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Histoire, Politique, société, Voix

ENTRETIENS AVEC JACQUES BAUD,LA GUERRE D’INFLUENCE ET LA CENSURE, 2e partie

– Jacques BAUD, dans notre précédent entretien sur la censure, vous avez évoqué la rencontre entre Vladimir POUTINE et Emmanuel MACRON de l’été 2019 au Fort de Bregançon et en particulier les 4 dernières minutes de la vidéo de leur conférence de presse. A cet exemple, vous en ajoutez un autre en relation avec les manifestations de Hong-Kong. En quoi, dans ces deux cas, avez-vous lu une censure?

Jacques BAUD: –Dès mai 2019, on observe un véritable phénomène de censure : les « actes » hebdomadaires des gilets jaunes n’apparaissent plus dans aucun média traditionnel français. On tente d’en cacher la gestion désastreuse. Il n’est dès lors pas très surprenant que la crise des Gilets jaunes ait révélé « une haine croissante contre les journalistes ». Ils sont alors – à tort ou à raison – perçus comme des organes de propagande du gouvernement (LCI, France 2, France 3) ou de l’establishment (BFM TV).

En août 2019, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, interrogé sur les manifestations du début du mois à Moscou, Poutine répond à la presse :
Ce n’est pas qu’en Russie qu’il y a des événements de ce type. Ce n’est pas très commode de le dire, je suis invité ici, mais vous saviez qu’il y a eu les manifestations des Gilets jaunes et d’après nos calculs, je crois qu’il y a près de 11 personnes qui sont mortes, il y a plus de 2000 personnes qui ont été blessées. Il y a notamment des policiers qui ont été blessés. Nous ne voudrions pas… […]

Cette version sera reprise en Belgique. Mais en France, sur LCI, la traduction devient :
Ça ne se passe pas qu’en Russie. Je suis invité par le président français et je suis mal à l’aise en le disant, mais vous savez tous que pendant les manifestations des Gilets jaunes vous avez eu plusieurs dizaines de personnes qui ont été blessées. Il y avait des policiers qui ont été blessés. On ne veut pas… […]
…et sur BFMTV/RMC :
Ce genre de situation ne se passe pas qu’en Russie. Nous savons ce qui s’est passé pendant les manifestations des Gilets jaunes. On ne veut pas… […]

En fait, en France, on tente de cacher la mauvaise gestion des Gilets jaunes derrière d’autres crises : juste après la réponse de Poutine, Macron prend la parole et explique qu’en France, les gilets jaunes ont eu le droit de participer à des élections, suggérant que l’on avait refusé ce droit aux manifestants de Moscou. C’est un menteur.

Explication. Au début août 2019 à Moscou, avant les élections parlementaires à la Douma, 20 000-50 000 manifestants demandant des « élections libres », attirant l’attention des médias français. Avec des titres comme « 27 candidats exclus » (Le Figaro) ou « les autorités excluent des candidats d’opposition » (Le Monde) on suggère que les candidatures sont sélectionnées par « le pouvoir ». La BBC affirme que les candidats ont été « ignorés » et « traités comme s’ils étaient insignifiants ». C’est tout simplement faux.

En fait, il s’agit d’un problème de validation des candidatures : comme en France pour la présidentielle, les candidats doivent avoir un certain nombre de signatures pour participer. A la différence de la France (où le candidat doit avoir les signatures de 500 élus), un candidat russe hors-parti parti doit avoir celles de 5 000 simples citoyens ; ce qui ne semble pas être surhumain dans une ville de 12 millions d’habitants. Naturellement, ces signatures sont vérifiées par une commission électorale afin d’éviter les fraudes et – malgré une tolérance de 10% – certains candidats n’ont pas atteint le nombre de signatures requis. Ceux qui ont manifesté à Moscou sont les candidats déçus de groupuscules de tendances diverses, allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, qui n’ont pas réussi à obtenir le nombre de signatures requis et dont certains n’ont pas même cherché à recueillir les signatures… Mais naturellement, aucun média traditionnel occidental n’explique la nature du problème !

On a donc ici la juxtaposition de deux manipulations : l’absence d’explications rationnelles, qui font apparaitre une fausse image de la situation en Russie, et une censure sur l’importance des débordements en France. Nous en pleine guerre de l’influence !

