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Vladimir Poutine, ancien du KGB, leitmotiv usé jusqu’à la corde mais imparable au rappel

Je l’admets, j’ai rêvé.

À l’occasion de la rencontre des Présidents Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève en juin 2021, j’avais constaté un changement d’attitude et de ton de la part des journalistes suisses romands.

Je m’en étais réjouie et en parlais à mes amis français qui, pour leur part, n’avaient rien remarqué de tel dans leurs médias.

De mon côté, je voulais y croire. Je voulais penser de mes compatriotes romands qu’ils seraient enfin épargnés des sempiternels refrains et clichés distillés à plus soif par nos médias sur « la Russie de Poutine ».

Eh bien non. Ils étaient juste mis en sourdine. Les voici de retour depuis ce 10 janvier.

Ils sont très simples, souvent liés à l’ex-URSS dont « le Maître du Kremlin serait nostalgique ». Ce qui permet d’entretenir la confusion entre URSS et Fédération de Russie. Comme si la seconde ne devait être que la prolongation de la première.

À force d’arroser leur public de pareilles considérations aussi idiotes que mensongères, les protagonistes qui les diffusent créent d’heureux perroquets, privés de toute réflexion et de tout sens critique.

Dans ce cas, vous y voyez de l’information, vous?

Politique, société, Voix

« L’extradable », bravo Tamedia!

Mais qui est cet individu qui formule son article ainsi?

« C’est fait: la Suisse a livré le proche du Kremlin aux USA (…) La décision risque de ne plaire à la Russie » .

Et, plus loin, pour qualifier l’homme dont l’identité et la photo sont publiées telles celles d’un bandit, le voici dénommé « l’extradable » par celui qui s’appelle journaliste:

« Dans la soirée, l’extradable avait déjà quitté le sol helvétique. »

Que ce citoyen russe ait commis de quoi mobiliser la justice contre lui est une chose. Que ce journaliste -apparemment suisse -commente une décision juridique comme il s’y emploie, une autre.

Jusqu’à nouvel avis, une personne dont les articles sont publiés par des médias n’a pas vocation à se prononcer sur toute autre qui aurait commis un délit.

Que cette presse qui partage ce genre de propos soit une presse d’opinion n’est plus à prouver. Que cette même presse soit celle de censeurs, non plus.

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Trois documentaires sur la Russie…

Chers lectrices et lecteurs de ce blog,

Il y a longtemps que je n’ai plus consacré de sujets à la Russie. Pour diverses raisons parmi lesquelles le sentiment qu’une détente s’était amorcée après la rencontre au sommet à Genève entre les Présidents Joe Biden et Vladimir Poutine.

Nos médias suisses romands, en tous les cas, paraissaient avoir mis, sinon aux oubliettes du moins en veilleuse, leur propos sur un pays souvent résumé à son seul Président.

Hélas, la trêve n’aura été que de courte durée.

Preuve en est cette série de trois « documentaires » dont le premier a été diffusé ce 12 décembre dernier par la Radio Télévision Suisse, sur sa chaîne RTS 2.

On y découvre, la « Russie de Elstine » dont bien peu sinon quelques très rares journalistes rappelaient combien le peuple y avait été malmené. Pillé, spolié, affamé, il a lutté comme il a pu quand il l’a pu, pour survivre.

Si cela apparaît dans ce film, c’est pour d’autant en conclure que Vladimir Poutine a baigné dans le milieu corrompu qui l’a porté au pouvoir. En d’autres termes, qu’il a été complice de ces agissements alors qu’il a, au contraire, réussi à remettre le pays à flot.

Mais non, on préfère montrer, en toute fin dudit « documentaire », l’actuel Président de la Fédération de Russie succéder à Boris Elstine « sans avoir eu besoin d’affronter les urnes ».

Comment le spectateur lambda peut-il saisir le message sinon dans le sens voulu par les personnes qui ont réalisé ce film?

Faire la part des choses entre ce qu’a accompli Boris Elstine et ce qu’a accompli Vladimir Poutine pour le peuple russe, ce que chacun d’eux a apporté au pays, je ne suis pas certaine de l’avoir vu dans ce « documentaire ».

Certes, je n’ai d’acuité visuelle correcte que celle d’un seul oeil, ces temps, celui dont l’opération a réussi.

Alors vous me direz!

