février, l’annonce de la nouvelle action de soutien en faveur d’Alexeï Navalny. Prévue justement dimanche prochain, 14 février, elle a pour but de faire triompher l’amour sur la peur.

Il est demandé aux participants de sortir dans leur cour, d’allumer les lampes de poche de leur téléphone et de rester ainsi quelques minutes. On peut aussi apporter des bougies et dessiner des coeurs.

  » Prenez une photo d’en haut, depuis l’un des appartements, et postez-la sur Instagram. Que les réseaux sociaux soient remplis de milliers de cœurs brûlants provenant de dizaines de villes russes », a écrit le coordinateur des quartiers généraux des régions sur son compte Telegram.

Une occasion nouvelle et rêvée pour nos journalistes de la chaîne radio-télévisée suisse dite publique de nous « informer » dans le sens initié avec brio dimanche 7 février dernier!

Entendons-nous bien une fois encore.

Alexeï Navalny et son combat sont une chose. Une autre, la manière dont il en est rendu compte. Et c’est cette manière qui est ici pointée. Car le public auquel s’adressent les médias est en droit de bénéficier de faits et non de leur travestissement.

Il ne s’agit donc pas de s’en prendre à cet homme.

Il s’agit d’obtenir de celles et de ceux qui rendent compte des « valeurs » de ce blogueur et de ses actions qu’elles ne soient pas déformées quand elles ne sont carrément pas ignorées.

Car on attend de nos journalistes qu’ils nous informent dans le respect des règles de déontologie qui incombent à leur métier. Cela a été exprimé ici à maintes reprises et de longue date, récemment encore ici.

Pour quel résultat, on le guette.