On observe un phénomène analogue avec les images de manifestations à Hong Kong, qui tournent en boucle sur France 24, pour atténuer l’image de brutalité de la répression en France même. Pourtant la comparaison entre les deux crises est parlante. A Hong Kong, entre mars 2019 et octobre 2020, on compte 2 morts, 2600 blessés (décembre 2019) et 10000 interpellations ; en France, pour une durée très proche – entre novembre 2018 et octobre 2020 – on compte 11 morts, 4440 blessés (octobre 2019) et 12000 interpellations. On constate que la « dictature chinoise » rivalise difficilement avec la « démocratie française » ! Certes, la réponse musclée de la police française s’explique par la violence des « gilets jaunes » et des « Black Block ». Mais c’est oublier qu’ils existent aussi à Hong Kong et que les manifestants y attaquent les forces de l’ordre avec des arcs / flèches et des bombes incendiaires ! Le tout financé par certains pays occidentaux. D’ailleurs, on constate que les propagandistes « pro-démocratie » de Hong Kong ne parviennent pas à trouver suffisamment d’images violentes chez eux et doivent prendre des images de la répression à Paris : les dictatures ne sont pas assez violentes, il faut aller chercher les images dans les démocraties !

C’est d’ailleurs dans cet esprit que sera proposée la loi sur la sécurité globale en novembre 2020…

Les médias traditionnels occidentaux ne sont plus crédibles : trop souvent, ils représentent – et servent – des intérêts politiques. Le problème est que cette crise de l’éthique journalistique pousse les citoyens vers des sources d’information alternatives. Depuis mai 2019, il faut aller sur des sites de médias indépendants (ou sur les médias russes) qui représentent d’autres intérêts, pour avoir des images des manifestations hebdomadaires des gilets jaunes. Cette forme de censure a donné une impulsion considérable aux médias russes, qui n’ont pas besoin « d’inventer » de fausses nouvelles : il leur suffit d’informer sur ce que les médias occidentaux cachent ! D’ailleurs, la chaine RT est rapidement devenue le premier média consulté sur YouTube ! C’est ce qui a conduit le pouvoir français – et des officines qui le servent, comme Conspiracy Watch – à définir ces sites de « conspirationnistes », afin de les discréditer. On est donc dans un cercle vicieux, qui s’alimente de défiance…

Ces problèmes prennent des dimensions tragiques dans le domaine du terrorisme, où la responsabilité des médias (occidentaux) est trop souvent minimisée… Nous en reparlerons.

Politique, société, Voix

Le feuilleton Navalny se poursuit, en alternance avec celui du virus

Nos médias suivent avec la plus grande attention le sort adverse réservé à ce citoyen russe présenté comme « adversaire numéro un de Vladimir Poutine », variante au « principal opposant » du même.

Après avoir commenté, dans le sens où je me suis exprimée ici, un article publié sur le site du journal Le Monde, l’évidence du constat a été incontournable.

Rappeler d’Alexeï Navalny qu’il n’est pas le « principal opposant » du Kremlin? Re-belotte, me voici suspectée d’être « en service commandé ».

En rire reste bien sûr possible plutôt qu’en pleurer.

Pourtant, tout cela est d’un triste!Triste comme l’est un jour de pluie sans fin. Triste comme le sont ces visages fermés, ces regards braqués sur tout et rien, pis, vides.

Car c’est bien de cela dont il s’agit ici.

De personnes qui ne se donnent plus la peine de lire, de personnes à l’horizon balisé et défini une fois pour toutes et à jamais.

Félicitations à qui matraque à coup d’informations sélectives et orientées qui font que se risquer à les nuancer revient de plus en plus  à jouer les kamikazes.

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

Ce Kremlin qui tremblerait face à Navalny…

Vous le savez, ce blog a été de manière chronique et répétitive, perçu comme antenne du Kremlin ou presque. Enfin, il y a aussi eu -et je les en remercie- des lecteurs et des lectrices capables de faire la part des choses mais surtout, de savoir lire la teneur d’un propos.

Il semble que cela doive de plus en plus être relevé tant on observe comment et pour toutes sortes de raisons, on préfère tordre un énoncé dans le sens qu’on veut lui donner et qu’il n’a pas. Ainsi en est-il aussi de celui dont tant de nos médias nous racontent le sort adverse, je veux parler ici d’Alexeï Navalny.