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Salir sans s’inquiéter ni être inquiété

J’ai parlé, ici, du procès en diffamation que nous avons intenté, cinq plaignants et moi-même, à l’auteure d’un ouvrage et à son éditrice. Suite à l’appel interjeté par les deux parties, la Cour a confirmé le jugement de 1ère instance.

Cécile Vaissié et son éditrice ont bel et bien été condamnées mais pour un seul des nombreux motifs pour lesquels plainte avait été déposée par nous six.

L’une d’entre nous a publié un texte que je vous invite à découvrir.

Voici une femme brillante qui a tenu, à juste titre, à alerter sur ce que j’avais moi-même aussi pointé quand j’interrogeais sur la caution apportée à n’importe quelle approximation et à n’importe quels propos dégradants et bien davantage encore.

La question demeure tandis que notre plainte en diffamation a été déboutée à deux reprises.

Bref, l’Universitaire Vaissié saluée pour l’ « enquête fouillée » qu’elle aurait menée pour rédiger ce livre demeure une référence pour les médias qui la sollicitent.

Autant dire que pareille renommée acquise sur le rejet et la salissure de pairs en dit long sur ce qui fait autorité en matière de « savoir », de « connaissance » sinon « d’information ».

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Journalisme d’opinion ou de désinformation, à voir…

Le Monde, fidèle à lui-même, nous explique ce qu’il en serait des relations entre Ankara et Moscou, ou disons plutôt, entre les Présidents turc et russe. Dans un article intitulé « Entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, l’entente brutale« , les grands russophiles que sont les signataires de cette « analyse » déploient la narrative et la rhétorique bien connues pour parler des présidents russe et turc qui auraient « en partage leur aversion pour l’Occident et leur soif de pouvoir ».

Et en cours d’article, de citer une fois encore le nom d’un homme dont ils ne semblent toujours pas avoir saisi que, chez eux, il serait mis au pilori pour ses idées racistes et extrémistes. Mais journalisme de propagande oblige, on se moque bien de révéler qui il est et comment il est perçu par les Caucasiens auxquels il ne souhaite que de disparaître selon la méthode qu’il recommande en son et en image.

Quand on veut convaincre, user d’arguments à cette fin serait préférable plutôt que de se fourvoyer entre mensonges et compromissions. Seulement voilà, à force de répéter, de répéter et de répéter encore que ce blogueur-lutteur anti-corruption condamné lui-même pour corruption serait le « principal opposant » du Kremlin qu’il ferait trembler au point que celui-ci l’aurait « empoisonné », le public finit par y croire et reprendre, lui aussi, cette antienne.

Bref, autant dire qu’on a là à faire à du journalisme, dans le meilleur des cas d’opinion et non d’information.

Mes détractrices et mes détracteurs, chaque fois que je m’exprime ici sur ce qui concerne la Russie, m’estiment voler au secours du Kremlin, comme si, privé de tout moyen de défense, il avait besoin de mes efforts pour lui venir en aide. Ces gens disposeraient-ils d’un minimum de sens du ridicule voire d’un cerveau? Sans doute pas pour afficher pareil raisonnement et puissance d’analyse!

Car, en réalité, on est dans un tout autre registre dont une illustration a été montrée ici.

Il se trouve qu’au-delà de mes études de russe, en tant que linguiste, j’ai consacré des travaux à l’analyse de discours. Et que c’est cette activité qui m’incite à réagir lorsque je découvre comment nos médias rendent compte de la « Russie de Poutine », selon leur formule plus que consacrée. Je m’exprime donc en tant qu’observatrice pour faire part de ce que je constate de la manière dont les médias dits mainstream usent de formules rhétoriques.

Mais bon, il semble que ce sens de la critique ne doive être réservé qu’à certaines personnes dont les titres universitaires sont brandis tels des preuves de leur incontournable compétence à proférer autant d’approximations que de mensonges et même de trouver éditeur pour les publier et nombreux relais médiatiques pour les diffuser. Lutter contre la mauvaise foi et la malveillance  est un combat déséquilibré, nous somme nombreux à l’expérimenter.

Et ce combat déséquilibré peut paraître perdu d’avance. Il ne l’est pas pour le seul fait qu’en le menant, on ne se vend pas.

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Quand les assoiffés de propagande anti-russe confondent Pouchkine et Poutine

Il n’est pas rare que des personnalités du monde de la culture soient récupérées par les tenants d’un pouvoir de quelque obédience soit-il. L’Histoire et l’actualité ne manquent pas d’exemples à cet égard. Mais dans le cadre de guerres d’influence que se livrent les puissances, grandes ou moins grandes, se maintenir à l’écart de pressions qui s’exerceraient reste possible.