Si je lui souhaite, ici, un très prompt rétablissement dans les meilleures conditions qui soient, je tiens tout autant à rappeler que ce Monsieur sans cesse présenté par nos élites politico-médiatiques comme « le principal opposant » du Président russe, ne l’est tout simplement que par leur seule lecture.

Navalny ne pèse pas très lourd comme « adversaire » de Vladimir Poutine.

Ses supporters ne représentent pas même, en pourcentage, un chiffre qui dépasserait celui des cinq doigts d’une main. Qu’à cela ne tienne, nos médias alimentent le mythe du « principal opposant » qui ferait trembler le Kremlin. A tel point que s’en débarrasser serait devenu un objectif prioritaire.

Est-ce qu’au moment où la Biélorussie et son Président à la légitimité contestée sont en ligne de mire, empoisonner Alexeï Navalny aurait un intérêt? Celui de la stratégie de diversion? Les divers expert(e)s invité(e)s de nos médias auront sans doute une réponse qui nous rappellera, souhaitons-le, à la raison.

Car enfin, il semble bien que cette formule consacrée et répétitive à souhait de « principal opposant » à Vladimir Poutine doive entrer dans les cerveaux occidentaux pour bien leur faire comprendre que cet homme, à défaut d’être une figure marquante de la vie politique russe, en est surtout sa cible par l’acharnement dont il serait victime.

Alexeï Navalny a désormais été transféré en Allemagne pour y être soigné.

C’est une bonne chose pour lui, pour les siens et pour toutes celles et ceux qui auraient suspecté la médecine russe d’être à la botte du Maître. Puisse son « principal opposant » se rétablir dans les meilleures conditions qui soient, c’est le voeux que j’émets ici. Mais aussi, qu’un jour enfin, l’information délivrée sur ce vaste pays qu’est la Russie soit moins orientée.

Ce serait dans l’intérêt général mais qui s’en soucie encore est une autre question…

Economie, Politique, société, Voix

Russophobe ou pas?

Un article publié sur le site du « Point » attire inévitablement l’attention de qui aime ou pas la Russie.

Vais-je m’attirer l’accusation de russophobe si je le partage ici? Qu’à cela ne tienne, autant faire part d’un souci, celui qui m’anime envers toutes mes amies et tous mes amis russes.

En Suisse, nombre d’entre nous ont eu le sentiment que rien ne nous arriverait. Nous avons peu à peu découvert que nous n’étions pas plus épargnés que d’autres.

Je me rappelle bien l’annonce du premier cas à Genève, par exemple. S’en sont suivis de très -trop?- nombreux autres depuis.

Alors, souhaitons aux Russes d’être protégé(e)s et mieux que nous! Souhaitons que cet article ne soit qu’un parti pris de plus qui vise à dénigrer Vladimir Poutine.

De tout coeur en pensée avec tant de personnes déjà atteintes de par le monde.

Politique

Cette paix tant discutée entre Ukraine et Russie

La politique, en tant que telle, on peut concevoir que la pratiquer soit un plaisir. C’est lorsqu’elle est relayée par les médias, qu’elle prend une tout autre dimension.
Et sur ce blog, vous le savez, c’est avant tout le relai médiatique accordé à certaines postures et autres prises de position qui est débattu.
Aussi bien a-t-il souvent été question de la Russie dite « de Poutine » tant elle alimente un peu tout et n’importe quel discours chez nous, en Occident.
Que le Président actuel de la Fédération de Russie déplaise est une chose.
Que l’on constate, par contre, à qui nos médias accordent crédit pour renforcer sinon confirmer que l’on a tout intérêt à se détourner et de sa politique et de son pays, une autre.
En voici un nouvel exemple tandis que deux quotidiens de référence, Le Monde et la Tribune de Genève, publient cet interview d’un cinéaste dont il a été question sur ce blog.
Pour que chacune et chacun s’en fasse sa propre idée, voici comment Oleg Sentsov s’exprime au sujet de Volodymyr Zelenski, Président ukrainien.
Le cinéaste déclare, en effet, « avoir honte de ce Président et être fier des bataillons (néonazis). Il veut simplement les remercier, grâce à eux les Ukrainiens ont encore leur pays » .
Alors, nous présenter cet homme qui remercie des ultra-nationaliste pour services rendus à la patrie comme célèbre réalisateur qu’on récompense d’un prestigieux Prix, c’est comme vous voudrez.

Culture, Histoire, Politique

La Russie, un pays comme un autre

Ce qui me frappe souvent lorsqu’on parle de la Russie de manière moins négative que celle qui a pignon médiatique sur rue, c’est une certaine complaisance affichée.

Comme si les Russes avaient besoin qu’on se penche sur leur sort, comme si nous étions, nous autres, meilleurs et manifesterions notre grandeur à bien vouloir ne pas leur tourner le dos.

C’est faire peu cas de leur fierté et, surtout de leur résistance qui n’a pas attendu les atermoiements occidentaux pour se démontrer.

Qu’à cela ne tienne, nombre de celles et de ceux qui commentent sont tellement convaincu(e)s de leur supériorité à détenir la pensée juste que tout ce qui s’en écarte peu ou prou est regardé avec condescendance dans le meilleur des cas, rejeté dans le pire.

Ce n’est ni être « russophile » et encore moins « poutinolâtre » que de rappeler que les Russes n’ont pas besoin de savoir ce qu’ils ont à faire et pas. C’est juste avoir en tête que leur manière d’être peut différer de la nôtre.

En être conscient serait tout bénéfice, surtout à l’heure où le multiculturalisme est prôné à tout va. Seulement voilà, tout se passe comme s’il ne devait concerner que certaines cultures à l’exclusion d’autres.

En l’occurrence, on peut échanger à l’infini sur les ondes de radios, les plateaux de chaînes de télévision ou dans les colonnes de journaux, la Russie agira selon ses intérêts et ses valeurs comme tout pays qui se respecte.

Quant à la France d’Emmanuel Macron, qu’elle tente de revenir sur les agissements de celle de François Hollande, eu égard notamment à la Russie, pourquoi pas et bien lui en prend!

Politique

L’espoir avant tout

Vous aurez sans doute jeté un oeil sinon lu, entendu ou vu les nombreuses réactions qui ont suivi la rencontre entre les Présidents russe et français.
C’était ce 19 août au Fort de Brégançon, à quelques jours de l’ouverture du G7 qui se tiendra à Biarritz, comme vous le savez.
Inutile d’en rajouter et de commenter tant on ne sait, en réalité, à peu près rien de ce qui a pu être discuté et comment.
En être, dès lors, réduit à surprendre telle ou telle pique, telle ou telle remarque, esquive ou autre ne va pas nous mener bien loin.
Lire, par contre, cet article du journal Le Temps sous forme de revue de presse, permet un survol non dénué d’intérêt.
On y découvre les points de vue exprimés avec ou sans nuance, ce qui suffit à confirmer à quel point les opinions, pour certaines, semblent définitives, voire indiscutables.
Mais l’opinion est une chose, la politique une autre et la diplomatie, encore une autre affaire. Qu’elle soit à même d’agir, c’est ce que je n’ai cessé de souhaiter.
Je maintiens cette ligne, seule digne d’espoir.

Politique

Après le dictateur, le diable… Décidément, le président russe est une mine d’or …médiatique!

En commentaire au précédent sujet qui interrogeait doute et confiance au regard de ce qui serait perçu comme « vérité » , Daniel que je remercie une fois encore de ses contributions à ce blog, a indiqué le lien à un article du NouvelObs.
Réservée aux abonnés, sa lecture ne doit sans doute pas manquer d’intérêt.
Pour ma part, une fois découvertes les premières lignes offertes au public, j’ai apprécié l’intitulé qui les introduisait. Il est suffisamment éloquent pour annoncer la couleur des suivantes à qui veut s’en acquitter.
Si, faute de curiosité, vous n’auriez pas envie de savoir ce qu’il en sera de cette « rencontre avec le diable », en l’occurrence, Vladimir Poutine, vous aurez peut-être celle de savoir qui a signé ce point de vue?
Le journaliste Pierre Haski a le droit de concevoir le diable comme il l’entend. Et réagir à son point de vue n’équivaut pas à faire du « diable » un « bon dieu ».
Il s’agit juste de souligner qu’entre l’un et l’autre existe un homme d’Etat apprécié d’une grande partie des siens, contesté par d’autres, rien de plus ni de moins.