Ainsi peut-on demeurer attaché à défendre des valeurs humanistes, en dehors de toute référence à une politique gouvernementale quelconque. L’aspiration à privilégier la dimension universelle de l’être est l’une des principales raisons qui motivent mes interventions ici ou ailleurs.

Or, vous l’aurez lu hier sur ce blog, j’ai découvert que lire l’extrait d’une oeuvre d’Alexandre Pouchkine à la demande de l’Ambassade de la Fédération de Russie pour célébrer la Journée de la langue russe a suffi à prouver mon activisme au service de Vladimir Poutine.

Cette perception de ma lecture a été, en tous les cas, versée à l’appui du bien fondé de ma présence, en bonne place même, dans un ouvrage très remarqué et salué par nos médias, je veux parler du livre de Cécile Vaissié, « Les Réseaux du Kremlin en France ».

Ces 19 et 20 mai à Paris, se sont déroulées les audiences du procès en appel qui nous oppose, quatre plaignants et moi-même à l’auteure de ce livre et à son éditrice qui ont, elles aussi, interjeté appel du jugement de première instance prononcé le 14 juin 2019 et rendu public par plusieurs médias parmi lesquels, Le Monde, LibérationSputnik pour ne citer qu’eux.

Ce que m’ont appris les procédés de la défense, qui n’a pas hésité à détourner le sens d’une activité culturelle au profit d’une participation à un programme de propagande en faveur du Kremlin, s’est ajouté à ce que j’ai dû lire des pages que me consacre l’auteure de ce livre contre laquelle j’ai porté plainte pour diffamation.

Parce qu’arriver à pareil mélange des genres, c’est être mû par tout le contraire d’un quelconque souci d’honnêteté intellectuelle. C’est être saisi de forces obscures qui ne visent qu’à briser. C’est se prévaloir de titres universitaires pour humilier, mépriser et salir, c’est, en définitive déshonorer l’académisme dont se réclame l’auteure de cet ouvrage.

Mais cet académisme, justement, est-il vraiment toujours au fait des personnalités qu’il décore, on peut en douter.

En 2017, l’Université de ma ville, Genève, a décerné le titre de Docteure honoris causa à une femme qui, au début de ses activités de journaliste en ex-URSS, n’a pas hésité à dresser les louanges d’un personnage qui n’a rien à envier à un Vladimir Poutine dont on dit pourtant le pire qui soit.

Je veux parler ici de Félix Dzerjinski, vous savez, celui qui a créé la Tchéqua, devenue le KGB et désormais le FSB. Oui, ce fameux KGB dont ne se repaît jamais assez de dire que le Président russe en a été membre. Ce KGB qu’on brandit comme l’arme absolue pour dire tout ce qu’on pense de qui en a été membre.

Étonnamment, on s’arrange pour oublier cet article écrit par Svetlana Alexiévitch, article écrit à la gloire de Félix Dzerzhinski. Article si élogieux d’un homme dont la cruauté a pourtant été relevée. Un homme que cette femme de lettres a, sans l’ombre d’un doute ou d’une hésitation quelconque, porté aux nues.

Pourquoi n’en parle-t-on jamais dans nos médias?

Pourquoi tous ces fouineurs d’archives et de réseaux sociaux n’ont-ils jamais mis la main sur ces lignes signées du nom de la lauréate du Prix Nobel de littérature 2015? Et comment celles que je lui ai adressées et dont il m’a même été reproché le « Avec respect » qui les conclut, ont-elles pu autant effarer l’auteure du livre « Les Réseaux du Kremlin en France »?

Parce que l’humanisme n’est plus lisible. Et parce que c’est cet humanisme qui a inspiré ma lettre ouverte à Svetlana Alexiévitch.

La guerre en Ukraine a déchiré des familles. Le deuil d’êtres chers a anéanti le coeur d’autant de Russes que d’Ukrainiens tandis que la fraîchement déclarée Prix Nobel de littérature 2015 a déclaré des premiers que, pour 86% d’entre eux, ils riaient quand on mourait dans le Donbass.

Oui. C’est ainsi qu’elle s’est exprimée et a outragé les Russes.  Et ce sont ces termes précis qui ont motivé ma lettre, lettre  qui lui a été transmise par feu le journaliste Arkadij Beinenson qui l’a traduite en russe.