Culture, Histoire, Politique

Vladimir Poutine selon un éditorial genevois

Hier, sur ce blog, j’ai fait mention d’un article qui commentait l’interview accordée par Vladimir Poutine au Financial Times. Réservé aux abonnés, l’article en question n’a pu être accessible à toutes et à tous. S’il était dans la ligne éditoriale de ce qui s’énonce le plus souvent sur la Russie, il n’en était pas pour autant, comme on dit, « assassin ».
Non, il affichait juste ce zeste d’ironie devenue habituelle lorsqu’il est question du Président russe et semblait démontrer que 60% de sa popularité reflétait un fléchissement qui pouvait expliquer la posture prise à l’international par celui qu’on appelle aussi « le Maître du Kremlin » quand ce n’est pas « le Tsar », les métaphores ne manquent pas.
Il en est une, par contre, qui semble avoir plu au responsable de la rubrique « Monde » de ce même grand quotidien genevois qui intitule son article « Poutine, le petit père des populistes ». Vous aurez bien sûr saisi le renvoi à celui qu’on appelait « le petit père des peuples », en d’autres termes, Joseph Staline. Ben oui, quoi, on ne lésine pas, on y va franco!
Et puis, peut-être aussi, a-t-on envie d’afficher sa connaissance de l’Histoire, allez savoir! Quoi qu’il en soit, la comparaison parfois établie entre ces deux chefs d’Etat, l’un de l’actuelle Russie, l’autre de l’ex-Union Soviétique, passe bien auprès de ce public friand d’experts et de spécialistes qui leur racontent la Russie telle qu’ils veulent la voir et telle qu’elle n’est pas tout à fait.
Mais cela, surtout, ne le leur faites pas remarquer, faute de quoi, vous risquez de vous retrouver cloué au ban de la société des grand démocrates et autres défenseurs de droits humains. 
Que Vladimir Poutine affiche une ligne conservatrice, ligne qui est celle d’un grand nombre de Russes n’a rien de nouveau. Qu’on la partage ou pas, qu’on la comprenne ou pas, c’est ainsi. De là à en faire ce que cet éminent journaliste que j’appréciais du temps où il était à la Radio Télévision suisse, de là à en faire donc un rappel -certes par jeux de mots interposés- de son prédécesseur soviétique, il y a un pas qu’il s’est plu à franchir.
Qu’on ne s’y trompe pas, le résultat attendu n’est peut-être pas forcément là tant il existe encore des personnes qui savent faire la distinction entre patriote et populiste. Mais à vouloir tirer la couverture à soi, on ne se couvre pas forcément au mieux. Quoi qu’il en soit, l’article a vocation à être lu du plus grand nombre. Serait-ce la raison pour laquelle son point de vue n’est pas, lui, réservé aux seuls abonné(e)s du journal, mystère. Le fait est que vous pouvez le lire ici.

Politique

Poutine, la manière et les commentaires

La Tribune de Genève rend compte d’une interview que Vladimir Poutine a accordée au Financial Times juste avant de se rendre au Japon pour y retrouver ses pairs.
Le correspondant à Moscou du grand quotidien genevois n’évite évidemment pas les poncifs habituels en lien avec la « propagande du Kremlin » mais bon, tout cela est entré dans la norme d’une certaine pensée occidentale.
Imaginer, par contre, que nos gouvernements via leurs relais divers ne diffusent aucune « propagande » ne semble pas avoir effleuré l’esprit d’autant d’esprits critiques.
Si, souvent sur ce blog, il a été fait mention de ce constat, d’aucuns se sont attachés à le réduire à un parti pris qualifié au mieux de « russophile », sinon d’autant de façons de ne pas s’encombrer de nuances.
Inconcevable, peut-être et selon ces experts en tous genres, d’appartenir à la culture occidentale sans pour autant rejeter celle d’un grand voisin de l’Est.  
Bref, pour en revenir à l’article en question et aux propos tenus par Vladimir Poutine dans son interview au Financial Times, ce qui a frappé le journaliste serait moins leur teneur que la manière avec laquelle ils ont été proférés.
Ce qui l’amène à conclure que « cette assurance à l’international contraste avec une fragilité accrue en Russie même.» Que tout cela soit de bonne ou de mauvaise guerre, l’alimenter profite à qui? Poser la question n’est pas y répondre.