Madame Alexiévitch, en retour, lui a fait savoir qu’elle n’avait rien à ajouter.

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Comment transformer une lectrice de Pouchkine en vulgaire propagandiste

Si soucieuses d’alerter du danger que représente le Kremlin et ses « réseaux », les personnes mobilisées à cette fin usent de procédés particulièrement remarquables. En voici un exemple.

Il s’agit d’une vidéo dont une capture d’écran a été saisie à partir du compte Twitter de l’Ambassade de la Fédération de Russie à Berne, l’image devant confirmer mes liens à « la Russie de Poutine ».

En réalité, c’est le comportement dévoyé de ces fins limiers qui se révèle.

Car tout comme d’autres de mes compatriotes, telle Marion Graf, j’ai été sollicitée par l’Ambassade de la Fédération de Russie pour participer à la Journée de la langue russe, organisée chaque année lors de l’anniversaire d’Alexandre Pouchkine.

C’est une tradition à laquelle j’avais déjà été conviée à contribuer début juin 2014.

Et je suis émue d’honorer une langue, une littérature et une culture que j’ai étudiées à l’Université de Genève et que je prise pour les richesses dont elles ne cessent de nourrir mon être le plus profond.

Et voici que ce que je compte de si précieux est trahi de la plus vile manière par qui veut convaincre des liens que j’entretiendrais avec le Kremlin.

Parce qu’on me croit lire Pouchkine dans les salons de l’Ambassade de la Fédération de Russie alors que j’ai dû réaliser la vidéo seule chez moi, le contexte sanitaire y obligeant.

Avec pareille interprétation, on ne touche pas le fond de la pensée toxique. On s’y noie sans rémission.

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A propos de l’appel lancé sur mon blog ce 6 mai dernier

Le 7 mai dernier au soir, Frédéric Saillot, responsable du site Eurasiexpress me téléphonait. Il avait lu le sujet de blog que j’avais consacré, la veille, à l’interview que le journaliste russe Dmitri Skorobutov avait accordée à son confrère Bernhard Odehnal et qu’avait publiée la Tribune de Genève.

Frédéric Saillot me demandait si je connaissais Bernhard Odehnal, je lui ai répondu que non, qu’il n’était pas d’ici mais qu’en prenant contact avec la rédaction du quotidien genevois, il pourrait sans doute entrer en relation avec lui et, qui sait, avec le journaliste russe réfugié en Suisse aussi.

Aujourd’hui, je découvre cet interview que Dmitri Skorobutov a accordée à Frédéric Saillot.

Même si le responsable du site Eurasiexpress ne le précise pas en introduction à son entretien avec Dmitri Skorobutov, c’est bien après avoir lu mon sujet de blog qu’il a été alerté par l’interview du journaliste russe publiée dans la Tribune de Genève et d’ailleurs également dans le Tages Anzeiger.

Pourquoi souligner ce détail? Parce qu’en ces 19 et 20 mai se déroulent à la Cour d’appel de Paris, les audiences du procès pour diffamation qui m’oppose, avec quatre autres plaignants, à Cécile Vaissié et à l’éditrice de son ouvrage « Les Réseaux du Kremlin en France ».

Pour la prétendue membre que je serais de « Réseaux du Kremlin », se pencher sur le sort d’un journaliste russe qui a « fui Poutine sur les bords du Léman » comme le mentionnait l’intitulé français de l’interview de Bernhard Odehnal paru en allemand dans le Tages Anzeiger sous le titre « Der Journalist der vor Putin in die Schweiz floh », a quelque chose de plutôt piquant…

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Journaliste russe réfugié en Suisse: de la lourdeur de l’épreuve au récit médiatique qui en est rendu

Le sort de ce journaliste russe dont il a été question ici a alerté plusieurs rédactions occidentales et russes avant de trouver sa place dans les colonnes de la Tribune de Genève. Fin décembre 2017 déjà, Le Monde en rend compte, un peu plus d’un an après, en février 2019, Radio Svoboda, quelques mois plus tard, en juin Le Soir et en juillet,  Solta.

De cette affaire, les versions rendues selon les médias diffèrent. La Tribune de Genève met l’accent sur « Poutine » que le journaliste aurait « fui », Le Monde, sur les pratiques au sein de la rédaction de la chaîne de télévision russe où travaillait Dmitri Skorobutov, Le Soir, sur la propagande mensongère du Kremlin, bref, chacun y va de ses habituels slogans alors que l’affaire est autrement plus complexe.

Il faut lire ce que rapporte le site russe Solta, pour les non russophones, Google traduction peut aider. Là, vous apprendrez bien d’autres détails de l’affaire dans le cadre de l’interview qu’accorde à ce média, Dmitri Skorobutov. Vous comprendrez mieux le combat judiciaire qu’il a mené. Certes, il a été long et semé d’embûches mais pas vain. Et certes, il a perdu son poste qu’il a occupé 15 ans durant.

Mais son homosexualité n’a pas constitué, pour lui, d’obstacle pour accéder à d’ importantes responsabilités. Ses compétences professionnelles se sont exercées au plus haut niveau, occuper le poste de rédacteur en chef des informations sur l’une des chaînes sinon la chaîne la plus regardée de Russie ne se confie pas au premier venu.

Et puis, en août 2016, il s’est fait agresser par un de ses collègues et, plutôt que de garder le silence, il a voulu porter l’affaire en justice. Il a connu nombre d’épreuves et d’obstacles avant d’obtenir gain de cause. La chaîne de télévision qui l’avait licencié a dû l’indemniser et son agresseur a été condamné.

On conçoit d’autant son sentiment de chute vertigineuse alors que son audience était de près d’une quinzaine de millions de téléspectateurs. Passer d’un tel statut de notoriété à celui de réfugié qui ignore comment il va terminer le mois n’a évidemment rien de réjouissant et c’est peu dire.

Maintenant qu’il est en Suisse, seul, qu’il a tout de même pu alerter sur ce qui lui est arrivé, souhaitons-lui, encore une fois, que ses confrères lui viennent en aide et ne se satisfassent pas de récupérer cette affaire selon leurs habituels créneaux de communication. Eviter de tout mélanger serait-il trop demander?

Car des problèmes de licenciements, des suites judiciaires interminables et humiliantes ne sont la marque d’aucun pays en particulier. Pas davantage non plus, la gestion des informations qui doivent ou non être présentées.  Les journalistes honnêtes qui ont connu la sélection d’information par leurs rédactions vous le diront. La Russie n’est pas une exception.

Aussi, faire la part des choses entre l’approche humaine d’une situation telle que celle de Dmitri Skorobutov et son exploitation médiatico-politique serait-il bienvenu!

Politique, société, Voix

Un journaliste russe réfugié en Suisse, quelle aide lui apportent nos médias?

La Tribune de Genève publie un article sur le sort d’un journaliste russe. L’article est signé Bernhard Odehnal, il décrit les conditions de travail de son confrère et comment, pour différentes raisons qu’il énonce, l’homme s’est senti menacé et a craint pour sa vie.

Se sentant être « devenu paria », il a suivi le conseil d’un ami « haut placé » qui lui a recommandé de quitter la Russie. Dmitri Skorobutov « s’adresse à plusieurs ambassades occidentales pour décrire sa situation et demander un visa. La Suisse a été la plus rapide. »

Quelles que soient les motivations qui poussent à l’exil, il reste toujours douloureux et difficile. En l’occurrence et à lire ce que ressent ce journaliste, il l’est. L’homme ne trouve pas de travail et ne sait pas s’il mangera à sa faim avant même qu’un mois ne s’écoule.

Cet article de Bernhard Odehnal devrait sensibiliser nombre de confrères de Dmitri Skorobutov qui ne ménagent jamais leur peine pour dire ce qu’ils pensent de « la Russie de Poutine »! Je n’en suis pas la défenderesse ni la détractrice non plus, j’ai expliqué ce qui me lie à la Russie.

J’estime qu’au lieu de publier articles après articles pour déplorer la politique du Kremlin, aider cet homme et l’engager serait une manière idéale de mettre en pratique l’humanisme dont se réclament tant de journalistes et leurs rédactions!

Montrer à Dmitri Skorobutov qu’il n’est pas seul, lui proposer un emploi qui lui donnerait le sentiment de ne plus côtoyer la misère matérielle et morale aurait de l’allure! Un peu plus que de se satisfaire d’écrire sur « la Russie de Poutine ».

Et qu’on ne lise aucune ironie dans mon propos.! Mais juste un appel à la concrétisation de principes et de valeurs qu’on ne manque jamais une occasion de revendiquer pour juger qui en serait privé, par exemple, cette « Russie de Poutine »…